La dette de la Collectivité territoriale de Martinique a franchi le seuil symbolique du milliard d’euros, pour atteindre 1 044,5 millions au 31 décembre 2025. Mais ce montant ne dit pas l’essentiel. Le chiffre qui compte vraiment est 27,2, le nombre d’années qu’il faudrait à la CTM pour rembourser sa dette, contre 6,3 ans pour la moitié des régions françaises. Entre 2019 et 2025, son endettement a progressé de 56 %, tandis que son épargne brute chutait de près de 65 % et que son épargne nette devenait négative. La CTM continue d’investir, mais elle doit désormais emprunter pour financer ce qu’elle pouvait autrefois autofinancer. C’est ce basculement, bien plus que le franchissement du milliard, que révèlent les comptes.
Pourquoi « un milliard » ne veut rien dire
Un ménage qui emprunte 300 000 euros pour une maison n’est pas en difficulté ; le même ménage qui doit 30 000 euros à son découvert l’est peut-être. Le montant seul ne juge rien. Trois questions le jugent : par rapport à quels revenus, pour financer quoi, et en combien de temps peut-on rembourser.
Pour une collectivité, la réponse à la troisième question porte un nom : la capacité de désendettement. On divise l’encours de la dette par l’épargne brute, c’est-à-dire par ce qui reste des recettes une fois les dépenses courantes payées. Le résultat s’exprime en années. C’est le seul ratio que regardent les prêteurs, les chambres régionales des comptes et l’État.
La loi de programmation des finances publiques a fixé des plafonds de référence : douze ans pour une commune, dix pour un département, neuf pour une région. La CTM exerce les compétences des deux derniers.
1. La CTM est à plus de vingt-cinq ans
Fin 2025, la Collectivité territoriale de Martinique doit 1 044,5 millions d’euros et dégage 38,4 millions d’euros d’épargne brute. Le rapport donne 27,2 ans. Sur les dix-sept régions et collectivités uniques de France, la médiane est à 6,3 ans.
| Collectivité | Dette | Par habitant | Désendettement | Épargne nette |
|---|---|---|---|---|
| Collectivité territoriale de Martinique | 1 045 M€ | 2 862 € | 27,2 ans | -42,5 M€ |
| Région Hauts De France | 3 834 M€ | 630 € | 12,5 ans | 83,6 M€ |
| Région Reunion | 1 171 M€ | 1 314 € | 9,4 ans | 56,6 M€ |
| Région Occitanie | 3 839 M€ | 619 € | 7,6 ans | 326,4 M€ |
| Région Provence Alpes Cote D’Azur | 3 033 M€ | 578 € | 7,2 ans | 281,2 M€ |
| Région Nouvelle Aquitaine | 3 502 M€ | 560 € | 6,9 ans | 332,0 M€ |
| Région Bretagne | 1 713 M€ | 488 € | 6,8 ans | 139,1 M€ |
| Région Pays De La Loire | 2 271 M€ | 572 € | 6,8 ans | 205,2 M€ |
| Région Bourgogne Franche Comte | 1 586 M€ | 552 € | 6,3 ans | 161,6 M€ |
| Collectivité de Corse | 1 171 M€ | 3 288 € | 6,2 ans | 127,5 M€ |
| Région Centre Val De Loire | 1 270 M€ | 481 € | 6,1 ans | 119,8 M€ |
| Région Ile De France | 7 160 M€ | 573 € | 5,8 ans | 480,8 M€ |
| Région Grand Est | 2 925 M€ | 517 € | 5,6 ans | 290,8 M€ |
| Collectivité territoriale de Guyane | 220 M€ | 757 € | 5,1 ans | 29,9 M€ |
| Région Guadeloupe | 484 M€ | 1 246 € | 4,7 ans | 59,8 M€ |
| Région Normandie | 1 389 M€ | 407 € | 4,0 ans | 254,8 M€ |
| Région Auvergne Rhone Alpes | 2 621 M€ | 315 € | 2,9 ans | 682,0 M€ |
Comptes consolidés 2025, Observatoire des finances et de la gestion publique locales. Classées par capacité de désendettement décroissante.
Deux lectures s’imposent. La première : la Martinique n’est pas la plus endettée par habitant — la Corse l’est davantage, avec 3 288 euros contre 2 862. Mais la Corse rembourserait en 6,2 ans. La seconde, et c’est celle qui doit retenir l’attention : la CTM est la seule des dix-sept dont l’épargne nette est négative.
