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L’OPS et la CARPHA réunissent dix pays et territoires caribéens pour harmoniser la surveillance des virus respiratoires dans la région
Des épidémiologistes et spécialistes de laboratoire de dix pays et territoires de la Caraïbe se sont réunis à Port-d’Espagne afin de renforcer la capacité régionale de détection et de réponse aux infections respiratoires aiguës sévères.
Photo de groupe des participants à l’Atelier caribéen 2026 sur la surveillance des infections respiratoires aiguës sévères. © OPS/OMS
Port-d’Espagne, Trinité-et-Tobago, 17 septembre 2026 — Des épidémiologistes et des spécialistes de laboratoire de dix pays et territoires de la Caraïbe se sont réunis cette semaine à Port-d’Espagne à l’occasion de l’Atelier caribéen 2026 sur la surveillance des infections respiratoires aiguës sévères — IRAS. Cette initiative conjointe de l’Organisation panaméricaine de la santé — OPS — et de l’Agence de santé publique des Caraïbes — CARPHA — vise à renforcer la capacité de la sous-région à surveiller ces infections et à y répondre.
Pendant plusieurs jours, les participants ont suivi des présentations techniques, pris part à des discussions nationales et réalisé des exercices pratiques couvrant l’ensemble du cycle de surveillance : sélection des sites sentinelles, prélèvement des échantillons, définition des seuils épidémiques, production de tableaux de bord et évaluation des risques à partir de sources multiples.
Une approche commune face à une vulnérabilité partagée
Les petits États insulaires en développement de la Caraïbe rencontrent des difficultés particulières dans la surveillance des virus respiratoires : populations de faible taille réparties entre plusieurs îles, volumes limités d’échantillons de laboratoire et, dans la plupart des pays participants, absence de centre national de la grippe.
L’atelier a été conçu pour aider les pays à adopter une méthode de surveillance commune et uniforme malgré ces contraintes. Les données recueillies à l’échelle nationale pourront ainsi être interprétées et utilisées au niveau sous-régional. Le docteur Marc Rondy a souligné qu’une démarche harmonisée, associée au partage et à la mise en commun des données au-delà des frontières, permet aux pays de comprendre plus rapidement ce qui se passe sur leur territoire et d’agir en conséquence.
« Cela permettra aux différents pays de la région de comprendre beaucoup plus rapidement ce qui se passe sur leur territoire et de prendre des mesures pour prévenir la circulation des virus respiratoires, préparer les systèmes de santé à absorber une augmentation soudaine de la demande et, à terme, réduire la morbidité et la mortalité associées à ces virus. »
— Marc Rondy, conseiller régional de l’OPS/OMS pour l’épidémiologie des maladies à potentiel épidémique et pandémique
Leah-Mari Richards, responsable de la coordination du programme sous-régional de l’OPS/OMS pour la Caraïbe, s’adresse aux participants lors de l’ouverture de l’atelier. © OPS/OMS
Préparer la Caraïbe à la sécurité sanitaire régionale
Leah-Mari Richards, responsable de la coordination du programme sous-régional de l’OPS/OMS pour la Caraïbe, a insisté sur l’importance stratégique de la collaboration entre le Bureau régional et les institutions de la CARICOM, notamment la CARPHA, pour faire progresser la sécurité sanitaire régionale.
Elle a relié les objectifs de l’atelier aux enseignements tirés de la pandémie de Covid-19, en soulignant la nécessité pour les épidémiologistes et les techniciens de laboratoire de rester vigilants, préparés et rigoureux dans la collecte des données.
« La surveillance des virus respiratoires est, comme nous le savons, un domaine majeur de santé publique, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19. Nous voulons que les épidémiologistes et les techniciens de laboratoire soient pleinement conscients de la nécessité de rester en alerte, d’être parfaitement préparés et de recueillir les données appropriées pour analyser les tendances et repérer des anomalies particulières. Alors que nous travaillons avec la CARICOM pour mieux préparer la région caribéenne aux menaces émergentes actuelles et futures, nous devons nous assurer que les pays soient pleinement capables d’analyser, de réagir et de protéger leur population. »
— Leah-Mari Richards, responsable de la coordination du programme sous-régional de l’OPS/OMS pour la Caraïbe
Les participants visitent les installations de laboratoire utilisées pour le diagnostic des virus respiratoires dans le cadre du programme technique. © OPS/OMS
Une formation fondée sur des orientations techniques communes
Le contenu de la formation s’est appuyé sur les Orientations techniques de l’OPS pour la surveillance systématique des virus respiratoires dans les Amériques, publiées en 2026, ainsi que sur la deuxième édition, parue en 2024, du guide de l’OMS consacré à l’évaluation de la gravité de la grippe pandémique — PISA. Ces documents fournissent à tous les pays et territoires participants une base technique commune pour choisir les indicateurs, définir les seuils et organiser la transmission des informations.
Les sessions associaient de courtes présentations techniques à des discussions fondées sur les systèmes nationaux des participants. Elles étaient suivies d’exercices interactifs construits autour d’un scénario commun reflétant les réalités rencontrées par la plupart des pays caribéens : dispersion géographique, contraintes liées à la chaîne du froid et définition de seuils à partir de séries de données historiques limitées.
Les résultats de ces exercices devraient contribuer à l’élaboration d’une annexe spécifiquement caribéenne aux orientations techniques de l’OPS, ce qui permettra de prolonger les effets de l’atelier au-delà des participants présents.
Quatre journées de formation pratique en laboratoire
Parallèlement à l’atelier, une formation pratique de quatre jours s’est déroulée au laboratoire de microbiologie médicale de la CARPHA. Elle était consacrée au diagnostic moléculaire de la grippe.
Les participants ont travaillé sur l’ensemble de la chaîne diagnostique : extraction manuelle et automatisée des acides nucléiques, préparation des tests RT-PCR en temps réel sur la plateforme QuantStudio Dx, interprétation des courbes d’amplification, des valeurs de cycle seuil — Ct — et des contrôles, ainsi que résolution des résultats invalides ou inhibés.
La formation a également abordé la détection de virus respiratoires autres que ceux de la grippe. Les participants ont pu se familiariser avec les plateformes de diagnostic avancées de plus en plus utilisées dans les laboratoires de santé publique caribéens, notamment les systèmes automatisés d’extraction KingFisher et QIAcube ainsi que les plateformes moléculaires à cartouches FilmArray, MolBio et GeneXpert.
L’objectif était que les participants repartent non seulement avec une maîtrise technique renforcée, mais également avec la capacité d’appliquer directement ces connaissances dans leur propre laboratoire. La formation doit ainsi consolider durablement les capacités nationales de diagnostic de la grippe et de surveillance des maladies respiratoires.
Renforcer la détection précoce dans les États de la CARICOM
Cet atelier s’inscrit dans la collaboration continue entre le programme sous-régional de l’OPS pour la Caraïbe et la CARPHA. Il vise à renforcer les capacités essentielles prévues par le Règlement sanitaire international et à améliorer la détection précoce des menaces respiratoires et des autres risques émergents dans les États membres de la CARICOM.
Source
Organisation panaméricaine de la santé — article original en anglais, 17 septembre 2026





