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Le contrat social est rompu » : le puissant coup de gueule de l’auteure afro-américaine Kimberly Jones

Le contrat social est rompu » : le puissant coup de gueule de l’auteure afro-américaine Kimberly Jones
juin 14
20:00 2020
Temps de lecture : 3 minutes

Dans une interview tournée par le documentariste David Jones, l’écrivaine et scénariste Kimberly Jones inscrit les pillages qui ont lieu en marge des manifestations pour George Floyd dans le contexte de l’oppression historique des Noirs aux Etats-Unis.

Par L’Obs

Publié le 11 juin 2020 à

L’écrivaine et scénariste Kimberly Jones traite de la question raciale dans ses romans. (David Jones Media Production)

manifestants.

Regardez la vidéo ci-dessous :

Cette interview avait été initialement tournée par le documentariste David Jones, mais devant la force du message, il en a publié un extrait sur sa page YouTube.

Partagé notamment par les présentateurs des late shows les plus populaires, comme Trevor Noah ou John Oliver, mais également la superstar Madonna ou par le basketteur LeBron James, le message de Kimberly Jones s’adresse notamment à ceux qui considèrent que les vols décrédibilisent le message des manifestants.

« Pourquoi ces gens ont l’impression que les pillages sont leur seule opportunité d’obtenir ce qu’on leur agite devant les yeux toute la journée ? » Dans une vidéo devenue virale, une écrivaine afro-américaine revient sur les pillages et les vols qui ont émaillé certains rassemblements pour George Floyd, et divisé les manifestants.

Cette interview avait été initialement tournée par le documentariste David Jones, mais devant la force du message, il en a publié un extrait sur sa page YouTube.

Partagé notamment par les présentateurs des late shows les plus populaires, comme Trevor Noah ou John Oliver, mais également la superstar Madonna ou par le basketteur LeBron James, le message de Kimberly Jones s’adresse notamment à ceux qui considèrent que les vols décrédibilisent le message des manifestants.

« Le jeu est truqué »

« On nous demande ce que l’on gagne à piller. Je pense que tant que l’on se concentre sur ce que font les manifestants, on ne se pose pas la question de pourquoi ils le font. […] On doit se demander pourquoi. Pourquoi les gens sont-ils si pauvres ? Ils sont tellement désespérés qu’ils se disent que leur seule chance d’avoir ce collier, cette télévision, cet argent, ce lit, ce téléphone, c’est quand les pillages commencent. »

Dans cette vidéo de sept minutes visible icidans son intégralité, l’auteure scénariste rappelle ensuite que les esclaves ont été amenés aux Etats-Unis pour travailler et qu’à ce titre, ils ont participé à construire la richesse du pays.

Elle dresse un parallèle avec le jeu de Monopoly pour souligner le contexte d’exploitation économique des Noirs durant l’esclavage, mais aussi des inégalités socio-économiques qui subsistent depuis. C’est comme si les Afro-Américains avaient joué sans argent ni propriété pendant 400 tours, avant d’en jouer 50, tout en devant donner tout ce qu’ils gagnaient. « Le jeu est truqué ! », conclut-elle.

« Vous avez brisé le contrat social pendant 400 ans »

« Ils demandent pourquoi nous brûlons nos propres quartiers. Mais ce ne sont pas vraiment nos quartiers ! Nous ne possédons rien ! […] Nous avons un contrat social qui nous lie tous, qui dit par exemple que si l’on vole, un dépositaire de l’autorité publique va prendre en charge cette situation. Mais cette personne nous tue ! Donc le contrat social est rompu, et s’il est rompu, pourquoi devrais-je me soucier d’un stade de football ou d’un magasin qui brûle ? Vous brisez le contrat social quand vous nous tuez dans la rue et que vous vous en fichez. Vous avez brisé le contrat social pendant 400 ans durant lesquels nous avons joué selon vos règles et construit votre prospérité ! »

Plus de 150 ans après l’abolition de l’esclavage, les inégalités socio-économiques perdurent entre les Noirs et les Blancs aux Etats-Unis.

En 2018, près de 12 % des Américains vivaient sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 12 dollars par jour. Mais, au sein de la population noire, ce taux s’élève à près de 21 %. Chez les Blancs non hispaniques, il est d’à peine 10 %.

Des inégalités qui se retrouvent aussi sur le chômage, qui touche deux fois plus la population noire, rapporte « le Figaro », qui a décrypté les statistiques ethniques américaines.

M. La.


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