Dans ce nouveau Repère, Maurice Laouchez pointe un paradoxe : auprès de l’État, des Régions et des intercommunalités, des conseils consultatifs réunissent des personnalités compétentes, mais leurs travaux restent peu pris en compte par les élus. Gagner une élection et gérer une collectivité ne demandent pas les mêmes qualités, rappelle-t-il. Sa piste ne réclame aucune loi nouvelle : faire travailler ensemble élus et organes consultatifs.
BEL BONJOU TOUT’MOUN
L’anarchie constatée depuis des années dans l’Hexagone et dans les Régions d’Outre-mer n’est pas le fruit du hasard.
Elle est le résultat de lois, de décrets, de nominations qui ont conduit, depuis les années 1980, à la destruction de l’autorité, à la désorganisation du pays et à la primauté de la consommation sur le travail et sur l’investissement.
Parmi les causes de la désorganisation, la décentralisation.
La France compte encore 35.000 communes, soit plus du tiers des communes de toute l’Union Européenne, et des milliers d’entités administratives dont le rapport qualité/prix, hors quelques exceptions, entrave lourdement non seulement l’activité des entreprises soumises à une compétition internationale mal négociée, mais la vie quotidienne des particuliers.
Parmi ces entités, il en est qui sont justement destinées à aider les élus à gérer les 57% du Produit Intérieur Brut qu’ils dépensent chaque année.
Au niveau de l’Etat, au niveau des Régions, au niveau des inter-communalités, les Conseils consultatifs, généralement constitués de personnalités détenant de réelles compétences, produisent des travaux fort peu pris en compte par les élus.
Or, une réalité s’impose de plus en plus clairement: les qualités nécessaires pour gagner une élection politique ne sont pas les mêmes que celles qu’il faut pour gérer une Commune, une Région, une Inter-communalité ou un Etat.
D’où l’intérêt, avant les vastes réformes dont la France a un urgent besoin, d’organiser le travail en commun des élus et des organes consultatifs qui les côtoient au quotidien.
Pour cela, nul besoin de lois nouvelles, mais seulement la prise de conscience de la gravité d’une situation dont les élus, et leurs électeurs, donc vous et moi, sont les principaux responsables.
Maurice Laouchez
MAN MAY, AN NOU GADÉ DOUVAN





