Hugo devait frapper la Martinique dans la nuit de mardi à mercredi. Alerte de niveau 3, centre de commandement activé au morne Desaix, équipes de reconnaissance prêtes à se déployer dans neuf communes : tout était en place. Sauf le cyclone. Fictif, lui. Le 33e Régiment d’infanterie de marine tenait son exercice annuel Cyclonex, une simulation grandeur nature destinée à préparer les militaires à la réalité d’une catastrophe naturelle majeure.
Le cyclone Hugo devait s’abattre sur la Martinique dans la nuit de mardi à mercredi. Au stade 3 de l’alerte, réunis dans le centre de commandement au morne Desaix, les militaires font le point sur les opérations logistiques qui résulteront de la catastrophe naturelle. Les ERR (Eléments de reconnaissance et de renseignement) sont parés à se déployer sur le territoire martiniquais. Et pourtant, niveau activité des cyclones, c’est un calme anormalement plat qui règne. Il s’agit en fait d’un scénario catastrophe auquel se sont pliées les forces du 33e Rima (Régiment d’infanterie de marine) dans le cadre de l’exercice annuel Cyclonex.
À l’approche de ce cyclone fictif, le 33e Rima est en alerte depuis trois jours. « Nous avons reçu des ordres de l’échelon supérieur, c’est-à-dire les Forces armées aux Antilles », explique le lieutenant-colonel Pierre, chef opération du 33e Rima. Depuis quelques jours, une onde tropicale est partie d’Afrique. Elle s’est intensifiée jusqu’à devenir un cyclone. Le 33e Rima est au stade 3 : « On va venir se confiner juste avant le passage du cyclone. » Puis en phase post-cyclonique, les équipes du régiment iront constater les dégâts, identifier les axes qui doivent être dégagés et les efforts à fournir pour venir en aide à la population.

Pour les besoins de l’exercice, la Martinique est découpée en neuf zones pour neuf mairies identifiées comme celles de Saint-Pierre ou de Sainte-Luce « dans lesquelles on a déjà un local dans lequel notre personnel peut venir se confiner ». Sitôt le cyclone passé, les équipes rallument leurs transmissions. La mission de chaque ERR, deployé dans les neuf communes, sera de recueillir l’information sur le terrain. « L’équipe va quadriller les axes principaux de tout le secteur qu’on lui a demandé et faire du renseignement : savoir où il y aurait une voiture qui entrave la circulation, des abattis, des maisons détruites. » Le lieutenant-colonel le rappelle, la mission première n’est pas de secourir la population mais de faire remonter les informations au centre opérationnel. « Il faut fournir au commandement une appréciation de situation la plus claire possible parce que ce sera le brouillard post-cyclonique. Ça va vite être le chaos. C’est important d’avoir le bon état des lieux pour pouvoir engager les bons moyens au bon endroit. » Le lendemain du passage fictif d’Hugo, les ERR rendront compte de la situation selon le scénario prévu par radio. « L’idée générale est de faire travailler le centre opération sur les réactions face à ce type de catastrophe. »

Cyclonex reconstitue un exercice en cas de cyclone mais les manœuvres sont déclinables selon le désastre qui peut toucher la Martinique. « Ici, le risque climatique est multiple bien qu’il soit avant tout cyclonique, il y a les tsunamis, les éruptions volcaniques, les séismes. Le schéma sera plus ou moins le même. L’objectif sera la viabilité des axes pour intervenir au plus vite. » Le lieutenant-colonel précise toutefois que le 33e Rima n’est pas une force de secours ni force de sécurité. « On est là en réquisition de la préfecture. »
Laurianne Nomel





