Samedi 20 juin dernièr, à travers une manifestation consacrée à la liberté, à la réussite et à la reconnaissance des femmes, l’Association de la Femme Émancipée de la Caraïbe a honoré Daniel Chomet, maire de Schœlcher. Un choix symbolique pour une association née d’un parcours personnel, devenue un espace de réflexion, de valorisation et d’action autour de la place des femmes dans la société martiniquaise et caribéenne.

L’émancipation comme fil conducteur, la reconnaissance comme objectif, la Caraïbe comme horizon.
C’est autour de ces valeurs que l’Association de la Femme Émancipée de la Caraïbe, l’AFEC, a organisé une manifestation destinée à rappeler que les femmes peuvent continuer à avancer, à se reconstruire, à réussir et à prendre pleinement leur place dans la société.
Présidée par Mickaïella Borrhomée Henry, l’association porte depuis sa création une vision forte : faire rayonner les femmes, valoriser leurs compétences, leur potentiel, leurs engagements et leur capacité à être actrices de leur propre destin.
« Dans la vie, on peut toujours continuer, être battante, avancer, réussir »,
résume la présidente, en évoquant le sens de cette manifestation.
L’AFEC, fondée le 7 septembre 2014, revendique aujourd’hui douze années d’existence. Son histoire est intimement liée à celle de sa fondatrice. Après une épreuve personnelle liée au cancer du sein, Mickaïella Borrhomée Henry a voulu créer un espace permettant à d’autres femmes de retrouver confiance, liberté intérieure et volonté d’agir. C’est ce qu’elle appelle « l’émancipation de l’esprit ».

L’association ne se limite pas à un discours. Elle se veut un lieu de rassemblement, de transmission et de mise en mouvement. Elle réunit des femmes et des hommes venus d’horizons divers, porteurs de compétences, de savoir-faire et de savoir-être. Son ambition est de créer une dynamique collective autour de la reconnaissance des femmes, de leur rôle dans la société, de leur engagement professionnel, social, politique et humanitaire.
Séminaires, colloques, conférences-débats, congrès, échanges intergénérationnels : l’AFEC veut ouvrir des espaces de parole et de réflexion. Les thèmes abordés sont nombreux : qualité de vie, droits, reconnaissance, valorisation des compétences, relations entre générations, place des femmes en responsabilité, lutte contre les stéréotypes et construction de la société de demain.
Dans cette démarche, la mise à l’honneur de Daniel Chomet, maire de Schœlcher, prend une dimension particulière. Pour la présidente de l’AFEC, ce choix répond à une logique de parcours et de combat. Elle voit en lui un homme engagé, un « battant », dont l’itinéraire politique et personnel entre en résonance avec les valeurs portées par l’association.
« Ce monsieur, c’est un battant. À travers ses combats, à travers sa lutte, il a pu devenir un jour maire de Schœlcher », explique Mickaïella Borrhomée Henry. Pour elle, honorer un homme dans le cadre d’une manifestation dédiée à l’émancipation des femmes n’a rien de contradictoire. Au contraire, cela permet de rappeler que la cause des femmes concerne toute la société, femmes et hommes compris.

Daniel Chomet a accepté cette distinction avec ce qu’il décrit comme « un vrai sens des responsabilités ». Il affirme se reconnaître dans les sujets portés par l’AFEC : l’émancipation, la place des femmes et l’ouverture caribéenne. « C’est un combat noble, le combat pour les femmes, le combat pour l’émancipation, avec comme terrain de jeu celui de la Caraïbe », souligne-t-il.
Le maire de Schœlcher estime que son rôle sera d’apporter du soutien, du conseil et une participation active aux initiatives de l’association. Il insiste également sur les combats à mener au niveau communal, notamment autour de la maltraitance, de l’emploi, du logement et de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
Pour Daniel Chomet, aucune commune ne peut se considérer étrangère à ces sujets. Schœlcher, comme les autres territoires de Martinique, est concernée par les inégalités persistantes. Le maire rappelle notamment que les écarts de rémunération entre femmes et hommes demeurent une réalité, y compris lorsque les niveaux de métier sont comparables. Ces écarts, selon lui, imposent une vigilance et une action concrète des collectivités.
L’AFEC souhaite précisément inscrire son action dans cette réalité. L’association entend contribuer à une société plus ouverte, plus attentive aux parcours féminins et plus consciente des obstacles encore présents. Elle veut aussi mettre en lumière des femmes référentes de Martinique et de la Caraïbe, reconnues pour leur activité professionnelle, leur engagement humanitaire ou leur contribution au développement du territoire.
Au-delà de la célébration, cette manifestation a donc rappelé une conviction : l’émancipation ne se décrète pas, elle se construit. Elle suppose de la reconnaissance, de l’écoute, de l’accompagnement, mais aussi des espaces collectifs où les expériences peuvent se dire et se transmettre.
Pour l’AFEC, la femme émancipée est une femme libre dans son esprit, consciente de ses compétences, capable de prendre sa place, de proposer, de décider et d’agir. C’est cette vision que l’association entend continuer à défendre, en Martinique, dans la Caraïbe et au-delà.
En honorant Daniel Chomet, l’Association de la Femme Émancipée de la Caraïbe a aussi voulu envoyer un message : le combat pour l’émancipation féminine n’est pas seulement l’affaire des femmes. Il engage aussi les hommes, les responsables publics, les collectivités, les associations et l’ensemble de la société.





