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    Home » ALÉ VIRÉ. Anne-Emmanuelle Pique : « Nous voulons faire du retour au pays un chemin plus simple et plus concret »
    Actualité

    ALÉ VIRÉ. Anne-Emmanuelle Pique : « Nous voulons faire du retour au pays un chemin plus simple et plus concret »

    avril 18, 2026Mise à jouravril 18, 2026Aucun commentaire
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    Créée pour lutter contre le dépeuplement de la Martinique et mieux accompagner celles et ceux qui souhaitent y revenir, l’association « Alé Viré Martinique Terre d’Avenir«  multiplie les initiatives pour recréer du lien, informer et ouvrir des perspectives. À l’occasion d’un nouvel Apéro Alé Viré organisé à l’ancienne distillerie de l’Habitation Clément, sa présidente, Anne-Emmanuelle Pique, revient sur la vocation de l’association, ses actions et sa manière d’aider les Martiniquais de retour au pays.

    Pouvez-vous présenter Alé Viré Martinique Terre d’Avenir ?
    Alé Viré Martinique Terre d’Avenir est une association créée il y a sept ans, à l’initiative de la sénatrice Catherine Conconne. Son objectif est de lutter contre le dépeuplement de la Martinique et de mieux faire connaître les atouts du territoire. L’idée est simple, montrer que la Martinique peut offrir des perspectives réelles à celles et ceux qui veulent y vivre, y revenir ou s’y installer durablement.

    Pourquoi avoir créé cette association ?
    Parce qu’il y avait un vrai besoin. Beaucoup de Martiniquais souhaitent revenir, mais se heurtent à des obstacles concrets, emploi, logement, réseau, repères, démarches. Il fallait donc une structure capable d’identifier ces freins, mais aussi de mettre en avant les motivations et les possibilités de retour. C’est ce travail qui a guidé notre plan d’action.

    Quelles actions menez-vous concrètement ?
    Nous organisons plusieurs types d’événements. Il y a d’abord le Salon du retour au pays, qui permet de sensibiliser, d’informer et de mettre en relation les personnes intéressées avec des employeurs. Chaque année, ce salon propose environ 200 offres d’emploi. Nous organisons aussi les Apéros Alé Viré, qui sont des temps de rencontre plus conviviaux, mais tout aussi utiles.

    Lionel Grandin , Maire du François, en compagnie de Catherine Conconne, Sénatrice de Martinique. Au centre, Marie-Amélie, une Grande Dame qui a tout mon respect…une autre Femme de Fer, an Fanm Doubout !

    Qu’est-ce qu’un Apéro Alé Viré ?
    C’est un moment de networking. Il permet à celles et ceux qui sont rentrés au pays, ou à ceux qui souhaitent simplement élargir leur cercle, de se créer un réseau ou de le reconstruire. Ce n’est pas seulement un moment convivial, c’est aussi un espace pour échanger, poser des questions, trouver des contacts, s’informer et ne pas rester isolé.

    Pourquoi organiser ces rencontres dans des lieux différents ?
    Parce que nous voulons aussi valoriser la Martinique à travers ses lieux, son patrimoine et ses opportunités. En changeant de site à chaque édition, nous montrons que le territoire est riche, vivant et attractif. Chaque rendez-vous est aussi pensé autour d’une thématique précise afin d’apporter des informations concrètes et de favoriser des échanges utiles.

    Pourquoi avoir choisi l’ancienne distillerie de l’Habitation Clément pour cette édition ?
    Parce que c’est un lieu emblématique, fort sur le plan culturel et patrimonial. Ce choix donne aussi du sens à l’événement. Nous avons pu organiser cette rencontre grâce aux partenariats avec le groupe GBH, que nous remercions pour sa confiance, notamment à travers la mise à disposition du lieu et l’appui logistique, et l’entreprise Musique et son qui nous a mis à disposition les instruments pour la scène ouverte.

    À qui s’adressent vos actions ?
    À toutes les personnes concernées par le retour au pays, mais pas seulement. Nous nous adressons aussi à celles et ceux qui sont déjà en Martinique et qui ont besoin de contacts, d’informations ou d’un accompagnement pour mieux s’insérer. Notre rôle, c’est de créer des passerelles et d’éviter que les personnes avancent seules.

    Que peut faire l’association pour quelqu’un qui vous contacte ?
    Nous pouvons orienter, informer, mettre en relation et aider à sortir de l’isolement. Si quelqu’un rencontre une difficulté liée à son retour, à son installation ou à son insertion, nous essayons de lui apporter des contacts et un cadre d’accompagnement. Nous privilégions le réseau, parce qu’un retour au pays réussit mieux quand il s’appuie sur des liens solides.

    Quel message souhaitez-vous faire passer ?
    Le retour au pays ne doit pas être vécu comme une aventure solitaire ou incertaine. Il faut qu’il puisse devenir un projet concret, préparé et accompagné. C’est cette vision que nous défendons à travers toutes nos actions.


    Rencontre avec Manuel Césaire :

    « Il ne faut pas que les frontières de l’île étouffent la création »

    Invité dans le cadre de cette édition consacrée aux artistes et aux dynamiques culturelles, Manuel Césaire, directeur de Tropiques Atrium, scène nationale de Martinique, a apporté un éclairage plus large sur la création martiniquaise et sur les conditions nécessaires à son développement.

    Pour lui, la Martinique dispose d’un contexte artistique singulier, nourri à la fois par son histoire, son identité et sa réalité contemporaine. Il souligne la force du syncrétisme martiniquais, qui alimente une création originale, audacieuse et pleinement ancrée dans son temps. Cette richesse, explique-t-il en substance, ne doit pas être enfermée par les limites géographiques de l’île ni freinée par un manque d’ouverture ou d’accompagnement.

    Son intervention a aussi permis de rappeler qu’au-delà de l’inspiration et du talent, le secteur culturel a besoin de cadres, de relais et de dispositifs structurants. D’où l’importance, selon lui, d’entendre également la parole d’acteurs comme l’Afdas ou France Travail, afin que les artistes puissent mieux connaître les outils d’accompagnement existants et inscrire leur parcours dans une logique plus durable.

    À travers cette prise de parole, Manuel Césaire a ainsi réaffirmé une idée forte, la création martiniquaise existe, elle est vivante, elle est singulière, mais elle a besoin d’espace, de circulation et de soutien pour déployer pleinement son potentiel.

    Roland Dorival & Philippe Pied

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