Les enregistrements attribués à un policier, adhérent du RN et bénévole de son service d’ordre, interrogent la réaction de la mairie et la sélection des militants chargés de la sécurité du parti.
Des propos incompatibles avec la fonction
Racisme, misogynie, homophobie, complotisme et appel à une dictature : une caméra-piéton restée allumée aurait enregistré, en novembre 2025, plusieurs heures de conversation entre policiers. Les extraits révélés le 8 septembre mettent principalement en cause un brigadier-chef de nuit.
Une enquête judiciaire est en cours. Le parquet a engagé une procédure pouvant conduire au retrait des agréments de l’agent.
Une réaction municipale tardive
Les propos ont été enregistrés avant l’élection du maire RN Christophe Barthès. La nouvelle majorité n’a donc ni recruté l’agent ni assisté aux faits. Mais qu’a-t-elle fait après avoir découvert le dossier ?
Une enquête administrative avait été ouverte en décembre 2025. Après un arrêt maladie, l’agent avait repris son poste en mars 2026. Le maire affirme avoir reçu le rapport le 19 mai. Celui-ci n’aurait pas permis d’identifier avec certitude tous les participants et aurait recommandé une réorganisation du service.
Aucune sanction n’aurait pourtant été prononcée avant la diffusion de la vidéo. La mairie n’a annoncé des procédures disciplinaires qu’après sa médiatisation. Un contrôle a aussi été demandé à l’Inspection générale de l’administration.
Le filtrage du RN en question
Le policier était bénévole du Département protection sécurité, le service d’ordre du RN, et aurait participé à la sécurité d’un déplacement de Jordan Bardella. Cela ne prouve pas une proximité avec les dirigeants, mais interroge le choix des bénévoles chargés de leur protection.
Le RN souligne qu’il n’a pas accès aux fichiers judiciaires. Ses contrôles reposent sur les déclarations des intéressés et leurs comptes publics. Cette limite révèle la fragilité d’un dispositif présenté comme structuré.
Un test politique
Trois responsabilités se distinguent : celle de l’agent, que détermineront les enquêtes ; celle de la mairie, qui doit expliquer le traitement du dossier ; celle du RN, interrogé sur son service d’ordre.
Un parti ne peut répondre de chaque parole privée d’un adhérent. Il doit répondre de sa réaction lorsque de tels propos sont découverts. L’enjeu réside donc dans ce qui a été fait — ou non — après leur découverte.





