Jeudi matin, l’Unité judiciaire à priorité éducative (UJPE) du Robert a été inaugurée en présence de Thomas Lesueur, directeur national de la Protection judiciaire de la jeunesse. Huit mineurs y sont accueillis, encadrés par des éducateurs, un professeur, une infirmière et un psychologue. Une alternative à la prison pour des jeunes en très grande difficulté.
Le soleil est clément au Robert, ce jeudi matin. Des jeunes en profitent pour faire une partie de dominos. Les claquements des dominos sur la table résonnent tout comme les rires et les vives discussions qui vont bon train. Une scène ordinaire en Martinique qui pourtant se déroule dans une Unité judiciaire à priorité éducative (UJPE). Une alternative à la prison pour les mineurs. Ils sont huit dans l’enceinte de cette unité au Robert. Parmi eux, Maïdji (1), 17 ans. L’adolescent qui est là « depuis quelque temps déjà » appréhendait d’arriver à l’UJPE. « On m’a dit qu’il y avait des jeunes qui étaient turbulents et moi-même, je suis très nerveux et j’aime bien la bagarre. »
« Ce n’est pas facile avec toutes les bêtises que j’ai faites »
Cette appréhension s’est vite envolée une fois installé. Maïdji confie qu’il se sent respecté que ce soit par les autres résidents ou par les éducateurs. « Je voulais rester auprès de ma mère qui a des soucis de santé mais ce n’est pas facile avec toutes les bêtises que j’ai faites », concède l’adolescent. Ce dernier veut mettre à profit ce passage délicat en reprenant le chemin de l’école. Le jeune Maïdji compte désormais entamer une formation dans le BTP.

L’UJPE est un outil de réinsertion. Ces jeunes qui sont en très grande difficulté sont accompagnés d’éducateurs, d’un professeur, d’une infirmière et d’un psychologue. Laurianne Edwige est responsable d’unité mais avant tout éducatrice. « On est vraiment dans l’éducatif. Quand ils n’adhèrent pas aux projets que nous leur proposons. Il faut leur tendre la main leur expliquer les raisons pour lesquelles c’est opportun pour eux, leur replacer le cadre. » En effet, au sein de l’UJPE, les jeunes ont des obligations à respecter. Toutes les activités proposées sur site sont obligatoires. « Ça peut parfois être difficile. Ça reste des adolescents, de grands enfants qui n’ont pas forcément connu la partie enfance justement. Il faut les amener à rentrer dans un schéma de vie social et éducatif. »
Une structure de la deuxième chance
L’UJPE du Robert a été inaugurée ce jeudi matin en présence de Thomas Lesueur, directeur national de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). « La prison pour mineur existe à Ducos mais ici, on n’est pas dans un espace privatif de liberté. Les règles que les jeunes doivent appliquer sont encadrées par des éducateurs et un ensemble de professionnels pour leur donner ce que souvent ils n’ont pas eu dans leur histoire personnelle. » Selon Thomas Lesueur, un jeune ne passe qu’une seule fois par la PJJ. « Leur prise en charge par la PJJ, les conduit à quitter ces trajectoires de délinquance et à ne pas récidiver. Mais cela ne fonctionne pas toujours. » Le directeur national de la PJJ explique qu’il n’y a pas de garantie de succès. En fonction de la gravité des actes commis par le jeune, le juge statue sur la réponse à apporter. « La prison est réservée aux actes et aux cas les plus graves ou aux récidives importantes. Ce n’est pas binaire puisque les mineurs ayant séjourné en prison sont suivis par les services de la PJJ. »
(1) Le prénom a été modifié.
Laurianne Nomel





