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Rencontre avec Paule-Elise AGLAE … une cheffe d’entreprise reconnue ! (publié le 12/11/2020)

Rencontre avec Paule-Elise AGLAE …  une cheffe d’entreprise reconnue ! (publié le 12/11/2020)
novembre 13
03:59 2020
Temps de lecture : 5 minutes

Cette belle jeune femme d’origine martiniquaise a reçu le titre de Meilleure femme d’affaires noire de France en 2005.Paule-Elise Aglaé a d’abord été assistante de direction bilingue puis, comme c’est une femme qui sait ce qu’elle veut, elle décide de créer sa propre société de recouvrement qui prend le nom de Bureau Recouvrement et Gestion. Elle fonde une société d’abord en Guadeloupe en 1999, puis en Martinique en 2005 et enfin en Guyane en 2013. Notre île a besoin de modèles : en voilà un qui se confie à Antilla et nous explique pourquoi elle veut aller toujours plus loin.


Quel est le rôle de votre société BRG ? Qui sont vos clients exactement ?

Le rôle des sociétés BRG consiste à assainir le compte de ses clients en effectuant le recouvrement des créances qui leur sont dues.

Ainsi, nous effectuons le recouvrement amiable (relances téléphoniques, courriers, déplacements par agents de terrain) mais aussi judiciaire par des injonctions de payer, assignation en référé ou au fond, des procédures de chèques.

Nous sommes dotés dun logiciel informatique très performant permettant de nombreuses fonctionnalités telles que la consultation à distance, lexportation et également limportation de fichiers, le paiement à distance, létablissement de statistiques, etc…

En Angleterre, il y a quinze ans, vous avez été reconnue comme Meilleure femme d’affaires noire. Racontez-nous cette soirée qui a dû représenter un moment inoubliable.

Il y a d’abord eu une première sélection à Paris. J’avais déjà été nominée pour les deux prix, Prix Europe et Prix France. La seconde fois, nous avons dû nous rendre à Londres, en délégation. Plusieurs femmes noires d’Amérique et issues d’autres pays anglophones, étaient présentes.

Cela a été très important pour moi, dans la mesure où cela a généré de nombreuses retombées. En effet, ce Prix m’a ouvert des portes, notamment en Guadeloupe où j’avais déjà mon entreprise depuis quelques années déjà. C’est d’ailleurs cette entreprise de BRG Antilles qui m’a permis d’avoir ce Prix en Martinique où j’étais en pleine création en octobre 2005.Cela a déclenché une grande notoriété puisque j’étais reconnue comme LA référence dans le domaine aux Antilles. J’ai pu signer de gros contrats en peu de temps avec les institutions des deux départements et cela m’a apporté une reconnaissance dans le monde économique, surtout en Guadeloupe où j’étais basée.

Vous avez parcouru le monde, que ce soit dans le cadre professionnel ou lors de vos moments de loisir ; qu’est-ce qui vous pousse à voyager autant ?

Les voyages représentent vraiment une véritable passion, pour moi ! Comme on dit « Les voyages forment la jeunesse » mais permettent une ouverture d’esprit, puisque l’on découvre l’autre, on apprend à connaître d’autres cultures, d’autres us et coutumes. Voyager permet d’avoir une vision globale du Monde et de côtoyer des sphères vraiment différentes.

Vous avez vécu vingt ans en Guadeloupe, puis, vous avez décidé de rentrer dans votre île natale. Pourquoi avez-vous pris cette décision ?

Cette décision a été mûrement réfléchie ; cela m’a pris durant environ cinq ans. J’ai en effet préparé mon retour en Martinique car vendre une entreprise n’est pas chose facile. Cela prend des années et il y a de nombreux paramètres à aborder lors d’une vente. J’étais la seule actionnaire sur mes trois structures et c’était lourd à gérer sur plusieurs îles et continents différents. C’était d’autant plus vrai que j’ai également développé des activités immobilières entre temps. Pour mener tout cela de front, ce n’était pas évident, surtout que ma structure de Martinique avait pris du galon. J’ai souhaité réduire mes activités, m’occuper davantage de moi et me rapprocher de ma famille.

Quelle(s) qualité(s) doit posséder une femme pour réussir dans le domaine de l’entreprenariat ?

Il faut de la détermination, de la rigueur, du professionnalisme. Il faut savoir ce que l’on veut, ne pas perdre ses objectifs de vue, et être bon voire le meilleur dans ce que l’on entreprend.

