À l’occasion de cette première édition de Péy’Innov vendredi et samedi à Madiana, les stands des artisans et agro transformateurs étaient achalandés dès l’ouverture du salon. Organisée par le Parm (Pôle agro ressources et de recherche de Martinique), la manifestation aspire à jeter la lumière sur les initiatives et innovations locales d’agro transformation.
Dès les premiers pas dans l’enceinte de Péy’Innov, se tient le stand de Gilliann Guillaume Lugo, la créatrice de Ti gou Lanmou. Sur son étal, des sirops aussi originaux que locaux : piment végétarien, Djok, Chabin’doré, brisée/citronnelle. « J’ai créé une gamme de sirops premium dans le but de valoriser les produits locaux. Je veux varier les expériences gustatives de la population martiniquaise. » Toute jeune entreprise Ti gou Lanmou est née en 2024. En effet, Gilliann Guillaume Lugo a opéré un virage à 180° pour se lancer dans l’agro transformation. Auparavant, la jeune martiniquaise exerçait comme psychologue. L’amour du cocktail a été plus fort. « Le côté épicurieux, je l’ai depuis toujours parce que j’aime découvrir des saveurs de chez moi. J’ai surfé sur cette vague de créativité qui a nourri cette appétence que j’avais déjà pour la curiosité de notre terroir. » Gilliann Guillaume Lugo est venue chercher de la visibilité à Péy’Innov. « Ti gou Lanmou a du potentiel je crois en ma gamme. Elle se veut aussi riche que notre terroir. »

Vendredi matin, Le stand Man Dédé innovait en recyclant du vieux « ce que mangeaient les anciens. » Dans son stand aux couleurs chatoyantes, Grégory Vitulin propose un souskay de testicules de bœuf. Pour les moins téméraires le fondateur de Man Dédé est venu avec souskay morue, crevette et végétarien. Le principe est simple : proposer des apéritifs à la mode locale prêts à être dégustés. « Tout Antillais connaît le fameux « ti pique » qu’on a dans les fêtes, mariages ou baptêmes composée de l’olive, l’oignon blanc le saucisson. Nous avons revisité tout ça en mettant le mélange dans un contenant hermétique avec une bonne sauce créole. » Grâce à ce salon, Grégory Vitulin et son entreprise familiale espèrent de la visibilité, travailler avec d’autres partenaires. « Parmi les exposants, il y a de grands groupes mais il y a aussi des traiteurs et des cuisiniers. » Le fondateur de Man Dédé caresse le rêve d’être distribué dans la grande distribution. L’entreprise, née il n’y a quelques mois, a déjà de grandes ambitions. « Là, on est petit. On va essayer de grandir au fur et à mesure. »

Pas le temps ni l’envie de préparer un repas frais, local et équilibré ? Chefti a trouvé la solution. Dans un coin du salon Pey’Innov, Grégory Regy présente son concept. « C’est la livraison de box de repas pour la semaine. Ce sont des repas faits maison qui se conservent jusqu’à 7 jours. » Pour l’instant, Chefti livre jusqu’à 18 repas par box dans le sud et le centre de la Martinique. « On essaie d’utiliser un maximum de produits locaux. » La clientèle de Chefti est diverse : jeunes actifs, des célibataires ou des personnes âgées. » Pour le service, il faut tout de même être prêt à débourser de 14,5 € à 10, 30€ par repas. « C’est un petit budget mais si on le rapporte au temps, à la logistique, au prix de l’essence, à la charge mentale, le client est gagnant. » Grégory Regy découvre le concept du batch cooking, cuisiner en une fois pour plusieurs jours à l’avance, alors qu’il jongle entre les études, un emploi et le désir de manger sain. « Cela permet de savoir ce qu’on mange et d’éviter les écarts », justifie le directeur de Chefti.

Une quarantaine d’exposants sont venus montrer leur savoir-faire dans le domaine de l’agro transformation, ce vendredi et samedi au salon Péy’Innov. « Dans l’ambition, c’est vraiment la réalisation d’un moment de rencontre qui permet d’apporter aux professionnels une vision partagée de ce qui se fait dans le secteur », explique Katia Rochefort, directrice du Parm. Selon la directrice, le salon est un déclencheur de dynamique entre les acteurs de l’agro transformation.
4000 visiteurs étaient attendus vendredi et samedi à l’occasion de cette première édition du salon Péy’Innov. « Une édition qui en appellera certainement d’autres », confie la directrice du Parm.
Laurianne Nomel





