Neuf étudiants ont été accueillis vendredi matin dans les locaux de l’ICEA, à Fort-de-France, pour la présentation du tout nouveau bachelor de journalisme. Une formation en trois ans, pensée pour répondre aux besoins en journalistes locaux, alors que l’intelligence artificielle bouscule la profession.
Thamera, Lilia, Roman et Ryan. Tous quatre font partie de la promotion du nouveau bachelor de journalisme lancé par l’ICEA (Institut catholique européen des Amériques) à Fort-de-France. Tous quatre sont déjà passionnés dans leur domaine et font montre d’ambition.
Pour Thamera Manette, tout est une question de transmission.
« Mon objectif est de transmettre l’information à toutes les personnes constituant notre population notamment les classes populaires de façon à ce qu’on puisse s’informer, comprendre et avoir l’esprit critique. »
Lilia Placide, venue de Guadeloupe est passée par un BTS communication avant d’atterrir dans le journalisme. Roman Etilé a été séduit par l’idée de poursuivre ses études en Martinique. Le diplômé en sciences politiques tient à travailler sur son île « et rendre service à ma petite échelle en tant que futur journaliste ». Ryan Grosol s’était orienté vers la communication par défaut « parce qu’il n’y avait pas de bachelor de journalisme aux Antilles-Guyane ».
Des métiers bousculés par l’intelligence artificielle
L’idée de créer cette formation en Martinique vient d’Oliver Daniel, chargé de développement en formation continue. Au début, il s’agissait de modules d’enseignement qui ont fini par se transformer en bachelor sur trois ans accessible à partir du baccalauréat. Toutefois, les métiers de la presse sont bousculés par l’intelligence artificielle. Des plans sociaux dopés à l’IA touchent des groupes de presse au national et en région.
« Il y aura sûrement un nouveau traitement de l’information mais il sera toujours nécessaire qu’il y ait des journalistes »,
assure le chargé de développement. Sandrine Fanfare, coordinatrice à l’ICEA, ajoute que les élèves seront sensibilisés à l’IA et que des cours spécifiquement dédiés seront dispensés. « Ce diplôme fait face à la transformation du métier de journaliste », dit-elle.
En première et deuxième années, les élèves sont en formation initiale avec des stages. La troisième année se déroule en alternance. Or pour ces stages et cette alternance, il faut des entreprises pour accueillir les élèves de la promotion. Mais tout comme ses élèves, les coordinateurs de la formation sont ambitieux et voient régional, national et international. « Nous avons fait très attention aux débouchés. Cette promotion compte neuf étudiants. L’idée, c’est de leur permettre de s’exporter sur les DOM-TOM français et nous les poussons vers une mobilité caribéenne », souligne Sandrine Fanfare.
Afin de faciliter l’insertion des étudiants, un partenariat a été créé avec le quotidien France-Antilles. Pour Béatrice Cléon, directrice générale du groupe, cette collaboration a été une évidence « compte tenu de nos difficultés à recruter et à avoir des journalistes qui sont issus des départements ». Béatrice Cléon l’affirme, il y a des débouchés pour ces futurs journalistes en Martinique et au-delà.
« Nous sommes sur un petit territoire, ce n’est pas l’IA qui va aller à l’anniversaire de la centenaire de la commune ou faire un sujet sur la rivière Lézarde. Sur nos territoires, le métier est plus que présent et plus que nécessaire. »
Laurianne Nomel





