Publication 2017-2019 des enseignants de la Faculté des lettres de l’Université des Antilles (1ere partie…)

Publication 2017-2019 des enseignants de la Faculté des lettres de l’Université des Antilles (1ere partie…)

Faute d’émissions consacrées au livre sur nos principaux médias, le grand public cultivé n’est pas toujours au courant des publications réalisées ou coordonnées par les enseignants de la Faculté des Lettres et Sciences humaines du campus de Schoelcher que d’aucuns décrivent comme polarisés sur des luttes internes. Ce qui est bien évidemment faux comme le démontrer la sélection (forcément incomplète) ci-après pour les années 2017 à 2019.

***

« Ma Commune–Mon Histoire », vol. 1. Le sud ce la Martinique, éditions Orphie (2917), par Léo ELISABETH et Cécile BERTIN-ELISABETH (actuelle doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université des Antilles).

Ma commune, mon histoire… Mon histoire + ton histoire + son histoire + leur(s) histoire(s), soit l’histoire de la Martinique à partir de la petite histoire de chaque commune pour mieux appréhender l’identité pluriculturelle des habitants de cette île des petites Antilles. Ce volume est dédié aux douze communes du sud de la Martinique, communes qui ont véritablement pris naissance en 1837 et dont la variété est soulignée dans cet ouvrage qui rappelle que l’histoire de l’île de la Martinique ne saurait être contée sans rappeler ses liens avec la Caraïbe et le reste du monde.

 

« Le Zouk : genèse et représentations sociales d’une musique populaire », Amwe Editions (2018), de Gérald DESERT (PRCE au Département d’Etudes Hispaniques).

Qu’est-ce que le zouk ? Si tout un chacun a pu entendre cette musique populaire, même de façon très passive, dans des circonstances d’écoutes diverses, à ce jour, son histoire n’a pas encore fait l’objet d’une réflexion spécifique et systématique ; alors s’interroger sur ce qu’est le zouk ne relève pas d’une lubie personnelle, sans fondement autre que le pathos, mais bien d’un questionnement d’intérêt général sur la culture musicale dans l’espace local, national et international. Le zouk, la pensée du zouk, sa représentation dans la réflexion universitaire n’est qu’à ses débuts et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre.

« Zwazo, récit de vie d’un prêtre hindou commandeur d’habitation à la Martinique » par Gerry L’ETANG (maître de conférences-HDR en anthropologie) et Victorien Permal.

Récit de vie d’un prêtre hindou commandeur d’habitation à la Martinique.

Cet ouvrage est le récit de vie d’Antoine Tangamen, dit Zwazo (1902-1992). Sa compétence
en matière d’hindouisme à la Martinique en fit l’interlocuteur principal de ceux qui s’intéressaient à cette religion. De ceux qui, ethnologues ou non, pressentaient qu’avec lui disparaîtrait tout un monde. Et surtout de ces dévots qui se pressaient la semaine devant sa porte pour le prier d’organiser leurs cérémonies. Car le dimanche, quand s’arrêtaient les tambours cultuels, l’homme dialoguait avec des dieux. Il a également vécu un siècle de reconfiguration hindoue, de condition indienne, de créolisation indienne dans un espace plantationnaire, une habitation du nord de l’île dont il fut un rouage essentiel : un commandeur, contremaître des récoltes de canne à sucre. Grand témoin d’un siècle et de ses mutations, il nous laisse ce document.

 

« Discours sur le néo-colonialisme », Café Noir éditions, de Steve « Fola » GADET (Maître de conférences au département d’Etudes Anglophones).

La réalité de vie en Martinique et en Guadeloupe montre constamment une différence avec la France. Ce constat pousse A. Césaire à écrire Discours sur le colonialisme.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous livre des leviers pour changer nos réalités insulaires. Certains aspects ont évolué mais beaucoup sont encore figés. Sa vision sur nos sociétés l’amène à en discourir.

 

« La Forge de Zobel : textes et reportages parus dans « Le Sportif » de 1938 à 1959, SCITEP-Editions (2018), de Charles W. SCHEEL (professeur de littérature américaine au Département d’Etudes anglophones).

