Close Menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Subscribe

    Get the latest creative news from ANTILLA on art, design, and business

    Current Trends

    Pawol’s Initil’s de Henri Luc Pied. Chose promise…

    August 15, 2026

    Sainte-Lucie- Face à la chaleur et à d’autres pressions qui mettent l’agriculture à rude épreuve, les agriculteurs explorent de nouvelles approches.

    August 15, 2026

    Transports : l’unité et la responsabilité pour réussir la rentrée scolaire

    August 14, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Sections
      • Editorial by Henri PIED
      • Ecology / Environment
      • Art/Culture
      • Caribbean
      • Companies
      • Gdc's Perspective
      • Heritage
      • Politics
      • Health
      • Sports
      • Opinion Pieces
    • Our Files
      • Great Figures
        • Édouard Glissant
        • Aimé Césaire
        • Frantz Fanon
        • Pierre Aliker
        • Camille Darsières
        • Alfred Marie-Jeanne
        • Patrick Chamoiseau
        • Raphaël Confiant
        • Serge Letchimy
      • Key Issues
        • Sargassum
        • Rum
        • High Cost of Living
        • The Press in Martinique
      • Profile or Investigation
    • About
      • About Us
      • Media Kit
    • Contact
    • Change language to Français
    annonces
    SUBSCRIPTION
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Commémoration de l’abolition de l’esclavage : un message présidentiel entre mémoire et limites
    Gdc's Perspective

    Commémoration de l’abolition de l’esclavage : un message présidentiel entre mémoire et limites

    June 3, 2025Updated:June 3, 2025No Comments
    Facebook LinkedIn WhatsApp

     

    Il y a, dans le vent de mai, une gravité feutrée, une solennité qui s’invite dans les allées du souvenir. Paris, s’apprête à accueillir, dans l’écrin des jardins du Trocadéro, un mémorial dédié à la mémoire des victimes de l’esclavage colonial. Sous les frondaisons, la République s’incline, inscrivant dans la pierre et la verdure les noms de 224 000 « Nouveaux libres ». Un jardin mémoriel, promis  par tweet du  chef de l’État, « lieu de calme, de recueillement et de partage », où la Nation, par la grâce du marbre et du silence, adresse un message de reconnaissance et de réconciliation.

    Le président, dans son message, a salué l’immense travail de ces centaines de bénévoles qui, trente années durant, ont arpenté les archives, reconstituant l’identité d’ancêtres promis à l’oubli. Il a rappelé la République, unique libératrice, celle qui, d’un décret, fit tomber les chaînes. Il a loué la mémoire, la reconnaissance, la commémoration. Mais, à l’heure où les tambours du passé résonnent, n’aurait-il pas fallu entendre, aussi, les échos persistants de l’injustice ? Car la mémoire, si précieuse soit-elle, ne saurait suffire à panser les blessures vives de l’histoire.

    Il est permis, en citoyen conscient, d’éprouver une forme de regret devant ce cantonnement au seul devoir de mémoire. Les mots présidentiels laissent dans l’ombre les inégalités et discriminations héritées de l’esclavage et de la colonisation. Nos réalités ultramarines, faites d’écarts, de silences et de fractures, réclament davantage qu’un hommage rendu à la République, aussi solennel soit-il.

    L’abolition ne fut pas un don, mais une conquête arrachée de haute lutte.

    Plus encore, la République s’érige, dans le récit officiel, en unique artisan de la liberté. Or, l’histoire, la vraie, celle qui palpite dans la nuit des plantations et dans la lumière des insurrections, est tissée des luttes, des fuites, des révoltes, des rêves d’émancipation portés par les esclavisés eux-mêmes. Ce sont eux, ces femmes et ces hommes debout, qui ont fragilisé l’édifice de l’oppression par mille actes de résistance : sabotages, désobéissances, fondation de sociétés marronnes, soulèvements retentissants comme celui de Saint-Domingue, qui fit naître la première république noire indépendante. L’abolition ne fut pas un don, mais une conquête arrachée de haute lutte.