CE CHIFFRE A ÉTÉ VÉRIFIÉ SUR UNE SECONDE SOURCE. Les données ci-dessus viennent de l’Observatoire des finances locales ; nous les avons recalculées à partir des balances comptables brutes de la direction générale des finances publiques, qui sont une source indépendante. L’épargne brute des exercices 2019 à 2024 s’y retrouve au dixième de million près, et l’encours de dette à 0,5 % près, un écart constant sur sept exercices qui tient à une différence de méthode. Sur le seul exercice 2025, dont les comptes ne sont pas définitifs, l’épargne brute ressort à 41,4 millions au lieu de 38,4 : la capacité de désendettement se situe donc entre vingt-cinq et vingt-sept ans. Aucune de ces deux mesures ne change la conclusion.
2. L’épargne nette négative, expliquée simplement
L’épargne brute, c’est ce qui reste quand les dépenses courantes sont payées. L’épargne nette, c’est ce qui reste encore après avoir remboursé le capital de la dette. Quand elle est positive, la collectivité peut investir sur ses propres moyens. Quand elle est négative, chaque euro investi doit être emprunté — et une partie de l’emprunt sert à rembourser l’emprunt précédent.
En 2025, la CTM dégage 38,4 millions d’épargne brute et doit rembourser 80,8 millions de capital. L’épargne nette est donc de -42,5 millions. Le remboursement du capital représente plus du double de ce que la collectivité parvient à mettre de côté.
Ce n’était pas le cas il y a six ans. En 2019, l’épargne brute atteignait 108,4 millions pour un remboursement de 44,3 millions : la CTM remboursait sa dette et lui restait 64,2 millions pour investir.
3. Ce qui s’est vraiment passé : un ciseau, pas un dérapage
On croit à un emballement de la dette. Les comptes disent autre chose. Entre 2019 et 2025, la dette a augmenté de 56 %. Dans le même temps, l’épargne brute a chuté de 65 %. Ce n’est pas la dette qui a dérapé, c’est la capacité à la rembourser qui s’est effondrée.
| 2019 | 2025 | Évolution | |
|---|---|---|---|
| Recettes de fonctionnement | 958,4 M€ | 1037,2 M€ | +8,2 % |
| Dépenses de fonctionnement | 850,0 M€ | 998,8 M€ | +17,5 % |
| Épargne brute | 108,4 M€ | 38,4 M€ | -64,6 % |
| Épargne nette | 64,2 M€ | -42,5 M€ | de +64 à -43 |
| Encours de dette | 669,6 M€ | 1044,5 M€ | +56,0 % |
| Annuité de la dette | 54,2 M€ | 109,8 M€ | +102,4 % |
| Emprunts nouveaux de l’année | 40,0 M€ | 170,5 M€ | +326,3 % |
Comptes consolidés de la CTM, OFGL. Le « ciseau » est l’écart entre une recette qui progresse de 8 % et une dépense qui progresse de 18 %.
Les recettes ont augmenté de 8,2 % en six ans, les dépenses de fonctionnement de 17,5 %. Un écart de neuf points suffit à effacer une épargne. Ce n’est pas spectaculaire année par année ; cumulé, c’est décisif.
4. Cette dette a-t-elle servi à investir ? Oui.
C’est la question que tout le monde pose, et la réponse est nette : l’argent emprunté est allé dans l’investissement, pas dans le fonctionnement courant. En 2025, la CTM a investi 327,4 millions d’euros : 130,7 millions d’équipement en propre et 196,7 millions de subventions d’équipement versées à d’autres — communes, bailleurs, syndicats, associations. Elle a emprunté 170,5 millions dans l’année.
L’effort d’investissement a d’ailleurs fortement augmenté : les subventions d’équipement versées sont passées de 79,0 à 196,7 millions, soit +149 %. Autrement dit, la CTM finance de plus en plus l’investissement des autres acteurs du territoire.
| L’investissement de 2025 | Montant |
|---|---|
| Dépenses d’équipement en propre | 130,7 M€ |
| Subventions d’équipement versées | 196,7 M€ |
| Total investi | 327,4 M€ |
| Emprunts nouveaux | 170,5 M€ |
| Remboursements de capital | 80,8 M€ |
| Endettement net de l’année | +89,7 M€ |
| Subventions reçues | 88,0 M€ |
| FCTVA | 20,4 M€ |
La dette finance bien de l’investissement : l’emprunt de l’année est inférieur de moitié à l’investissement réalisé.