De 1938 jusqu’en 1959, Joseph Zobel écrit pour Le Sportif de Fort-de-France des contes et des reportages. Le conteur amoureux du peuple de sa terre natale transparaît dès ses premiers textes, qui révèlent déjà un observateur lucide et un critique littéraire et artistique à la plume assurée. Après son départ pour la France en 1946, Zobel devient reporter de sa découverte de Paris et de la France rurale. À l’instar de José Hassam, le jeune héros de La Rue Cases-Nègres, cet écrivain martiniquais, né le 26 avril 1915 à Rivière-Salée, est issu du milieu noir très pauvre des plantations du sud de l’île. Comme lui, il fait des études secondaires à Fort-de-France et y décroche son bac. Mais si cette Œuvre célèbre est devenue un classique de la littérature antillaise, l’apprenti-écrivain Zobel restait à découvrir, la plupart de ces premiers articles n’ayant donné lieu à aucune publication ultérieure. C’est chose faite grâce au minutieux travail de collecte et d’assemblage de Charles W. Scheel, enseignant-chercheur à l’université des Antilles. Le Sportif, « Hebdomadaire sportif, littéraire et d’information » fondé par Fierrès Élisabeth a, à la fois, procuré au jeune Joseph un coin de forge où travailler des textes qui révèlent l’étendue de son talent et contribué à forger l’image de l’écrivain Zobel, par l’écho qu’il a donné à son Œuvre naissante.

 

« Dictionnaire des gens de couleur dans la France moderne », vol. 3, Le Midi (2017), dirigé par Erick NOEL (professeur au Département d’Histoire).

Le Dictionnaire des gens de couleur, dans son troisième et dernier volume, achève de révolutionner une vision qui aurait fait de l’immigration issue des colonies, noire ou métisse, un phénomène purement contemporain. Les estimations initiales ont même été réévaluées, à la faveur des investigations poussées dans le Midi, pour porter à près de 20 000 le nombre des nouveau-venus dans la France d’ancien régime. Registres de passagers et fonds des amirautés, mais aussi registres paroissiaux et états nominatifs à l’heure où la Monarchie a voulu éloigner « Noirs, mulâtres et autres gens de couleur » du territoire, ont permis d’appréhender ces hommes et ces femmes, tantôt libres serviteurs ou esclaves à talent dans les ports. Bien sûr, Bordeaux devenue à la veille de la Révolution le premier port français a joué un rôle majeur dans ces entrées, à peine moins nombreuses qu’à Nantes. Mais La Rochelle précocement engagée dans la voie du Nouveau Monde et Marseille tentée à la fin du XVIIIe siècle par une conversion de son commerce du Levant en direction de l’Atlantique ont aussi participé à une immigration qui s’est accrue avec la perte, en 1763, du premier empire colonial. De là, c’est tout un monde de petites gens, en retrait des ports où les mascarons des hôtels particuliers ont rendu écho à leur condition, qui a trouvé sa place dans ces arrière-pays dont les moindres bourgades, languedociennes ou provençales, ont révélé des unions mixtes, et parfois même donné naissance dans l’ombre des plus grandes familles – Mirabeau ou Guizot – à des branches métisses.

 

« Art et transgressions », L’Harmattan (2017), dirigé par Dominique Berthet (professeur à l’ESPE-Martinique et à la Faculté des Lettres et Sciences humaines).

   La transgression est une posture critique. On peut l’associer à l’audace, à la subversion, à la révolte. La transgression s’affiche, elle est revendiquée. Elle remet en cause ce qui est considéré comme acquis, accepté par tous, et ébranle la légitimité d’un système de valeur. Elle est donc contestation. La transgression est à la fois une forme de résistance et la proposition d’autre chose. Elle ouvre de nouveaux espaces, de nouvelles aventures, débouche sur de nouvelles expériences. Transgresser, c’est donner à voir et à penser autrement.

 

Revue « ARCHIPELIES » n° 5, CRILLASH, « Réel, merveilleux, magie et baroque dans la Caraïbe », Presses de l’Université des Antilles (en ligne), coordonné par Charles W. SCHEEL (professeur de littérature américaine au Département d’Etudes Anglophones).

Cette livraison d’Archipélies, « Réel, merveilleux, magie et baroque dans la Caraïbe », réunit sept articles issus de trois journées d’étude du CRILLASH, consacrées dans une perspective multi- ou transdisciplinaire aux notions de « Réel merveilleux », « Réalisme magique », « Réalisme merveilleux » et « Baroque », afin de préciser en quoi elles avaient une pertinence particulière dans le contexte des littératures ou des arts caribéens.

