La première promotion ayant achevé son deuxième cycle aux Antilles marque une avancée décisive. Cela était contestable, mais la faculté ne garantit ni une place d’interne en Martinique ni la possibilité d’y suivre toute sa spécialisation. Or, l’objectif à terme est de former des recrues pour satisfaire les besoins en personnel de santé du territoire.
Une première historique
Le 18 septembre, 80 étudiants de l’Université des Antilles, dont 25 Martiniquais, ont achevé leur deuxième cycle. Avant l’ouverture des quatrième, cinquième et sixième années en 2023, poursuivre ce cursus imposait un départ vers l’Hexagone, souvent définitif. Désormais, ils peuvent se former pendant six ans au contact des patients et des professionnels des Antilles.
Il reste l’internat, troisième cycle conduisant à la médecine générale ou à une spécialité. L’affectation relève d’une procédure nationale fondée sur les résultats, le projet professionnel, les vœux et les postes disponibles. Être Martiniquais ne donne aucune priorité pour rester au pays.
Des postes sans garantie de rester
Pour 2026-2027, 166 postes ordinaires et 54 postes liés à un contrat d’engagement de service public sont ouverts dans la subdivision Martinique Guadeloupe, soit 220 au total. Ouverts à tous, ils ne sont pas réservés aux étudiants de l’Université des Antilles.
Une affectation dans cette subdivision ne signifie pas que tout l’internat se déroulera en Martinique. Selon la spécialité et les terrains agréés, des semestres peuvent être accomplis dans un autre territoire ou dans un CHU partenaire de l’Hexagone. La médecine générale peut être largement organisée dans la région. Certaines spécialités exigent encore des équipements, des équipes universitaires ou une activité clinique que les établissements locaux ne peuvent tous offrir.
Former ne suffit pas
Pendant l’internat, les jeunes médecins choisissent leurs futurs lieux d’exercice, construisent leurs réseaux et prennent souvent leurs décisions familiales. Plus leur formation les éloigne longtemps de la Martinique, plus leur retour devient incertain.
Les bourses d’engagement de retour de la CTM peuvent réduire ce risque, mais elles ne remplaceront pas des conditions d’exercice attractives. Il faut augmenter les terrains de stage agréés, renforcer les équipes du CHU, recruter des maîtres de stage et développer les spécialités répondant aux besoins sanitaires de l’île.
La réussite ne se mesurera donc pas seulement au nombre d’étudiants formés pendant six ans aux Antilles, mais au nombre de médecins qui pourront y achever leur spécialisation puis s’y installer durablement.
Gérard Dorwling-Carter




