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PAROLES : Texte littéraire et politique de Loran Kristian

PAROLES : Texte littéraire et politique de Loran Kristian
novembre 11
01:47 2022

Afin d’entrelacer les sens, les fibres et les tissus, car il n’est plus temps de prendre de la hauteur en marchant sur les moins. Plus temps, assuré par la traite ou la dette, de maintenir sous l’aube des tonnes de vies non mesurables. S’offre ici une parole, dans l’espace et le temps, comme point de positionnement global dans un système putride, pour liaisonner la lutte. De l’endroit et l’envers du monde où s’écrie ce combat, tropique de sujétion séculaire, zone à défaut de présence, ce qui importe ne compte qu’Equivalent Vingt Pieds. Et dans la cage contenant les désirs, les rencontres se fondent sur l’échange marchandise, la corruption familière, avec en lot et chapelet, ce qui demeure en corps, comme produit par roulaison des mérites, des forces ou des bombances. Produit intérieur brut ; produit national mort.

Ici, oscillent parfois des gouttes d’eaux irrégulières. Qui prennent à l’horizon des évènements, au bout des sens, amplifiées par les fréquences et résonnances. Et tout un lot de vibrations qui soumettent l’entour et l’avenir, et qui modifient et les formes et les rapports, et les tors et les accords. Donc quand tout s’amortit, que tout semble naturel et terne devenir, quand le libre marché piétine la liberté, naissent aux quatre croisées des sortes de viscosités. Comme des forces de frottement, avec des siècles et des siècles de résistances accumulées, et de grandes turbulences qui dissipent l’énergie des jours qui s’élèvent comme des nuits. Alors s’en vient une nature en mouvement, son changement de régime, énergie qui retourne à son flux d’équilibre, l’amplitude diminuée des grandeurs inégales. Et les tensions, courant la différence de potentiel, s’ouvrent à l’infinité de mondes impensés.

En partage : ce texte. Entrelacs et décence, en blesse de fibres et de tissus. Pour une fin nouvelle sur de grandes drives actuelles. Il est né sous la forme d’une proposition ressemblant trait pour trait à ce qui pétitionne, mais après quelques temps, est apparu très clair qu’il n’y a rien à demander, que tout reste encore à prendre ou à laisser, entre les mains des « décideurs ». C’est que d’une expérience quotidienne de la capture, corporelle, spirituelle, ou institutionnelle, se renforce la conviction de citoyens asservis, obéissants et disciplinés. Conviction membre de la cité qui ne décide que du choix de quelques noms sur des papiers glissés en isolement, cycliquement, à l’aide d’une carte électorale, isoloir des libres déboulés. Cette intime conviction qu’il n’est plus temps de tout grandiloquer, enveloppés numériquement hors des instances Politiques, mais de tout envahir, tout investir, en foi même !

Parole botropique pour dévire politique

A l’écart du sillon, sur la voie du délire, à la fois Africain, Américain, Asiatique, Caribéen, Européen, Océanien et Insulaire, indivisible membre d’une grande famille humaine, en des lieux et des temps intriqués,

Conscient de ce que la relation physique et spirituelle respectueuse entre les Peuples, les Nations, les Etats, les Composantes vivantes et inertes de l’univers est ce par quoi éclot la paix en conjonction durable ;

Conscient qu’aucun être humain ne porte en lui de gènes de l’exploitation, de la domination ou de la soumission qui détermineraient les caractères et formes de son devenir,

Conscient de la nécessité de créer les conditions de stabilité et de bien-être fondées sur l’égalité planétaire en terme de consommation des ressources vitales et de restauration d’écosystèmes dégradés par le développement techno-industriel, la dérégulation des marchés financiers et le désir corollaire de rentabilité ou d’enrichissement personnel,

Reconnaissant la nécessité anthropologique de préserver la diversité des cultures, des langues, des peuples, des visions du monde, et de définir des priorités existentielles et matérielles adaptées à l’espace-temps des territoires,

Conscient de la conflictualité inhérente au vivant ; de la militarisation croissante de l’énergie engendrée par la raréfaction des ressources ; de l’accaparement des richesses communes par les mafias économiques et politiques ; de la soumission d’une grande partie des classes dirigeantes gouvernementales à ces réseaux ; de l’accroissement des inégalités socio- économiques,

Considérant le rôle déterminant du citoyen comme élément fondamental de la régénération démocratique des assemblées locales, nationales et internationales ; souverain légitime capable d’organiser, tant par la représentation pondérée que par la gestion directe, le devenir des nations,

Reconnaissant comme espérance fraternelle, l’élan d’individus et de peuples du monde souhaitant la fin des colonialismes et des racismes, des prédations de richesses naturelles, industrielles, technologiques, comme de l’exploitation des forces et du travail humains,