   Ces articles offrent une assez bonne image de l’ampleur du champ couvert et de la variété des approches critiques. Depuis les manifestes d’Alejo Carpentier sur « De lo real maravilloso americano » et « Lo Barroco americano », et celui de Jacques Stephen Alexis sur « Le réalisme merveilleux des Haïtiens », l’utilisation de ces notions dans la critique s’est faite au sein d’entrelacs complexes avec celle, voisine, du magischer Realismus, apparue sous la plume de Franz Roh à Leipzig dès 1925.

 Les théorisations esthétiques du Cubain Carpentier et celles du Haïtien Alexis dépassaient d’emblée le cadre régional caraïbe pour s’inscrire dans le vaste discours élaboré au sein du triangle Amérique-Europe-Afrique, alors que l’appellation de realismo mágico allait, elle, être associée surtout aux grandes œuvres du boom latino-américain puis, plus récemment, à des œuvres de toute provenance dans une world literature désormais globalisée.

   C’est dans ce cadre critique très large que se situent les études de ce volume, qui portent sur : une « modalité originale du réalisme magique colombien » chez Gustavo Álvarez Gardeazábal ; les œuvres du Martiniquais Patrick Chamoiseau « première manière » ; le réalisme magique selon la Guyanienne Pauline Melville ; une œuvre méconnue du vénézuélien Enrique Bernardo Núñez ; Reinaldo Arenas, écrivain cubain, « lecteur baroque d’Alejo Carpentier » ; la prose poétique du Haïtien Faubert Bolivar ; et sur Gisèle Pineau, romancière guadeloupéenne « à la recherche d’une passe entre réalisme et merveilleux ».

 

« L’Insurrection de l’âme. Frantz Fanon. Vie et mort du guerrier-silex », Caraibéditions (2017), de Raphaël CONFIANT (professeur de Langues et Cultures Régionales).

Engagé volontaire dans les Forces Françaises Libres pendant la Seconde guerre mondiale, psychiatre, militant pour l’indépendance algérienne, rédacteur à El Moudjahid, représentant du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne en Afrique noire, auteur d’ouvrages au succès retentissant tels que « Peaux noires, masque blanc » et « Les Damnés de la terre », décédé tragiquement de la leucémie dans un hôpital du Maryland à seulement 36 ans, Frantz Fanon, est avec Aimé Césaire et Edouard Glissant, un Martiniquais mondialement connu et reconnu. Raphaël Confiant tente de pénétrer dans l’intériorité d’un homme fort secret sur sa vie personnelle et presque entièrement voué aux grandes causes qu’il défendait. Derrière le combattant révolutionnaire, il y avait un être humain avec ses doutes, ses espoirs, ses souffrances et ses joies. « L’INSURRECTION DE L’ÂME » fait le pari de les donner à voir et à lire.

 

 

« L’Autre scène du désir. Strange fruit de Caryl Philipps », Yehcri. com ACC (2017), de Frédéric LEFRANCOIS (PRCE au Département d’Etudes Anglophones).

« Strange Fruit constitue une étude exemplaire sur la question de l’intégration des Antillais issus de l’immigration vivant dans l’Angleterre des années 1980 . A travers cette pièce de théâtre structurée en trois actes, Caryl Phillips offre au lecteur-spectateur un accès privilégié à l’univers intérieur d’une famille antillaise vivant dans un quartier déshérité londonien. Au cœur de ce drame intimiste aux accents de tragédie se trouve un conflit culturel entre deux générations successives issues de l’immigration : celle des parents, encore considérés comme des Antillais, et celle des enfants, qui se définissent en tant qu’Anglais. L’une et l’autre luttent pour faire reconnaître leurs droits d’appartenance à la grande famille nationale britannique. Mais ce qui pourrait passer à première vue pour un désir légitime finit par se constituer en nœud gordien. »

Source http://www.montraykreyol.org

Tags
Share

Related Articles

0 Comments

No Comments Yet!

There are no comments at the moment, do you want to add one?

Write a comment

Only registered users can comment.

Abonnez-vous à notre newsletter

Archives

lectus massa ut odio sed Phasellus
%d blogueurs aiment cette page :