L’opérateur SFR Caraïbe a franchi une nouvelle étape technologique en réalisant, pour la première fois aux Antilles-Guyane, un test de la technologie 50 GPON. Cette expérimentation menée en conditions réelles a permis d’atteindre des débits inédits de plus de 44 Gb/s en réception et 45 Gb/s en émission, ouvrant la voie à de nouveaux usages numériques sur le territoire.
SFR Caraïbe revendique une première régionale dans l’univers des télécommunications. L’opérateur a annoncé avoir expérimenté avec succès la technologie 50 GPON, une évolution de la fibre optique capable de délivrer des vitesses bien supérieures aux standards actuels. Mené mardi dans la zone de la Jambette, ce test a permis d’atteindre un débit de 44,2 gigabits par seconde en téléchargement et 45,3 gigabits par seconde en envoi, des performances encore inédites dans la zone Antilles-Guyane. Cette démonstration a été réalisée dans des conditions proches d’un usage réel. Les équipes techniques se sont appuyées sur un équipement de dernière génération relié au cœur de réseau, avec une chaîne complète allant jusqu’au terminal utilisateur. L’objectif : mesurer concrètement le potentiel de cette nouvelle génération de réseau optique.
Pas de commercialisation à court terme
Le PON, pour Passive Optical Network, constitue aujourd’hui la technologie de référence pour déployer la fibre chez les particuliers et dans les entreprises. Avec le 50 GPON, les débits théoriques peuvent atteindre jusqu’à 50 gigabits par seconde, soit une vitesse quatre à cinq fois supérieure aux solutions actuellement disponibles. De quoi envisager, à terme, des usages plus gourmands en bande passante.

Pour SFR Caraïbe, cette expérimentation s’inscrit dans une stratégie plus large d’investissement dans les infrastructures numériques ultramarines. Présent en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, l’opérateur rappelle avoir déjà accompagné plusieurs évolutions majeures ces dernières années, du déploiement de la 4G à celui de la 5G, en passant par la fibre jusqu’à l’abonné. « Cette expérimentation démontre notre capacité à repousser nos propres limites », souligne Frédéric Hayot, directeur général de SFR Caraïbe, saluant le travail des équipes mobilisées sur ce projet.
Si le 50 GPON n’a pas vocation à être commercialisé à court terme, ce test marque néanmoins une étape symbolique. Il illustre la volonté de l’opérateur de positionner les Antilles-Guyane comme un laboratoire d’innovation numérique.
3 questions à Frédéric Hayot, directeur général de SFR Caraïbe

Qu’est-ce que cette innovation va apporter aux Martiniquais ?
Cette technologie qui est encore à l’état expérimental va considérablement améliorer le débit des liaisons optiques. Nous avons déjà du débit très important puisque nous commercialisons du XGS Pon. Cela va permettre dans les utilisations qui utilisent un débit important d’améliorer les performances. Quand on a de gros transferts de fichiers, cela va plus vite, en l’occurrence plus de cinq fois plus vite que ce que l’on a aujourd’hui. Comme pour toutes les nouvelles technologies, une partie de l’utilisation de ces réseaux se créent se dessine une fois qu’ils sont en place. Il y a des gens qui ont beaucoup d’imagination et qui trouvent des applications qui vont nécessiter ces technologies-là. Notre métier d’opérateur est de fournir des tuyaux de plus en plus performants. On va ouvrir la voie à de nouvelles applications qui n’existent pas encore aujourd’hui parce que le débit n’est pas encore suffisant.
Quelle vitesse représente 50 GPON ?
À titre d’exemple pour un usage domestique qui parle au plus grand nombre. Prenons une série Netflix. Une saison de 10 épisodes d’une durée de 45 minutes en 4K. Avec cette nouvelle technologie, il ne suffit que de 15 secondes pour télécharger une saison entière. Par ailleurs, il y a des jeunes qui sont très talentueux qui travaillent dans le domaine des images et de la vidéo pour qui ces débits sont très importants.
Quand le débit 50 GPON sera-t-il commercialisé ?
Nous ne pouvons pas nous projeter sur une date. SFR Caraïbe tire la performance vers le haut. Nous avons les premiers à expérimenter de nombreuses technologies. C’est encore le cas aujourd’hui. Nous serons évidemment les premiers à la déployer le jour J.
Laurianne Nomel





