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    Home » The Catholic Church, Freemasonry, and the Caribbean: History, Politics, and Society (19th–20th Centuries)
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    The Catholic Church, Freemasonry, and the Caribbean: History, Politics, and Society (19th–20th Centuries)

    March 9, 2026Updated:March 9, 2026No Comments
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    Depuis le XVIIIe siècle, l’Église catholique condamne officiellement la franc-maçonnerie. Cette opposition repose à la fois sur des raisons doctrinales, spirituelles et politiques. Cependant, dans de nombreuses sociétés modernes, les loges maçonniques ont également joué un rôle important dans la diffusion des idées politiques libérales, républicaines et laïques.

    Dans les territoires français de la Caraïbe — notamment la Martinique et la Guadeloupe — la franc-maçonnerie s’est implantée très tôt et a participé à la formation des élites administratives, économiques et politiques. Les loges y ont constitué des espaces d’échanges intellectuels et de sociabilité, mais aussi des lieux où se discutaient les grandes questions politiques : l’abolition de l’esclavage, la citoyenneté, la République et, plus tard, la départementalisation.

    Comprendre l’histoire de la franc-maçonnerie aux Antilles implique donc d’examiner simultanément trois dynamiques : l’opposition doctrinale de l’Église catholique, le rôle politique des loges dans la diffusion des idées républicaines et l’évolution sociale des sociétés antillaises.

    Les raisons de la condamnation par l’Église catholique

    La condamnation de la franc-maçonnerie par l’Église remonte à 1738 avec la bulle In eminenti apostolatus specula promulguée par le pape Clément XII. Elle fut confirmée en 1751 par le pape Benoît XIV et réaffirmée à plusieurs reprises au cours des siècles suivants.

    Plusieurs raisons expliquent cette position.

    La première concerne le secret des loges et les serments d’initiation. L’Église considérait qu’un fidèle ne pouvait prêter un serment d’obéissance à une société dont les objectifs et les décisions demeuraient cachés à l’autorité religieuse.

    La deuxième raison est doctrinale. La franc-maçonnerie accueille des membres de différentes religions et évoque Dieu sous la notion symbolique de « Grand Architecte de l’Univers ». Pour l’Église catholique, cette conception peut s’apparenter à une forme de relativisme religieux.

    Enfin, au XIXe siècle, les tensions deviennent également politiques. De nombreux milieux maçonniques soutiennent les principes de laïcité et de séparation entre l’Église et l’État, ce qui renforce l’opposition entre les deux institutions.

    L’implantation des loges maçonniques aux Antilles

    La franc-maçonnerie apparaît dans les colonies françaises dès le XVIIIe siècle. La Martinique et la Guadeloupe voient naître plusieurs loges liées aux obédiences maçonniques métropolitaines.

    Parmi les loges historiques de la Martinique figurent notamment :
    – « Les Disciples de Saint‑Jean » (Fort‑de‑France)
    – « Les Amis Réunis »
    – « La Parfaite Union »

    En Guadeloupe, plusieurs loges importantes apparaissent également :
    – « La Paix »
    – « Les Vrais Amis »
    – « Les Élus de la Vérité »

    Ces loges rassemblent principalement des commerçants, des fonctionnaires, des officiers, des professions libérales et des membres des élites urbaines. Elles servent de lieux de discussion intellectuelle et de réseaux de sociabilité dans des sociétés coloniales fortement hiérarchisées.

    Les loges et l’abolition de l’esclavage

    Au XIXe siècle, les idées abolitionnistes circulent dans de nombreux cercles maçonniques en Europe et dans les colonies.

    L’abolition de l’esclavage en 1848, portée notamment par Victor Schœlcher, s’inscrit dans un climat intellectuel où les idéaux humanistes et universalistes sont largement débattus dans les milieux républicains et maçonniques.

    Dans les Antilles, certaines loges deviennent des lieux où s’expriment les débats sur la citoyenneté des anciens esclaves et sur l’organisation politique des colonies après l’abolition.

    Les principes maçonniques de liberté, d’égalité et de fraternité entrent ainsi en résonance avec les revendications d’égalité civique formulées par les nouvelles élites antillaises.

    Les personnalités politiques antillaises et la franc-maçonnerie

    Plusieurs personnalités politiques des Antilles françaises ont entretenu des liens avec la franc-maçonnerie ou ont fréquenté des milieux maçonniques.

    Au XIXe siècle, certains élus et notables locaux participent aux loges qui constituent des lieux de sociabilité politique.

    Au XXe siècle, la franc-maçonnerie demeure présente dans les réseaux politiques et intellectuels des Antilles. Des figures engagées dans la vie publique — avocats, enseignants, élus — y trouvent un espace de réflexion sur les questions sociales et institutionnelles.

    Les loges participent ainsi à la formation d’une culture politique républicaine dans les sociétés antillaises.

    La départementalisation et les débats politiques du XXe siècle

    Après la Seconde Guerre mondiale, la question du statut politique des Antilles devient centrale. La loi de départementalisation de 1946 transforme la Martinique et la Guadeloupe en départements français.

    Cette réforme est notamment portée par des figures politiques majeures telles qu’Aimé Césaire.

    Dans ce contexte, les réseaux politiques et intellectuels — parmi lesquels figurent certains cercles maçonniques — participent aux débats sur l’égalité des droits, le développement économique et la modernisation des institutions.

    La franc-maçonnerie ne constitue pas un acteur politique unique, mais elle représente souvent un espace de discussion où se rencontrent différentes sensibilités républicaines.

    Église, République et franc-maçonnerie : des relations complexes

    Les relations entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie restent marquées par une longue tradition de méfiance.

    Cependant, dans les sociétés antillaises, les réalités sociales sont parfois plus nuancées. De nombreux individus appartiennent à des milieux où se croisent héritages religieux, traditions culturelles et engagements politiques.

    Ainsi, malgré les condamnations doctrinales, la vie sociale des Antilles a souvent vu coexister les institutions religieuses, les réseaux maçonniques et les structures républicaines.

     

    L’histoire de la franc-maçonnerie aux Antilles ne peut être comprise sans prendre en compte les transformations politiques et sociales de ces sociétés.

    Les loges ont contribué à structurer certaines élites et à diffuser des idées républicaines et universalistes, tandis que l’Église catholique a maintenu une opposition doctrinale fondée sur des questions théologiques et morales.

    Cette histoire croisée éclaire les tensions mais aussi les interactions entre religion, politique et société dans les Antilles françaises depuis le XIXe siècle. JPB

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