Convaincu que le maintien des structures de domination et d’exploitation des êtres vivants conduit à l’effondrement des sociétés humaines ainsi qu’à la dégradation irréversible de la biodiversité, comme du climat ; que dans tous les pays, les groupes les plus riches émettent plus de gaz à effet de serre que les groupes les plus pauvres,

Affirmant que les modalités actuelles du développement de l’industrie numérique et des technologies d’exploitation opaque de données, accroissent et concentrent entre les mains d’une minorité d’organisations et de personnes privées, des pouvoirs d’influence comportementale incompatibles avec la liberté des individus, des communautés et des peuples,

Persuadé de l’irréversibilité du processus d’interrelations mondialisées, et que pour éviter la destruction de la planète il faudrait mettre un terme aux impérialismes suicidaires,

Se réjouissant de ce qu’un grand nombre de personnes et de collectifs se soient engagés dans un processus de transformation des rapports économiques et politiques, afin de faire pousser un habiter social et mental favorable à la préservation de la vie, à la valorisation du travail dédié à la poursuite du bien commun, comme à l’épanouissement de l’individu,

Convaincu que toutes les personnes et tous les peuples ont un droit inaliénable à la pleine liberté, à l’exercice de leur souveraineté, à l’intégrité de leur personne comme de leur lieu résidentiel,

Affirme la nécessité de rapidement et inconditionnellement mettre un terme aux dérives capitalistes, productivistes, extractivistes et technologiques actuelles.

Et à cette fin, déclare ce qui suit :

1. 25000 personnes meurent chaque jour de la faim quand, dans le même temps, le chiffre d’affaires mondial est de plus de 120 milliards de dollars, que l’évasion fiscale des fortunes privées cumulée à celles des multinationales atteint les 325 milliards d’euros par an, et que la fortune des ultra-riches a augmenté de 27,5% durant la crise sanitaire liée au Covid 19, atteignant quelques 10.200 milliards de dollars. A l’autre bout du monde, cette crise poussait 97 millions de personnes en plus à vivre avec moins de 1.90 dollar par jour, et 163 millions de plus avec moins de 5.50 dollars pas

2. Compte tenu des rapports de forces socio-économiques et géopolitiques actant le contrôle des institutions et médias dominants par des groupes aux intérêts convergents ; contrôle des circuits de production des normes et du droit, de même que des forces policières et militaires ; compte tenu, par ailleurs, de leur étroite collusion avec de multiples pratiques et réseaux mafieux : la lucidité impose à tous les citoyens et toutes les citoyennes du Monde, mus par le désir de transformer leur société dans le but de préserver la planète et ses habitants, de favoriser pour tous et toutes une vie économiquement, biologiquement et spirituellement digne.

3. Cette lucidité, claire conscience politique, nous commande de nous organiser consensuellement, avec attention, pour faire face à la répression violente, inévitable, que les autorités commandant l’utilisation des institutions coercitives, soucieuses de la préservation d’intérêts particuliers, sectoriels et commerciaux,ne manqueront pas de déployer afin de réduire la contestation à néant.

4. Corolle de la coercition, la sujétion des personnes et des peuples à une subjugation, une domination ou une exploitation conduite dans des rapports économiques et politiques capitalistes, est contraire à l’équilibre du vivant comme à la survie des espèces.

5.Les citoyens et citoyennes du monde devraient donc reconquérir, localement, autrement dit selon des réalités à échelles résidentielles, une souveraineté leur permettant de réorienter la production vers des processus favorables à la santé des individus ainsi qu’à la préservation de la biodiversité.

6. Loin de la tyrannie de la majorité et des labyrinthes procéduraux, loin des illusions jouant du leadership des élites ou du leadership des masses, les instances décisionnelles devraient faire une part décisive à la délibération citoyenne, et acter le principe de « révocabilité populaire des élus ».

7. Le bien loger, la satisfaction des besoins énergétiques primaires et alimentaires, l’éducation, les soins et la connexion internet universelle et gratuite, la liberté de circulation et de création des personnes, comme la préservation des pratiques et héritages culturels territoriaux, devraient être garantis solidairement via des institutions adaptées localement.

8. La nécessaire reconfiguration des désirs matériels, permettant de réduire l’impact des rapports économiques destructeurs et protéger le vivant, devrait être corrélée aux capacités et moyens de production à l’échelle de territoires administrés démocratiquement, selon un principe étendu de subsidiarité.

9. Tout individu en âge de travailler devrait : pouvoir développer son potentiel et ses capacités au bénéfice du bien commun, avoir droit à une garantie d’emploi financé par l’Etat dans lequel il vit (a minima, au salaire de base du secteur public), sur une échelle des rémunérations compressée rationnellement, favorisant les emplois socialement comme écologiquement utiles et profitables à la collectivité.

10. Les organisations productives étant des biens collectifs, leurs productions devraient être déterminées collectivement et leurs bénéfices répartis équitablement, comme le travail, entre les fondateurs, les investisseurs et les salariés, producteurs- consommateurs.

