Lors du second tour de l’élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen a obtenu ses meilleurs résultats dans les territoires ultramarins, alors même qu’elle était battue au niveau national avec 41,45 % des suffrages.
Elle est arrivée largement en tête en Guadeloupe avec 69,6 % des voix, devant Emmanuel Macron (30,4 %). En Martinique, elle a recueilli 60,9 % des suffrages contre 39,1 % pour Emmanuel Macron. En French Guiana, elle a obtenu 60,7 %, contre 39,3 % à son adversaire. À La Réunion, elle a rassemblé 59,6 % des voix, tandis qu’à Mayotte elle a atteint 59,1 %.
Marine Le Pen est également arrivée en tête à Saint-Martin and Saint-Barthélemy avec 55,4 %, ainsi qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon avec 50,7 %.
En revanche, elle a été devancée en Polynésie française, où Emmanuel Macron a obtenu 51,8 % des suffrages contre 48,2 % pour la candidate du Rassemblement national. Elle a également été battue en New Caledonia (39,0 % contre 61,0 % pour Emmanuel Macron) et à Wallis-et-Futuna (32,6 % contre 67,4 %).
Le cas de la Martinique est particulièrement remarquable.
Au premier tour, Jean-Luc Mélenchon était arrivé très largement en tête avec 53,10 % des suffrages, devant Emmanuel Macron (16,30 %) et Marine Le Pen (13,42 %). Au second tour, la situation s’est totalement inversée : Marine Le Pen a obtenu 60,87 % des voix contre 39,13 % pour Emmanuel Macron.
Ce basculement spectaculaire a été largement analysé comme un vote de rejet de la politique menée par Emmanuel Macron plutôt qu’une adhésion massive au programme du Rassemblement national.
Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer ce résultat : le ressentiment né de la gestion de la crise sanitaire et de l’obligation vaccinale dans certains territoires, le sentiment d’abandon par l’État, les difficultés liées au coût de la vie, aux services publics, ainsi que les conséquences durables de l’affaire du chlordécone aux Antilles.
Ces résultats ont constitué une rupture historique.
Jamais auparavant un candidat du Rassemblement national n’avait obtenu des scores aussi élevés dans la plupart des territoires ultramarins lors d’une élection présidentielle. Ils témoignent d’une recomposition du vote outre-mer, où les logiques locales, sociales et économiques peuvent l’emporter sur les clivages politiques traditionnels observés dans l’Hexagone.
On ne peut actuellement rien prédire de ce qui se passera aux présidentielles de 2027.
Gérard Dorwling-Carter.