Le problème n’est donc pas la destination de la dette. Il est que la collectivité doit désormais emprunter pour faire ce qu’elle autofinançait autrefois. En 2019, l’épargne brute couvrait la totalité de l’équipement en propre. En 2025, elle n’en couvre plus que trois dixièmes.
4 bis. Ce que la CTM investit, et ce que les communes investissent
En 2025, les trente-quatre communes de Martinique ont dépensé 111,4 millions d’euros en équipement, soit 305 euros par habitant. La Collectivité territoriale, à elle seule, en a dépensé 130,7 millions. Elle investit donc davantage, en propre, que l’ensemble des communes du territoire réunies.
Et elle verse en plus 196,7 millions d’euros de subventions d’équipement à d’autres maîtres d’ouvrage : communes, bailleurs sociaux, syndicats, associations. Ces deux montants ne s’additionnent pas à celui des communes : une partie des subventions finance précisément les chantiers que les communes inscrivent à leur propre budget, et les compter deux fois gonflerait artificiellement l’investissement du territoire.
La trace de cet effort se lit au bilan des communes. Trente-trois d’entre elles sur trente-quatre y portent des subventions d’équipement reçues de la Collectivité : 301,5 millions d’euros cumulés, contre 245,9 millions venus de l’État. Sur la durée, la Collectivité territoriale a financé plus d’équipements communaux que l’État lui-même.
| Commune | Équipement 2025 | € par habitant | Reçu de la CTM | Reçu de l’État | Autres financeurs |
|---|---|---|---|---|---|
| Le Lamentin | 16,83 M€ | 423 € | 12,6 M€ | 17,9 M€ | 26,9 M€ |
| Fort-de-France | 16,19 M€ | 214 € | 40,9 M€ | 66,1 M€ | 115,6 M€ |
| Sainte-Luce | 6,86 M€ | 724 € | 0,0 M€ | 0,1 M€ | 33,0 M€ |
| Rivière-Salée | 5,55 M€ | 461 € | 14,4 M€ | 9,1 M€ | 21,1 M€ |
| Le Marin | 5,51 M€ | 641 € | 10,5 M€ | 20,8 M€ | 23,3 M€ |
| Le François | 5,48 M€ | 343 € | 20,0 M€ | 11,3 M€ | 14,4 M€ |
| Schœlcher | 5,41 M€ | 277 € | 11,6 M€ | 11,8 M€ | 24,6 M€ |
| Sainte-Marie | 4,97 M€ | 331 € | 11,2 M€ | 16,2 M€ | 21,0 M€ |
| Saint-Joseph | 4,62 M€ | 277 € | 11,7 M€ | 3,5 M€ | 11,6 M€ |
| Gros-Morne | 4,16 M€ | 422 € | 5,8 M€ | 5,4 M€ | 10,6 M€ |
| Ducos | 4,08 M€ | 225 € | 12,4 M€ | 6,6 M€ | 15,4 M€ |
| Le Vauclin | 3,15 M€ | 367 € | 6,9 M€ | 2,1 M€ | 15,2 M€ |
| Les Trois-Îlets | 2,99 M€ | 439 € | 4,4 M€ | 2,9 M€ | 25,1 M€ |
| Le Diamant | 2,42 M€ | 403 € | 2,8 M€ | 2,9 M€ | 7,8 M€ |
| Sainte-Anne | 2,38 M€ | 523 € | 11,0 M€ | 7,3 M€ | 11,9 M€ |
| Les Anses-d’Arlet | 2,18 M€ | 558 € | 4,4 M€ | 1,4 M€ | 22,4 M€ |
| Le Robert | 1,71 M€ | 79 € | 20,5 M€ | 0,9 M€ | 40,0 M€ |
| La Trinité | 1,64 M€ | 140 € | 11,7 M€ | 10,2 M€ | 21,2 M€ |
| Rivière-Pilote | 1,48 M€ | 124 € | 9,2 M€ | 1,7 M€ | 7,9 M€ |
| L’Ajoupa-Bouillon | 1,41 M€ | 818 € | 0,5 M€ | 2,1 M€ | 4,7 M€ |
| Le Marigot | 1,35 M€ | 445 € | 3,6 M€ | 1,2 M€ | 4,9 M€ |
| Le Morne-Rouge | 1,32 M€ | 292 € | 9,5 M€ | 2,2 M€ | 6,6 M€ |
| Bellefontaine | 1,31 M€ | 672 € | 1,8 M€ | 1,0 M€ | 2,8 M€ |
| Le Lorrain | 1,18 M€ | 176 € | 14,1 M€ | 3,2 M€ | 11,1 M€ |
| Saint-Esprit | 1,13 M€ | 108 € | 8,0 M€ | 5,0 M€ | 10,6 M€ |
| Case-Pilote | 1,03 M€ | 226 € | 8,6 M€ | 7,3 M€ | 5,4 M€ |
| Le Carbet | 0,98 M€ | 269 € | 6,3 M€ | 5,7 M€ | 6,4 M€ |
| Le Prêcheur | 0,96 M€ | 648 € | 3,3 M€ | 5,4 M€ | 3,6 M€ |
