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Jean-Marc Ayrault : « Le silence présidentiel sur l’esclavage m’a étonné »

Jean-Marc Ayrault : « Le silence présidentiel sur l’esclavage m’a étonné »
mai 30
20:54 2021
Temps de lecture : 2 minutes

Nouvelobs

Mardi 25 mai au château des Ducs de Bretagne, musée d’histoire de Nantes, « l’Obs » organisait un débat autour de son hors-série « Esclavage, une histoire française ». Voici quelques extraits de notre discussion avec Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage.

Par Doan Bui

Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage et ancien Premier ministre, le 22 avril 2021 à Nantes. (LOIC VENANCE/AFP)


Christiane Taubira a déploré le silence d’Emmanuel Macron lors de la cérémonie du 10 mai, journée nationale des mémoires de l’esclavage, alors que le président, quelques jours auparavant, livrait un long discours à l’Institut de France pour commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon. Un exercice presque inédit puisque, avant lui, seul Georges Pompidou avait commémoré l’Empereur, qui a rétabli l’esclavage. Deux poids, deux mesures ?

Ce silence présidentiel, c’est vrai, m’a étonné. Cela montre que, manifestement, le sujet peut encore provoquer certaines inquiétudes. Mais je reste optimiste. Emmanuel Macron au début de son mandat avait renouvelé sa confiance dans le projet d’une Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, en confirmant la mission du GIP [groupement d’intérêt public, NDLR] que je présidais et qui était chargé de la préfigurer. Il s’était engagé aussi à ce que soit érigé un mémorial de l’esclavage, au jardin des Tuileries. Des polémiques ont retardé le projet, mais ce mémorial sera bien érigé. Quand il sera inauguré, je suis certain qu’il donnera l’occasion au président de prononcer un discours important sur cette page de notre passé.

Reconnaître la responsabilité de la France dans cette histoire, cela ne veut pas dire faire de la repentance, mais tout simplement oser dire l’histoire. Cela demande un certain courage : quand Jacques Chirac a prononcé le discours du Vel d’Hiv [reconnaissant, en 1995, la responsabilité de la France dans la déportation des juifs], ce n’était pas si évident. Mais c’est un discours qui est resté.

En 2021, c’est donc plus simple de commémorer Napoléon que l’abolition de l’esclavage ?

Je suis d’accord pour que l’on commémore Napoléon, mais à condition de rappeler son héritage, dans sa globalité ! Et pas seulement la légende dorée que lui-même a contribué à construire, en dictant ses mémoires à Sainte-Hélène.

L’exposition Napoléon à la Villette [à Paris] vient de s’ouvrir au public. Au départ se posait la question de l’évocation du rétablissement de l’esclavage par Napoléon en 1802, alors que la France avait été la première à l’abolir en 1794. Nous avons donc été sollicités par la Réunion des Musées nationaux pour que cet épisode soit bien expliqué dans le parcours. C’est ce qui est fait, et c’est pourquoi je me réjouis de cette exposition. Je ne suis pas un adepte du déboulonnage des statues ! Et encore moins de l’effacement de l’histoire ! Je souhaite juste qu’on réussisse à la raconter de façon plus juste et plus inclusive, pour en faire une histoire partagée. Si on ne le fait pas, on risque de laisser le champ aux camps les plus extrêmes


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