11. La coordination de l’activité économique des entreprises et des territoires devrait également être pilotée et contrôlée équitablement par les investisseurs, les travailleurs citoyens, experts ou non, au sein de chaque instance dirigeante.

12. La source ouverte, le développement de la propriété intellectuelle collective et l’exploitation démocratiquement socialisée des données, permettraient de garantir des échanges de savoirs et de technologies favorisant la planification économique, l’amélioration des services ainsi que les droits sociaux et environnementaux.

13. Planifier, organiser, résister n’empêchera pas le crime, le mensonge et les certitudes de prospérer. Il nous faut donc prendre le temps par la main pour l’aider à grandir, et offrir à chacun d’éprouver sa souveraineté.

La force de préservation du système, puissance de colonisation cellulaire et de tuméfaction, métastase les énergies individuelles et collectives dans des ondulations narcissiques ou des oscillations dogmatiques. Elle transforme ainsi les révoltes en simples turbulences, habile à mofrazer les luttes en ramille de la domination.

Aussi, sur ma Terre-Fer-de-Lance, la tumeur se propage en grandes anomalies, dans l’accaparement de l’espace et la dictée du temps par les puissances administrantes. Au principe de nos mouvements ondulatoires : une penchée d’ailes selon les vents, et tout un tas de batillage par vague scélérate, comme figures d’érosion. Au cœur de notre constitution, croupit cette eau de mort circulant à travers les conduites corrompues et les profitations. A la source de nos errances. Allant çà et là, sans autre but que d’aller, bruit et puissance déambulant, prêt à vendre nos âmes pour un quart d’heure de gloire, un siège honorifique, voire une prime de vie chère, incapables de nourrir sainement l’esprit-corps d’un pays. Estomacs bombés, têtes hautes calendées, assis à la table des gouverneurs, banqués de palmes et légions, habiles à transformer tous nos déchets en or. Dévorés à grand feu par le lucre dans toutes nos artères, de la rue du ghetto aux routes de la folie, de la rivière Madame au rocher du Zombi, du tombeau Caraïbe au lever du cap est. Marchant sur la tête, surtout des autres, pour dresser du béton et des billets à la place des forêts, puis récolter des fruits aux formes allongées comme des notes bleues sur l’écho de l’histoire.

Ici, maintenant, l’impossible alliance entre la raison d’Etat et la raison démocratique d’un peuple dépendant et déjà vieillissant avant d’être bien né. Quand, en pleine conscience politique, la codification de l’enfer, le saccage des libertés et l’inoculation de la mort forment Le cœur poétique de la relation, ce qu’il est permis d’espérer n’est que servitude docile et volontaire dans le monde intelligible du droit. Un monde où la fonction publique d’organisation collective s’opère dans un tissu de mensonges et d’homicides institutionnels, un monde dans lequel l’hégémonie d’une nation lui délivre un permis de tuer ou d’engeôler, puis d’effacer ou d’enfumer le réel, au gré du temps et des dotations, au long des collusions, des trahisons et des dévotions. Un univers ou le mariage forcé se vit en bipolarité, sous la menace et l’emprise des subsides, au rythme lent des tutelles et des sérums spécifiques aux territoires non autonomes.

Sur cette Terre-Fer-de-Lance, l’assujettissement séculaire et l’empoisonnement volontaire ont corrompu qui corps, qui esprits, prenant soin de diffuser par pollution de l’air : mépris de soi et de l’initiative. C’est donc, par petits arrangements soumis à la loi du pragmatisme, le brouillard n’étant pas un péché, que s’est consolidée ici, à l’ombre de l’hédonisme et de l’imaginaire, une douce prison à ciel ouvert. Un panoptique moderne, enfermant dans le regard de l’autre toute vision du bonheur. Un enclos de liberté d’où s’évadent, sans repos, le plasma et les cellules de l’avenir. Une mangrove nourrissant la dérive identitariste et le fétichisme statutaire, quand l’exigence de justice et de souveraineté reste la condition préalable à toute paix internationale.

Plantules au mitan de l’amer, nous rêverons d’acte d’émancipation immédiate. A l’écart du sillon. Le temps quittant le temps, nous irons, d’ici-même, aux portes des lendemains qui chantent un horizon lugubre. Main tendue vers l’ailleurs, changeant de direction, volontairement, résolument, sentimentalement, avant le dernier rai solaire au bout de la lune claire.

Loran Kristian – 14°36’32 – 61°04’24


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1 Commentaires

  1. Mouriesse Jocelyne
    Mouriesse Jocelyne novembre 14, 11:50

    Cours d’eau, éclats lucides
    Humains en humaines réflexions
    Grain de sable dans l’engrenage

    Entre les lignes se trace
    L’aller-avenir vital
    Saisi au vol… vertigineux courage

    Répondre

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