    Oublier ces combats, c’est  infantiliser les victimes, les réduire à l’impuissance, alors qu’elles furent, au contraire, les forges vivantes de leur propre liberté.

    C’est aussi, peut-être, manquer à la justice de l’histoire… Pourtant, comme on l’a vu, le même président osa, à propos de l’Algérie, nommer personnellement la colonisation pour ce qu’elle fut : « crime contre l’humanité », « vraie barbarie ».

    La France, sur l’esclavage, a préféré la reconnaissance à la repentance, la vérité à l’excuse. Avancer, dit-on, sur le chemin de la réconciliation mémorielle, sans tomber dans la concurrence des douleurs.

    Pourtant, la mémoire ne doit pas être un mausolée, mais un ferment. Elle doit, au-delà des cérémonies, inspirer des actions concrètes pour réparer et combattre les inégalités héritées de l’histoire coloniale, elle-même enfantée par l’esclavage. La mémoire, certes, mais aussi la justice et l’engagement pour l’égalité réelle.

    Le mémorial du Trocadéro, fruit d’un patient labeur, n’est pas l’œuvre d’un président, mais celle de descendants d’esclaves, de chercheurs, de militants, de citoyens qui ont voulu, par-delà l’écume des discours, honorer la mémoire de leurs aïeux. C’est là, dans cette obstination à faire surgir du néant les noms effacés, que réside la révolution mémorielle commencée en 1998. Honorer la mémoire des victimes de l’esclavage, affirment les promoteurs du projet, c’est là l’acte de réparation le plus important. Nous adhérons à cette analyse.

    Alors, que reste-t-il du message présidentiel ? Peut-être l’essentiel n’est-il pas dans le tweet, mais dans ce jardin où, bientôt, fleuriront les noms retrouvés, et où la mémoire, loin d’être figée, continuera de murmurer à l’oreille de la Nation : « Souviens-toi, et agis. »

    Gérard Dorwling-Carter

    Related Posts

    L’accord entre l’État et la Martinique pour l’évolution institutionnelle publié au Journal officiel: quelles implications?

    August 14, 2026

    Pouvoir normatif : ce que les habilitations révèlent des limites du système actuel

    August 13, 2026

    Legislative Authority: Should the people of Martinique Have Been Consulted Before Negotiations Began?

    August 11, 2026
    Add A Comment

    Comments are closed.

    DISPONIBLE EN KIOSQUE
    Caribbean News
    Caribbean

    Sainte-Lucie- Face à la chaleur et à d’autres pressions qui mettent l’agriculture à rude épreuve, les agriculteurs explorent de nouvelles approches.

    St Lucia Times ParKeryn Nelson À l’issue de deux symposiums agricoles organisés à Dennery et Union, près de Castries, les agriculteurs et autres acteurs du…

    « Que représente la CARICOM pour la jeunesse ? » : La jeunesse caribéenne répond

    August 14, 2026

    Les centres de formation technique et professionnelle de Sainte-Lucie se font l’écho de l’appel régional aux compétences

    August 14, 2026

    Saint Lucia Officially Launches a 1,000 EC$ Allowance for Newborns

    August 4, 2026

    OECO delegates review Sargassum management strategies following their mission to French territories

    August 2, 2026
    SUBSCRIBE TO OUR CHANNEL!
    Post Your Legal Notices

    Subscribe

    Get the latest news from Antilla Martinique.

    Thank you! Your request has been received.

    View legal notices
    View our back issues
    Our Different Sections
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. All rights reserved. Programmed by ANTILLA.
    • CONTACT
    • MARKETING
    • LEGAL NOTICE
    • LEGAL NOTICES
    • ABOUT ANTILLA

    Type above and press Enter to search. Press Esc to cancel.