Le tribunal administratif de la Martinique a rendu ce 15 septembre ses décisions sur les derniers recours contestant les résultats des élections municipales dans les communes de plus de 9 000 habitants. Au François, à Rivière-Salée et à Fort-de-France, toutes les protestations électorales ont été rejetées. Les scrutins de mars 2026 sont définitivement validés.
Au François : la messe du matin ne suffit pas à annuler le scrutin
Au François, un candidat battu, certains de ses colistiers et plusieurs électeurs avaient formé des protestations pour demander l’annulation du scrutin. Leur argument principal : la liste élue aurait tiré un bénéfice politique indû des cérémonies d’hommage rendues à Samuel Tavernier, ancien maire décédé dans l’exercice de ses fonctions peu avant les élections. L’organisation d’une messe le matin même du scrutin était notamment pointée du doigt.
Les magistrats ont reconnu que le candidat élu — successeur de l’ancien maire — avait pu bénéficier du contexte émotionnel particulier créé par ces hommages. Mais ils ont estimé que rien ne permettait d’établir que ces cérémonies avaient donné lieu à des consignes de vote ou s’étaient transformées en réunions à caractère politique. La couverture médiatique du décès n’a pas excédé, selon eux, l’information normale du public. En l’absence d’irrégularité caractérisée, les recours sont rejetés.
À Rivière-Salée : une irrégularité reconnue, mais insuffisante
Le cas de Rivière-Salée est différent. Le tribunal a bel et bien relevé une irrégularité : des sympathisants de la liste du maire sortant étaient présents dans les bureaux de vote le jour du scrutin, recensant les votants afin d’identifier d’éventuels abstentionnistes. Une pratique qualifiée de « particulièrement regrettable » par les juges.
Malgré ce constat, le recours a été rejeté. Les magistrats ont estimé que cette irrégularité n’était pas de nature à altérer la sincérité du scrutin, compte tenu notamment de l’important écart de voix entre les listes. Le résultat est donc maintenu.
À Fort-de-France : rejet sans même audience
À Fort-de-France, la protestation formée par un électeur n’a pas résisté à l’examen préliminaire du tribunal. Les griefs soulevés ont été jugés manifestement insuffisants pour entraîner l’annulation du scrutin. Le recours a été rejeté par voie d’ordonnance, sans audience préalable, comme le prévoit le code de justice administrative.
Avec ces trois décisions, le tribunal administratif de la Martinique clôt le chapitre contentieux des élections municipales de mars 2026 dans les communes les plus peuplées de l’île.





