Avec 3,26 millions de tonnes de marchandises traitées en 2025, le Grand Port Maritime de la Martinique affiche une progression globale de 3 % de son activité. Derrière ce résultat, les évolutions sont toutefois contrastées : les vracs progressent fortement tandis que le trafic conteneurisé recule. La croisière connaît, elle, une hausse de 20 %. Pour 2026, le GPMLM annonce environ 28 millions d’euros d’investissements, avec l’ambition de poursuivre la transformation du terminal et de renforcer son positionnement de hub logistique régional bas carbone.
L’activité du Grand Port Maritime de la Martinique, GPMLM, a continué de progresser en 2025. Selon sa nouvelle Note de conjoncture 2026, le port a traité 3,26 millions de tonnes, soit une hausse de 3 % par rapport à 2024.
Cette croissance masque cependant des évolutions différentes selon les activités. Elle repose principalement sur les vracs, avec une augmentation de 17 % des vracs solides et de 7 % des vracs liquides. À l’inverse, le trafic conteneurisé recule de 4 % en tonnage et de 2 % en volume.
Au total, 184 705 EVP, équivalent vingt pieds, ont été manutentionnés en 2025. Le port enregistre également plus de 110 000 tonnes de trafic roulier, en progression de 3 %.
Les importations représentent toujours les deux tiers du trafic
Les importations demeurent largement majoritaires et représentent 67 % du trafic total, soit environ 2,19 millions de tonnes. Leur poids recule néanmoins de trois points par rapport à l’année précédente.
La progression des vracs liquides est notamment liée au retour des importations de pétrole brut. Elles atteignent 369 000 tonnes, soit une hausse de 21 %. Dans le même temps, les exportations de produits raffinés vers les départements français d’Amérique augmentent de 29 %, tandis que leurs importations diminuent de 10 %.
Les importations de combustible destinées aux centrales EDF représentent par ailleurs plus de 225 000 tonnes, dont environ 150 000 tonnes pour Bellefontaine et 75 500 tonnes pour Pointe des Carrières.
Du côté des vracs solides, les matériaux de construction participent également à la progression de l’activité. Les importations de clinker et de gypse augmentent de 5 % pour atteindre environ 108 000 tonnes. Les importations d’engrais dépassent pour leur part 12 000 tonnes, en hausse de 4 %.
Autre évolution notable, l’activité de l’appontement de Reynoird, au Robert, atteint près de 125 000 tonnes, notamment grâce aux exportations de gravillons.
Le trafic conteneurisé reflète un marché intérieur moins dynamique

Le tableau est plus contrasté concernant les marchandises diverses, étroitement liées à la consommation locale.
Leur trafic recule de 3 %, à 1,68 million de tonnes. Le trafic conteneurisé baisse de 4 % en tonnage et de 2 % en volume, avec 184 705 EVP traités. Le tonnage mensuel moyen s’établit désormais autour de 91 000 tonnes, contre environ 100 000 tonnes en 2019.
Le GPMLM relie cette évolution à un ralentissement des flux destinés au marché local.
L’importation de véhicules automobiles connaît néanmoins une évolution inverse, avec une progression de 4 % en tonnage. La note de conjoncture y voit notamment un besoin de renouvellement de véhicules après les dommages subis par certains parcs à la fin de l’année 2024.
Banane et matériaux de carrière progressent à l’export
Les exportations représentent environ 1,07 million de tonnes en 2025.
Plusieurs filières progressent sensiblement. Les exportations de produits raffinés augmentent de 29 %. La filière banane atteint 14 151 EVP, soit une progression de 6 %, malgré des conditions météorologiques jugées instables.
La progression la plus spectaculaire concerne les matériaux de carrière : les exportations de gravillons vers la Guadeloupe atteignent 117 000 tonnes, en hausse de 130 %.
Cette dynamique exportatrice intervient toutefois dans un contexte moins favorable pour le trafic conteneurisé dans son ensemble, avec également une baisse de 3 % du nombre de conteneurs pleins et un léger recul du transbordement.
Près de 477 000 croisiéristes
L’un des chiffres les plus marquants de l’année concerne la croisière.
Le Grand Port Maritime de la Martinique a accueilli 477 202 croisiéristes en 2025, soit une hausse de 20 %. Le nombre d’escales de paquebots reste stable, à 165, ce qui signifie que la progression provient notamment de navires de plus grande capacité.
Au total, le port comptabilise près de 795 000 mouvements de passagers. Le seul mois de janvier représente 117 160 croisiéristes, soit un quart du trafic annuel.
L’évolution est moins favorable pour les liaisons inter-îles. Après le niveau record de 2024, leur fréquentation recule de 9 %, à environ 158 000 passagers, soit 16 000 passagers de moins.
Le GPMLM explique cette baisse notamment par des pannes moteurs, des opérations de maintenance des navires et des conditions météorologiques défavorables. Le nombre d’escales inter-îles diminue également de 6 %, à 477.
28 millions d’euros d’investissements en 2026

Au-delà du bilan de l’activité, la Note de conjoncture présente surtout les orientations retenues pour 2026.
Le Grand Port Maritime de la Martinique prévoit d’engager environ 28 millions d’euros d’investissements afin de poursuivre la transformation du terminal et son évolution vers un hub logistique régional bas carbone.
Parmi les projets annoncés figure la montée en puissance du Smart Grid portuaire, avec l’installation d’ombrières photovoltaïques, des capacités de stockage d’énergie et des dispositifs de pilotage. L’objectif affiché est de pouvoir couvrir par autoconsommation jusqu’à près de 50 % des besoins énergétiques du terminal.
Le port prévoit également de poursuivre la modernisation du terminal, l’amélioration de la fluidité des opérations et le renforcement de la fiabilité des chaînes logistiques.
Les investissements concernent aussi la biodiversité marine, avec notamment le projet Lab’ô Coraux, ainsi que le développement de projets destinés à améliorer l’intégration entre le port et la ville.
Avec ces investissements, le GPMLM entend conforter un rôle qui dépasse la seule manutention des marchandises. Dans un territoire fortement dépendant des approvisionnements maritimes, le port se positionne à la fois comme infrastructure logistique stratégique, outil de compétitivité économique et acteur de la transition environnementale.
La Note de conjoncture 2026 du Grand Port Maritime de la Martinique est disponible en téléchargement ci-dessous.