Pour être chef d’entreprise, il faut être polyvalent, maîtriser toutes les facettes de l’entreprenariat, c’est-à-dire maîtriser le cœur de son métier, la gestion de l’entreprise et celle du personnel. Quand tout cela n’est pas possible, il ne faut pas hésiter à s’entourer, si on a des lacunes dans certains domaines.

En 2018, vous avez vendu votre structure de Guadeloupe. Expliquez-nous…

Il y a deux ans, j’ai vendu ma structure de Guadeloupe avec tout le personnel qui y était, avec le logo, le nom. C’est vrai que ce n’est pas dans nos moeurs aux Antilles de vendre une structure, surtout quand elle fonctionne bien ! C’est une femme qui a repris l’affaire. Vendre mon entreprise en Guadeloupe BRG Antilles et rentrer en Martinique faisait partie d’un véritable choix de vie, une suite logique même si j’avais une excellente assise. Celle-ci était bien intégrée mais il faut savoir faire des choix à un moment donné.

Avec l’arrivée du virus covid-19, de nombreux chefs d’entreprise connaissent d’énormes difficultés à sortir la tête de l’eau. Et vous, quelle est votre situation ?

Tout d’abord, nous n’avons jamais vraiment arrêté de travailler. J’ai la chance d’avoir un personnel motivé et compétent qui a souhaité travailler durant le confinement. Il est effectivement essentiel de ne pas arrêter complètement car cela revient à signer un arrêt de mort pour l’entreprise, en ne travaillant pas du tout ! Nous avons eu une baisse que nous maîtrisons jusque là. Nous avons réduit notre effectif et je peux dire que j’ai une bonne équipe investie qui permet de se maintenir et de contrôler la situation.

Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui voudrait se lancer dans le fait d’être chef d’entreprise ?

Rien n’est jamais acquis. Il faut toujours prendre du recul, pour voir ce que l’on peut améliorer. Il s’agit en effet d’améliorer ses performances, le cadre de vie et toujours se remettre en question. Il faut toujours voir plus haut, plus loin ! Il faut persévérer et ne pas perdre ses objectifs de vue. Il faut croire en soi, croire en son produit, aller au bout de ses projets. Si cela est possible, il faut être accompagné(e), car c’est bien d’avoir quelqu’un qui a un autre regard expert.

Dans un deuxième temps, je pourrais dire que si ce jeune peut se lancer, il ne doit pas hésiter, car cela procure une certaine liberté ! Etre chef d’entreprise permet de pouvoir organiser sa vie professionnelle sans avoir de comptes à rendre. Bien sûr, il y a des moments difficiles parce qu’un chef d’entreprise ne dort jamais. Mais personnellement, j’ai eu énormément deplaisir à faire ce que j’ai fait. J’ai rencontré beaucoup de monde, je me suis épanouie.

Pensez-vous qu’en 2020, une femme aussi ambitieuse que vous éprouve des difficultés à jongler entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Aujourd’hui, non car je peux dire que j’ai atteint une certaine sérénité ! Au niveau professionnel, j’ai bien travaillé pour cela et maintenant, je peux prendre du temps pour moi, m’organiser. Je me suis bien entourée, cela c’est très important. Il faut faire les bons choix, parce qu’au bout d’un moment, quand on a déjà une entreprise et même plusieurs entreprises durant une vingtaine d’années, il faut savoir que l’on n’est pas indispensable. Il faut savoir déléguer, s’entourer, et je le répète, de personnes compétentes qui peuvent vous seconder. En tout cas, moi, j’ai réussi à le faire. Il est primordial de prendre du temps pour soi. Tout est une question d’organisation !

Y a-t-il quelque chose que vous n’ayez pas encore réalisé ? Si oui, de quoi s’agit-il ?

Au niveau professionnel, j’ai fait tout ce que je devais faire. Maintenant, j’accompagne des jeunes qui ont besoin de soutien pour créer leur entreprise et il y a de belles perspectives en cours. Celles-ci vont se décanter d’ici peu. D’autre part, jaccompagne des jeunes dansl’entreprenariat, je les aide à se projeter en tant que chef d’entreprise, je les motive ! C’est d’ailleurs ce que nous faisons, au sein de l’Association 100000 entrepreneurs. Celle-ci est à l’échelle nationale, est représentée également aux Antilles. J’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice dans ce que je maîtrise, l’entreprenariat. Il y a d’autres projets en cours, dont je préfère ne pas parler pour l’instant.

Sonia JEAN-BAPTISTE-EDOUARD

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