Réunis le 25 juin à l’initiative de la Préfecture et de l’IEDOM, les représentants régionaux d’une vingtaine d’organismes ont lancé la déclinaison martiniquaise de la Charte de confiance. Objectif : mieux détecter les fragilités des entreprises, accompagner les dirigeants plus tôt et coordonner les dispositifs existants avant que les difficultés ne s’installent.
La prévention des difficultés des entreprises franchit une nouvelle étape en Martinique. Le 25 juin 2026, les représentants régionaux d’une vingtaine d’organismes signataires de la Charte de confiance se sont réunis à l’initiative de la Préfecture et de l’IEDOM. Cette rencontre visait à décliner localement les engagements pris au niveau national, avec une priorité claire : passer d’une logique d’intervention tardive à une logique d’anticipation.
Pour Aurélien Adam, secrétaire général de la Préfecture, et Patrick Croissandeau, directeur de l’IEDOM, l’enjeu est de renforcer la détection précoce, l’accompagnement et la prévention des difficultés des entreprises. Il s’agit aussi d’améliorer la coordination entre les dispositifs déjà existants, afin que les dirigeants sachent plus rapidement vers qui se tourner lorsqu’apparaissent les premiers signaux d’alerte.
« Les dispositifs de soutien existent, mais ils sont encore trop souvent mobilisés trop tard par les entreprises. »
Cette initiative martiniquaise s’inscrit dans une dynamique nationale lancée le 10 février 2026, lors d’une réunion organisée par Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, en présence de François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. La Charte de confiance, élaborée sous l’égide d’Hassiba Kaabêche, médiatrice nationale du crédit aux entreprises, en lien avec Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, rassemble des acteurs publics, privés et associatifs autour d’un même objectif : aller au-devant des entrepreneurs dès l’apparition des premières fragilités.
Le constat est largement partagé : les outils de soutien aux entreprises existent, mais ils sont encore trop souvent mobilisés trop tard, en particulier par les très petites entreprises. Or, en Martinique comme ailleurs, beaucoup de situations peuvent être mieux traitées lorsque les difficultés sont identifiées en amont, avant qu’elles ne deviennent des blocages financiers, sociaux ou juridiques.
La Charte repose donc sur deux axes complémentaires. Le premier consiste à sensibiliser les entreprises dès leur création à l’importance de l’anticipation, de la prévention et de l’accompagnement. Cela passe notamment par une meilleure connaissance des formations disponibles, mais aussi par l’usage d’outils simples de pilotage, comme un prévisionnel de trésorerie ou la « boîte à outils du dirigeant ».
« L’objectif est d’éviter l’isolement du dirigeant en l’orientant rapidement vers les bons interlocuteurs. »
Le second axe vise à engager une démarche plus proactive lorsque des signaux de fragilité sont détectés. L’idée est de partager rapidement les constats, de proposer de premières actions concrètes et d’orienter les chefs d’entreprise vers les dispositifs les plus adaptés à leur situation. Cette coordination doit permettre d’éviter l’isolement du dirigeant, souvent confronté seul à ses difficultés.
La démarche fait également écho aux recommandations du rapport conjoint du Médiateur national du crédit et du Médiateur des entreprises, remis au Gouvernement en avril 2025. Ce rapport appelait à renforcer les dispositifs de détection précoce et de soutien aux entreprises en difficulté.
En Martinique, la déclinaison de la Charte de confiance marque ainsi une volonté de fédérer davantage l’écosystème économique autour de la prévention. Pour les entreprises du territoire, notamment les TPE et PME, l’enjeu est essentiel : mieux anticiper pour préserver l’activité, l’emploi et la capacité de rebond du tissu économique local.





