Élu sénateur de la Martinique en 2023, Frédéric Buval ne sera pas concerné par le scrutin sénatorial du 27 septembre. Le renouvellement de la moitié du Sénat ouvrira néanmoins une période décisive pour la composition des groupes et des commissions, avant l’examen des prochains budgets. Il explique comment il entend conserver sa liberté de vote et faire entendre les dossiers martiniquais.
Pour lui, les élections sénatoriales de ce dimanche 27 septembre comptent aussi pour les élus dont le siège n’est pas remis en jeu. Le sénateur martiniquais, élu en 2023 pour six ans, voit dans ce renouvellement partiel le début d’une nouvelle organisation du Sénat. Il veut être présent lors des discussions entre élus et groupes politiques, puis pour l’élection du président de l’institution, prévue le 1er octobre.
Aujourd’hui apparenté au groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), Frédéric Buval ne dit pas avoir arrêté son choix pour la période qui s’ouvre. Il souhaite examiner quelle place chaque groupe laissera aux sujets ultramarins et à sa liberté d’action. « Je défends déjà les intérêts de mon territoire », affirme-t-il. Son appartenance à un groupe doit, selon lui, lui permettre de porter les dossiers martiniquais et de voter conformément à ses convictions.
Cette question peut sembler éloignée du quotidien des habitants. il rappelle pourtant qu’une grande partie du travail parlementaire se joue dans les commissions, dans la préparation des textes et dans les échanges nécessaires pour obtenir une majorité. Un sénateur ultramarin, dit-il, doit expliquer les réalités de son territoire à des collègues qui ne les connaissent pas toujours. Il doit aussi convaincre au-delà des seuls élus d’outre-mer pour qu’une proposition puisse aboutir.
Le sénateur insiste sur la place particulière du Sénat dans la représentation des collectivités territoriales. Communes, intercommunalités et Collectivité territoriale de Martinique sont concernées par les lois qui y sont examinées. Les sénateurs sont élus au suffrage indirect par un collège de grands électeurs comprenant notamment des élus locaux. Frédéric Buval estime que ce lien oblige les parlementaires à connaître les difficultés rencontrées sur le terrain et à les faire remonter dans les débats nationaux.
Il cite aussi les questions adressées au Gouvernement, qu’elles soient posées en séance ou par écrit. Obtenir la possibilité d’interroger directement un ministre sur une urgence martiniquaise suppose, explique-t-il, de composer avec les demandes des autres sénateurs de son groupe. Il voit dans ces interventions un moyen de rendre un problème visible, sans les confondre avec le travail plus long nécessaire pour modifier une loi.
Son expérience de rapporteur sur le projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer reste, à cet égard, un épisode marquant de son mandat. Lors de l’examen du texte au Sénat, en octobre 2025, il a annoncé son abstention. Il estimait que le Gouvernement n’avait pas tenu ses engagements et que le texte, dans sa version soumise au vote, ne répondait pas suffisamment aux attentes des Martiniquais. « Je l’ai fait en conscience », nous a-t-il dit, revendiquant la possibilité de désapprouver un projet même après avoir contribué à son examen comme rapporteur.
Frédéric Buval évoque enfin ses relations avec l’autre sénatrice de la Martinique, Catherine Conconne. Ils siègent dans des groupes différents, mais peuvent, assure-t-il, se soutenir lorsqu’un dossier concerne directement l’île. À l’approche de l’examen des prochains textes budgétaires, c’est cette capacité à rassembler des voix, au sein des groupes comme entre élus ultramarins, qu’il juge indispensable.
Philippe Pied





