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VICTOIRE DES INDÉPENDANTISTES KANAKS, MAJORITAIRES AU GOUVERNEMENT.

VICTOIRE DES INDÉPENDANTISTES KANAKS, MAJORITAIRES AU GOUVERNEMENT.
février 22
22:08 2021
Temps de lecture : 3 minutes

Macron l’avait affirmé à Nouméa en 2018 :  « La France serait moins belle sans la Nouvelle-Calédonie »…

« Notre priorité partagée c’est de construire un axe indo-pacifique fort pour garantir à la fois nos intérêts économiques et de sécurité ». Il maintenait la lignée politique définie par Messmer en 1972 : renforcer les Caldoches dont une majorité est rétrograde, et susciter ouvertement les Français, Antillo -Guyanais et Réunionnais à venir en nombre en Kanaky, pour noyer le peuple Kanak en le mettant en minorité et éviter l’indépendance.

L’élite de ce conglomérat ne veut pas contrarier les intérêts du patronat et des grandes familles (Ballande, Lafleur, Pentecost…) qui ont bâti leurs fortunes dès le début de la colonisation.

 

Ces dernières décennies, le peuple Kanak est devenu minoritaire sur sa propre terre et lors des deux derniers référendums d’autodétermination, le non à l’indépendance l’a emporté même si le oui au dernier scrutin a progressé de façon significative. (

La Kanaky, en sixième producteur mondial, possède 8 % des réserves mondiales de nickel (principale ressource minière de la France). La SLN (Société le Nickel), est le principal exploitant dont l’État détient 26 % des parts.

 

En décembre 2019, la société Vale Nouvelle-Calédonie dans la province Sud, (3 000 emplois, dont 1 500 emplois indirects) a annoncé vouloir quitter le pays et revendre ses parts. Les Kanaks et les indépendantistes décidaient de récupérer cette partie des ressources minières, comme ils l’ont fait au massif de Koniambo dont la province Nord  est actionnaire à 51 %.

Depuis le début, l’État avec le ministre Sébastien Lecornu joue un jeu trouble. Les indépendantistes ont décidé de couper court à toute discussion avec l’État sur l’avenir de la Kanaky, tant que le dossier usine du Sud n’aura pas trouvé une issue  transparente et une réponse de l’État sur la non vente de l’usine.

Mais Vale NC, l’État et les partis anti-indépendantistes en ont décidé autrement. Ils vendent au consortium « Prony Resources ». Une offre qui ne respecte pas les garanties environnementales, qui refuse de signer une garantie sur les risques, qui se tait sur le traitement des résidus, puis qui n’accepte pas une expertise indépendante et une enquête épidémiologique concernant les travailleurs et les populations riveraines.  

La mobilisation populaire en opposition à cette reprise a pris une ampleur sans précédent depuis le mois de septembre. « Trafigura dehors », « Non au bradage de notre patrimoine foncier » font partie des mots d’ordre du collectif USUP qui rassemble les institutions coutumières, le FLNKS, le MNSK (mouvement nationaliste pour la souveraineté de Kanaky), l’USTKE (syndicat indépendantiste), et plusieurs associations environnementales.

Cette reprise est devenue emblématique de la domination coloniale de l’État et des investisseurs étrangers.

Depuis ces actions, la répression menée par Castex et Lecornu est forte ; arrestations, peines de prison, licenciements irréguliers de 20 militants.

 

L’ICAN (l’instance coutumière autochtone de négociations) dénonce  « une droite coloniale arcboutée sur un modèle libéral exacerbé, qui fait que les Kanak et les populations calédoniennes sont toujours après 130 ans spoliés du fruit de leur sous-sol. »

 

La tension est montée d’un cran le 2 février 2021 avec la démission des chefs des deux groupes nationalistes (UNI et UC-FLNKS) au congrès de la Nouvelle Calédonie, démission qui a entraîné la chute du gouvernement collégial (les indépendantistes disposant de 5 sièges sur 11 au niveau de l’exécutif). Il s’agissait pour les indépendantistes d’une « initiative politique » liée à la crise de confiance qui s’est installée au sein de l’exécutif mettant à mal la collégialité, autour de la vente de l’usine du Sud, du budget primitif 2021 non voté et de l’absence de dialogue constructif avec l’État sur la prochaine consultation.

 

Un nouveau gouvernement a été réélu le 17 février et les indépendantistes ont gagné la majorité pour la première fois depuis les accords de Nouméa en mai 1998 avec 6 sièges contre 5 à leurs adversaires.


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