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Un samedi ordinaire au CHU de Martinique

décembre 04
04:54 2021
Temps de lecture : 2 minutes

Alerte WhatsApp : « Rea Covid saturée. On ne tiendra pas le week-end. Je serais pour ouvrir des lits d’Optiflow. »

Cellule de crise dans le bureau du DG à midi.

Les participants arrivent au compte-goutte selon le nombre de barrages à passer.

On décide d’ouvrir 5 lits d’Optiflow dans l’après-midi. Le matériel est là. Il faut encore trouver les ressources humaines.

Situation en médecine Covid : sept places pour neuf patients aux urgences. Pas de possibilités d’ouvrir de lits supplémentaires.

Que se passe-t-il ? Pourquoi sommes-nous saturés ?

Le variant omicron est déjà arrivé ? Non, pas encore !

Les coureurs de la transat Jacques Vabre nous ont apportés de dangereux virus ? Non ! Ils sont vaccinés, testés à l’arrivée et leurs bateaux sont immédiatement mis à l’écart.

Le vaccin anti-Covid n’est pas efficace ? Non, les personnes hospitalisées ne sont pas vaccinées.

Une 5e vague, pire que la quatrième est en train de nous balayer ? Non, pas encore, même si le taux d’incidence hebdomadaire est à 163 pour 100 000 habitants

Non, rien de tout cela. Nous en sommes en situation de débordement parce que les soignants ne peuvent pas rejoindre leur poste de travail au CHU. Pour venir soigner il faut passer des barrages, se faire insulter, se faire menacer par des armes, se faire rançonner, se faire agresser sexuellement…

De leur côté, les soignants venus en renfort de l’hexagone rejoignent le CHU depuis leur hôtel dans des véhicules spéciaux, protégés par des agents de sécurités…

Passage dans les unités Covid de médecine. Les soignants sont tendus, fatigués, partout il manque des infirmières, des aides-soignantes. Je croise la réanimatrice de garde qui vient examiner les patients les plus graves ; ils seront transférés en soins critiques dès que cela sera possible.

Les entrées se succèdent, les transferts vers la réanimation, les décès. Les familles endeuillées nous traitent d’assassins…

Hippocrate nous a fait jurer de « donner nos soins à l’indigent et à quiconque nous les demandera ». Il ne nous avait pas prévenu nous devrions les donner face à l’hostilité des familles ou d’une partie de la population…

En janvier 2020, nous n’imaginions pas que le SARS-CoV-2 (qui ne s’appelait pas encore comme cela) deviendrait une arme de destruction massive…

C’était un samedi ordinaire au CHU de Martinique


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