Le 1er mai 2026, Donald Trump a signé un décret imposant des sanctions Cuba sans précédent. Elles visent désormais toute entreprise étrangère faisant affaire avec l’île. Cette escalade enfonce une économie déjà fragile et place les Caraïbes devant un choix difficile.
Un décret sans précédent dans l’histoire des sanctions Cuba
Le 1er mai 2026, jour de la Fête du Travail, Donald Trump a frappé fort. Il a signé l’Executive Order 14404. Ce texte vise à imposer des sanctions contre ceux responsables de la répression à Cuba. La date n’est pas anodine : ce même jour, des centaines de milliers de Cubains défilaient à La Havane face à l’ambassade américaine pour dénoncer le blocus.
Ce décret va bien au-delà des sanctions traditionnelles. Il instaure un régime de sanctions Cuba ciblant l’île entière. Cela pousse les entreprises non américaines à cesser leurs activités avec Cuba. Ce mécanisme ressemble aux sanctions secondaires visant l’Iran, la Russie ou la Corée du Nord.
Des banques et des armateurs dans le viseur
Le texte autorise le Trésor américain à imposer des sanctions aux institutions financières étrangères. Ces institutions ont effectué ou facilité des transactions importantes avec des entités sanctionnées. L’objectif est de limiter l’accès de Cuba au système bancaire mondial.
Les premières désignations ont suivi rapidement. Le 7 mai 2026, le département d’État a sanctionné trois personnes. Parmi elles figure le conglomérat militaro-économique cubain GAESA. Par ailleurs, le Trésor américain a placé sous sanction 11 responsables cubains. Cela concerne aussi les agences de renseignement du pays.
Dans la foulée, les répercussions commerciales ont été immédiates. Les compagnies maritimes française CMA CGM et allemande Hapag-Lloyd ont suspendu les livraisons à Cuba. Elles ont aussi arrêté les expéditions après le décret du 1er mai.
Une île déjà à l’agonie économique
Ces nouvelles mesures frappent une économie cubaine exsangue. L’île subit déjà une profonde crise économique. Elle résulte des sanctions renforcées, des faiblesses structurelles et d’une réforme monétaire ratée. Depuis fin janvier 2026, l’activité de ses 9,6 millions d’habitants est quasi paralysée.
Noir complet sur le réseau électrique
La crise énergétique atteint un niveau critique. En mai 2026, le déficit dépasse 2 000 MW. La couverture n’atteint que 45 %. De ce fait, les coupures d’électricité durent entre 10 et 20 heures par jour selon les quartiers.
En outre, Washington impose depuis janvier un blocus pétrolier. Il n’a autorisé l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Francisco Pichon, coordinateur des Nations Unies à Cuba, a averti que les risques pour la vie des gens sont réels. L’île dépend largement du pétrole pour l’électricité et les transports.
De plus, plus de 84 % des systèmes de pompage d’eau dépendent de l’électricité. Cette électricité provient largement de produits pétroliers. Ce cercle vicieux fragmente tous les services essentiels.
Le tourisme en chute libre, l’économie à l’arrêt
Le secteur touristique s’effondre, lui qui formait un des rares poumons de l’économie cubaine. Entre janvier et mars 2026, l’île n’a accueilli que 298 057 visiteurs. C’est 48 % de moins qu’à la même période en 2025.
Les chiffres sont alarmants. Les visiteurs du Canada, premier pourvoyeur, ont chuté de 54 %. Les arrivées de Russie ont baissé de 37 %. Entre 2019 et 2025, les recettes touristiques ont déjà baissé de 70 %.
D’autres secteurs souffrent également. La production de nickel et de cobalt est à l’arrêt. Le secteur du tabac, autre pilier d’exportation, pâtit du manque de carburant. La crise du carburant s’est muée en crise des déchets. Faute de gazole, de nombreux camions de collecte sont immobilisés, entraînant l’accumulation d’ordures à La Havane.
La CARICOM entre solidarité et pression face aux sanctions Cuba
La crise cubaine ne reste pas confinée à l’île. Elle place l’ensemble de la région caribéenne devant un dilemme géopolitique aigu. Les gouvernements naviguent un équilibre délicat. Ils dépendent des États-Unis pour la sécurité et l’économie. Mais ils coopèrent depuis longtemps avec Cuba.
Toutefois, la CARICOM a choisi la solidarité. Les gouvernements membres se préparent à envoyer une aide humanitaire à Cuba. Cette décision a été annoncée lors de la 50e réunion ordinaire de la Conférence. Elle s’est déroulée à Saint-Kitts-et-Nevis du 24 au 27 février 2026.
Les fournitures ont été achetées au Mexique. Elles comprennent du lait en poudre, des denrées non périssables, des fournitures médicales, des panneaux solaires et des citernes à eau. La Communauté caribéenne affirme sa volonté de participer à toute initiative bénéficiant au peuple cubain.
Pour des décennies, Cuba a fourni des professionnels de santé à la région. Elle a aussi offert une formation médicale, une aide lors de catastrophes et des bourses d’études aux ressortissants caribéens. Cuba s’est tenue aux côtés de la région quand les ressources étaient rares.
Cependant, la pression américaine s’exerce aussi sur les alliés régionaux. Les sanctions secondaires constituent une violation du principe de non-ingérence. Elles violent aussi le droit des pays tiers à l’autodétermination économique. Cette réalité pèse sur les petits États insulaires.
Pour les nations de la Caraïbe, voisines de Cuba, le message de Washington est clair. Toute entreprise qui maintient ses liens commerciaux avec La Havane s’expose à des représailles directes. C’est ce que redoutait la Martinique, à quelques encablures d’une île en train de sombrer.





