Fermer le menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    Ary Chalus condamné pour détournement de fonds publics

    septembre 30, 2026

    Décès de Monsieur Gabriel SERVILLE, Président de la Collectivité Territoriale de Guyane

    septembre 30, 2026

    Les aides prolongées face à la hausse des carburants

    septembre 30, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Édito de Henri PIED
      • Ecologie / Environnement
      • Art/Culture
      • Caraïbe
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Patrimoine
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Tribunes
    • Nos dossiers
      • Grandes figures
        • Édouard Glissant
        • Aimé Césaire
        • Frantz Fanon
        • Pierre Aliker
        • Camille Darsières
        • Alfred Marie-Jeanne
        • Patrick Chamoiseau
        • Raphaël Confiant
        • Serge Letchimy
      • Grands enjeux
        • Sargasses
        • Rhum
        • Vie chère
        • La presse en Martinique
      • Portrait ou enquête
    • À propos
      • Qui sommes-nous ?
      • Kit média
    • Contact
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Souveraineté alimentaire : produire local ne suffit pas.
    Repère

    Souveraineté alimentaire : produire local ne suffit pas.

    août 10, 2026Mise à jouraoût 10, 2026Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp

     Réduire la dépendance alimentaire de la Martinique ne consiste pas simplement à produire davantage. Encore faut-il savoir quoi produire, dans quelles quantités, à quel coût et surtout pour quel marché. L’examen du POSEI, des importations, de la place de la banane et des dispositifs de diversification conduit à déplacer le débat : l’enjeu est désormais de construire de véritables filières, capables d’organiser le parcours du produit de la parcelle jusqu’à l’assiette.

    Une dépendance considérable

    En 2024, la Martinique a importé 571,2 millions d’euros de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac, auxquels s’ajoutent 71,6 millions d’euros de produits de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche. La dépendance est donc considérable.

    Mais ces centaines de millions d’euros ne représentent pas autant de production potentiellement substituable. Certaines productions peuvent être fortement relocalisées, d’autres seulement partiellement, tandis que certaines resteront structurellement importées. L’objectif réaliste n’est donc pas l’autosuffisance, mais une progression ciblée du taux de couverture des besoins martiniquais, produit par produit.

    Pour chaque filière, il faudrait pouvoir répondre à quelques questions simples : combien consommons-nous ? Combien produisons-nous ? Combien importons-nous ? Combien pouvons-nous raisonnablement produire davantage ? À quel prix ? Et pour quel marché ?

    Ce que la banane peut nous apprendre

    L’analyse conduit également à relativiser le procès souvent fait à la banane. Elle bénéficie historiquement d’importants soutiens du POSEI, mais rien ne démontre qu’une redistribution de ces aides vers la diversification entraînerait mécaniquement une augmentation équivalente de la production alimentaire.

    Le POSEI lui-même soutient la diversification et affiche parmi ses objectifs l’amélioration de l’auto-approvisionnement et la substitution aux importations. C’est parleur organisation et la structuration que la petite agriculture amplifiera les aides  

    En effet, la  véritable force de la banane est ailleurs : elle dispose d’un système. Producteurs organisés, normes, conditionnement, logistique, commercialisation et débouchés identifiés constituent une chaîne économique cohérente.

    La question n’est donc peut-être pas seulement de savoir ce qu’il faudrait retirer à la banane, mais ce que son organisation peut apprendre aux productions destinées au marché martiniquais.

    Produire, mais pour vendre à qui ?

    Car produire davantage de patates douces, d’ignames, de plantains, de fruits ou de légumes ne constitue que la première étape. Qui collecte ? Qui calibre ? Qui stocke ? Qui transforme les surplus ? Qui garantit les volumes et organise les livraisons ? Et surtout : qui achète ?

    Une grande surface, un hôpital ou une cuisine centrale doit pouvoir compter sur des volumes réguliers, des calendriers précis et une continuité d’approvisionnement. Entre des exploitations dispersées et ces acheteurs, il faut donc organiser le regroupement de l’offre.

    Une tonne supplémentaire récoltée n’est pas nécessairement une tonne d’importation évitée. Pour contribuer réellement à la souveraineté alimentaire, elle doit être commercialisée et consommée en remplacement d’un produit qui aurait autrement été importé.