| Basse-Pointe | 0,82 M€ | 290 € | 3,7 M€ | 4,5 M€ | 7,3 M€ |
| Le Morne-Vert | 0,74 M€ | 421 € | 4,2 M€ | 2,0 M€ | 3,7 M€ |
| Fonds-Saint-Denis | 0,72 M€ | 1 115 € | 3,0 M€ | 0,8 M€ | 1,4 M€ |
| Saint-Pierre | 0,55 M€ | 132 € | 6,9 M€ | 5,7 M€ | 17,2 M€ |
| Macouba | 0,18 M€ | 184 € | 1,2 M€ | 0,6 M€ | 0,7 M€ |
| Grand’Rivière | 0,10 M€ | 191 € | 5,0 M€ | 1,0 M€ | 4,1 M€ |
Les trente-quatre communes, classées par montant investi en 2025. Équipement : Observatoire des finances et de la gestion publique locales, comptes consolidés 2025. Subventions : balances comptables de la direction générale des finances publiques, comptes 1322 et 1323 pour la Collectivité, 1321 pour l’État, autres comptes de classe 13 pour le reste — Europe, groupements, autres financeurs. Ce sont des montants CUMULÉS depuis l’origine des opérations, et non le versement d’une seule année.
Le classement révèle que la Collectivité n’est pas le seul financeur, ni toujours le premier. Le Marin, cinquième investisseur de l’île avec 641 euros par habitant, a reçu deux fois plus de l’État que de la Collectivité. Sainte-Luce, troisième au classement, n’a pratiquement rien reçu d’aucun des deux : ses 33 millions viennent d’ailleurs. Et Le Robert, qui a reçu 20,5 millions de la Collectivité, n’investit plus que 79 euros par habitant, le chiffre le plus bas de la Martinique. Recevoir et investir sont deux choses différentes.
Cette lecture change la portée du débat sur la dette. Ce que la Collectivité emprunte ne finance pas seulement ses propres ouvrages : il finance aussi ceux de communes dont vingt-cinq sur trente-quatre tirent déjà plus de 40 % de leurs recettes de l’octroi de mer. Si la Collectivité cesse d’investir faute d’autofinancement, les communes n’ont pas les moyens de prendre le relais : leur épargne nette cumulée s’élève à 22,1 millions d’euros.
5. Ce qui n’est pas de son fait
Deux évolutions échappent largement à la collectivité, et il serait malhonnête de les passer sous silence.
LA FISCALITÉ QU’ON LUI A RETIRÉE. Les impôts locaux perçus par la CTM sont passés de 142,0 millions en 2019 à 24,0 millions en 2025, soit -83 %. En contrepartie, elle reçoit une fraction de TVA nationale, passée de 15,5 à 176,1 millions. Le volume est compensé, et au-delà. Mais une recette dont on ne vote pas le taux n’est pas la même chose qu’un impôt local : la collectivité a perdu un levier.
LES ALLOCATIONS QU’ON LUI IMPOSE. Le RSA, l’allocation personnalisée d’autonomie et la prestation de compensation du handicap sont des droits nationaux que la collectivité verse sans pouvoir en fixer le montant. Ensemble, elles ont coûté 335,4 millions d’euros en 2025, soit 32,3 % des recettes de fonctionnement, contre 30,8 % en 2019. L’APA a progressé de 38 % et la PCH de 54 % en six ans : c’est le vieillissement et le handicap, pas une décision politique locale.
| Allocation | 2019 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| RSA | 203,9 M€ | 204,6 M€ | +0,4 % |
| Allocation personnalisée d’autonomie | 64,9 M€ | 89,9 M€ | +38,5 % |
| Prestation de compensation du handicap | 26,5 M€ | 40,9 M€ | +54,1 % |
| Total | 295,3 M€ | 335,4 M€ | +13,6 % |
Trois allocations individuelles de solidarité, versées par la collectivité pour le compte de la solidarité nationale.
