Le bilan de la répression du mouvement de contestation en Iran pourrait être d’une ampleur sans précédent. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début des mobilisations, tandis que plus de 10 000 personnes ont été arrêtées. L’organisation, basée en Norvège, précise que cette forte révision à la hausse repose sur de nouvelles informations issues des ministères iraniens de la Santé et de l’Éducation. Elle souligne que ce chiffre constitue un « minimum absolu », au regard de nouveaux témoignages attestant d’une violence encore plus massive.
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé une répression qui pourrait être « la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran », appelant les autorités iraniennes à y mettre fin « impérativement ». L’ambassadeur d’Iran en France, convoqué, s’est vu rappeler cette exigence. Le ministre a évoqué des images montrant des manifestants abattus à bout portant, des hôpitaux saturés et des familles endeuillées, tout en soulignant que l’avenir politique du pays relevait du choix souverain du peuple iranien. Il a insisté sur la priorité accordée par la France à la sécurité de ses ressortissants, environ 900 Français présents en Iran, ainsi qu’à celle de Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à résidence.
The pouvoir judiciaire iranien a annoncé des procès « rapides » pour les manifestants arrêtés, laissant craindre une série de condamnations à mort. Une première exécution devait intervenir avec celle d’Erfan Soltani, 26 ans. Le président américain Donald Trump a averti que les United States réagiraient « de manière très forte » si ces exécutions étaient mises à exécution. En réponse, un conseiller du guide suprême Ali Khamenei a affirmé que l’Iran était capable de riposter à toute attaque, rappelant les frappes iraniennes de juin contre la base américaine d’Al-Udeid au Qatar. Téhéran accuse Washington de chercher un prétexte à une intervention militaire, accusation relayée par la mission iranienne à l’ONU.
Dans ce contexte de tensions régionales accrues, une partie du personnel de la base d’Al-Udeid a reçu l’ordre de partir, mesure confirmée par le Qatar. Les représentations diplomatiques américaines dans la région ont appelé à la prudence, tandis que l’Espagne invite ses ressortissants à quitter l’Iran et que le Royaume-Uni a temporairement fermé son ambassade à Téhéran.
Sur le terrain, les autorités maintiennent un black-out quasi total d’internet pour le septième jour consécutif, selon l’ONG Netblocks. Human Rights Watch évoque des « tueries à grande échelle » menées par les forces de sécurité. Des vidéos authentifiées montrent des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de Téhéran, tandis que des témoins à Machhad décrivent des tirs indiscriminés and a accélération des arrestations.
En parallèle, les médias d’État iraniens mettent en avant les funérailles de membres des forces de sécurité tués lors des manifestations, présentés comme des « martyrs ». La France étudie enfin la possibilité de recourir à des solutions satellitaires européennes, notamment via Eutelsat, afin d’aider la population iranienne à communiquer avec l’extérieur, après le brouillage des terminaux Starlink utilisés lors des premiers jours du blocage. JPB