    La commande publique comme débouché

    La restauration collective constitue à cet égard un marché particulièrement intéressant parce que ses besoins peuvent être anticipés. Écoles, lycées, hôpitaux ou EHPAD pourraient permettre de contractualiser certains volumes et de programmer les cultures correspondantes.

    Mais avant d’affirmer que ce levier est insuffisamment utilisé, il faut le mesurer : nombre de repas, montant des achats, tonnages consommés et part effectivement fournie par l’agriculture martiniquaise.

    Cette exigence de mesure vaut pour l’ensemble de la politique agricole.

    2036 : passer des aides aux résultats

    Le Plan de souveraineté alimentaire à horizon 2036 offre justement l’occasion de changer de méthode. Pour chaque grande filière, il faudrait fixer un objectif réaliste de couverture, identifier le principal obstacle et concentrer les investissements sur celui-ci.

    Si le verrou est l’eau, investir dans l’irrigation. S’il est dans le stockage, créer les capacités nécessaires. S’il concerne la transformation, développer les outils correspondants. Si c’est la dispersion des producteurs, organiser l’offre. Si le problème est commercial, sécuriser les débouchés.

    À chaque filière son objectif ; à chaque objectif son verrou ; à chaque verrou son investissement.

    En 2036, la souveraineté alimentaire ne devrait donc pas se mesurer seulement aux millions d’euros mobilisés ou aux hectares supplémentaires cultivés. Elle devra se mesurer aux volumes effectivement commercialisés, à la progression du taux de couverture et aux importations réellement remplacées.

    La Martinique a démontré avec la banane qu’elle savait construire une filière associant production, organisation, financement, logistique et débouchés. Le défi est maintenant de donner une cohérence comparable aux productions destinées à nourrir son propre marché.

    Produire local ne suffit pas. Encore faut-il construire le système qui permettra de manger local.

    Gérard Dorwling-Carter

     

    ARTICLES SEMBLABLES

    Notions de droit et de finances publiques pour comprendre l’endettement de la CTM

    septembre 20, 2026

    Trois lycées et la crise financière de la Région Martinique sous Camille Darsières

    septembre 19, 2026

    L’octroi de mer, une taxe colonialiste à remplacer. Par Maurice Laouchez

    septembre 19, 2026
    Ajouter un commentaire

    Les commentaires sont désactivés.

    La Veille des Marchés
    mercredi 30
    septembre
    74,8 %
    année 2024
    En 2024, Saint-Vincent-et-les-Grenadines a vendu les trois quarts de ses exportations à ses voisins caribéens.
    42,6 M$ vers la Caricom
    56,9 M$ exportations totales
    L’île n’exporte que 11 % de la valeur de ce qu’elle importe.
    Sources officiellesvérifiées
    Voir l'observatoire
    Étude offerte cette semaine
    Où acheter en Martinique ? Les prix du logement commune par commune
    Recevoir l'étude gratuitement
    VOTRE MAGAZINE DU MOIS
    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Plus de 800 délégués de 40 pays pour la Semaine caribéenne de l’agriculture en Jamaïque

    Le très honorable Dr Andrew Holness, Premier ministre de la Jamaïqu Plus de 800 délégués de 40 pays se réuniront en Jamaïque, du 27 septembre…

    L’IA pourrait stimuler l’économie latino-américaine et caribéenne de 5,1 % en dix ans, mais les salaires pourraient baisser, selon la BID.

    septembre 26, 2026

    Les pays des Caraïbes élaborent un plan d’action pour inciter le Royaume-Uni à réparer les préjudices liés à l’esclavage.

    septembre 26, 2026

    Déclaration du Groupe de personnalités éminentes de la CARICOM | Visite en Haïti, du 2 au 9 septembre 2026

    septembre 26, 2026

    L’OPS et la CARPHA réunissent 10 pays et territoires des Caraïbes afin d’harmoniser la surveillance des virus respiratoires dans la région.

    septembre 26, 2026
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE !
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACT
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • ANNONCES LÉGALES
    • À PROPOS D’ANTILLA

    Saisissez votre recherche ci-dessus, puis appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Esc pour annuler.