6. Alors, faut-il s’alarmer ?
En trois temps, et sans dramatiser ce qui ne le mérite pas.
Non, pas à cause du milliard
2 862 euros de dette par habitant, c’est la deuxième position sur dix-sept, mais ce n’est pas un record et ce n’est pas en soi anormal pour une collectivité qui exerce à la fois les compétences d’une région et celles d’un département. La Corse, dans la même situation institutionnelle, porte davantage.
Oui, à cause du ratio de désendettement
Plus de vingt-cinq ans, c’est près de trois fois le plafond de référence d’une région et deux fois et demie celui d’un département. C’est quatre fois la médiane des collectivités comparables. Et c’est une trajectoire, pas un accident : 6,2 ans en 2019, 10,0 en 2023, 19,7 en 2024, plus de vingt-cinq en 2025.
Et surtout, à cause de l’épargne nette
Une collectivité dont l’épargne nette est négative deux années de suite n’a plus de marge. Elle ne peut plus arbitrer : elle emprunte pour tenir. C’est le cas depuis 2024. Le fonds de roulement, qui est la trésorerie de sécurité, est tombé de 85,0 à 15,2 millions d’euros.
| Année | Dette | Épargne brute | Épargne nette | Désendettement |
|---|---|---|---|---|
| 2016 | 559,9 M€ | 45,8 M€ | -89,0 M€ | 12,2 ans |
| 2017 | 566,6 M€ | 52,0 M€ | 18,7 M€ | 10,9 ans |
| 2018 | 673,9 M€ | 84,1 M€ | 47,6 M€ | 8,0 ans |
| 2019 | 669,6 M€ | 108,4 M€ | 64,2 M€ | 6,2 ans |
| 2020 | 747,2 M€ | 29,0 M€ | -18,4 M€ | 25,8 ans |
| 2021 | 849,4 M€ | 83,5 M€ | 30,7 M€ | 10,2 ans |
| 2022 | 881,7 M€ | 132,4 M€ | 73,7 M€ | 6,7 ans |
| 2023 | 920,4 M€ | 92,2 M€ | 25,9 M€ | 10,0 ans |
| 2024 | 954,8 M€ | 48,4 M€ | -24,6 M€ | 19,7 ans |
| 2025 | 1044,5 M€ | 38,4 M€ | -42,5 M€ | 27,2 ans |
La trajectoire complète depuis la création de la Collectivité territoriale de Martinique, le 1er janvier 2016.
7. Ce que nous ne disons pas
NOUS NE DISONS PAS QUE LA CTM EST EN FAILLITE. Une collectivité ne fait pas faillite ; ses budgets sont contrôlés, et le préfet comme la chambre régionale des comptes disposent de procédures lorsqu’un budget n’est pas équilibré. Nous décrivons des ratios, pas une procédure en cours.
NOUS NE DISONS PAS QUE L’INVESTISSEMENT EST DE MAUVAISE QUALITÉ. Nous savons combien a été investi, pas ce que cela produira. Un lycée, une route ou un réseau se jugent sur trente ans, pas sur un exercice.
NOUS NE CONNAISSONS PAS LE DÉTAIL DE LA DETTE : sa durée moyenne, ses taux, sa part à taux variable. Ces éléments figurent dans les annexes du compte administratif, qui ne sont pas publiées en données ouvertes. Ils changeraient l’appréciation du risque, pas celle du ratio.
ENFIN, CES COMPTES SONT CONSOLIDÉS : budget principal et budgets annexes réunis. C’est la lecture la plus complète, et elle donne des montants supérieurs à ceux du seul budget principal parfois cités.
Sources
Observatoire des finances et de la gestion publique locales, comptes consolidés des régions et collectivités à statut particulier, exercices 2016 à 2025, data.ofgl.fr. Les ratios de capacité de désendettement, d’épargne brute et d’épargne nette sont recalculés par nos soins à partir des montants publiés. Plafonds de référence : loi de programmation des finances publiques 2018-2022, article 29. Relevé au 15/09/2026. Contrôle croisé et investissement communal : direction générale des finances publiques, balances comptables des départements et des communes, exercices 2019 à 2025, comptes de classe 6, 7, 13 et 16. Relevé au 16/09/2026.
Vérifié au 15/09/2026.
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