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LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Renaud Muselier Président de Régions de France

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Renaud Muselier Président de Régions de France
juin 25
20:00 2020
Temps de lecture : 3 minutes

Président de la région SUD Provence Alpes Côte d’Azur
Monsieur le Président de la République,
Conformément aux engagements que nous avions pris ensemble, vous m’avez reçu lundi avec François Bonneau, président délégué de Régions de France, pour évoquer la relance et la reconstruction de notre pays.
Cette rencontre s’inscrivait au lendemain de votre intervention télévisée de dimanche soir au cours de laquelle vous évoquiez la nécessité de faire évoluer l’organisation institutionnelle de la France pour réussir l’étape qui s’ouvre et permettre à notre pays d’affronter les défis du futur.
Lors de notre échange, en présence de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités locales, Jacqueline Gourault, de votre secrétaire général et de plusieurs de vos collaborateurs, nous avons parlé du fond. Nous avons échangé sur nos visions de l’avenir. Nous avons établi une méthode travail pour constituer l’armature du plan de relance et de reconstruction dont une génération renouvelée de contrats de plan pourrait être le vecteur.

Nous avons évoqué l’Europe, et l’importance de mobiliser de la façon la plus efficace l’argent du plan de relance que prépare la Commission, en lien avec la fonction d’autorité de gestion dont disposent les régions. Nous avons abordé les plans nationaux de filière (automobile, aéronautique, etc.) et la manière de les faire ruisseler dans nos territoires auprès de tous les sous-traitants.

Nous avons abordé sans détour la question financière des régions en 2020 et 2021 car si elle n’est pas réglée, nos collectivités seront contraintes à la paralysie alors qu’elles constituent un élément essentiel au rebond.

Nous avons évoqué la nécessité de doter les régions de nouveaux pouvoirs, comme je le porte avec Territoires Unis pour l’ensemble des collectivités locales depuis l’appel de Marseille.

Nous avons fixé un agenda qui doit déboucher sur un accord politique au mois de juillet. Quoi de plus normal ?

Dans ce cadre nous avons échangé sur le calendrier électoral afin qu’il ne percute pas la relance. S’il faut soigneusement peser le pour et le contre d’une telle idée, il ne me semble pas qu’elle doive être d’emblée rejetée. Elle peut s’inscrire dans une logique d’intérêt général pour notre pays. La situation est grave, nul ne peut l’ignorer, et nous devons agir avec la conscience de l’urgence et une très grande détermination.

Monsieur le Président de la République, c’est bien de l’intérêt de notre pays dont il s’agit. Élu à Marseille, la ville de Gaston Defferre, depuis 1992 sur des mandats locaux ou nationaux et européens, ancien membre du gouvernement, j’ai toujours eu l’amour de mon pays comme ligne de conduite. Je l’ai servi avec honneur et fidélité. Aujourd’hui, je considère que sans les Régions, la France ne pourra pas se redresser. C’est pourquoi j’œuvre depuis des mois, en relation étroite avec les membres de votre gouvernement, vous-même et mes collègues présidentes et présidents de Région pour construire une relation de confiance, socle fondamental de notre action conjointe. Et nous l’avons prouvé dans cette période de crise par notre réactivité notre agilité notre efficacité, sans esprit de polémique et avec un seul moteur : l’action et les résultats.

Tout le reste n’est que commentaire ou bavardage. Il ne saurait y avoir ni chantage, ni petits arrangements, et les régions ne seront pas une variable d’ajustement. Je ne l’accepterai jamais, et vous le savez.

La crise a durement frappé notre pays dont elle a révélé les faiblesses structurelles. Au nom de l’emploi, au nom de la souveraineté économique, au nom des enjeux écologiques, au nom de la jeunesse qui doit avoir confiance en son avenir, au nom de la liberté et de la modernité de notre pays, Régions de France travaillera avec toutes les régions qui le souhaitent, pour élaborer des propositions ambitieuses dans le cadre du calendrier convenu entre nous.

Nous sommes à la croisée des chemins, et je crois dans l’avenir de notre pays. Je crois en une France forte avec des régions fortes et des territoires puissants. Les régions ont l’impérieux devoir d’être à ce rendez-vous et l’État ne peut faire autrement que de les considérer en partenaires audacieux et volontaires. Le moment est stratégique, et j’y consacrerai toute mon énergie.
Tel est le chemin sur lequel nous nous trouvons, Monsieur le Président de la République, et sur lequel je sais comme vous que nos concitoyens nous attendent, avec exigence et sans complaisance. Nous n’avons pas droit à l’erreur.

Renaud Muselier


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