L’Assemblée générale de l’ONU a voté le 25 mars une nouvelle résolution sur la traite transatlantique et l’esclavage des Africains, qualifiés maintenant de plus graves crimes contre l’humanité.
La France fait partie des 52 pays qui se sont abstenus.
Cette abstention a provoqué chez certains responsables de véhémentes protestations.
L’abstention française est pourtant doublement justifiée.
D’une part, il est totalement arbitraire d’établir une hiérarchie des crimes contre l’humanité.
Toute atteinte à la vie, à l’intégrité physique, et à la dignité d’un groupe humain, quelles que soient les définitions retenues par les juristes, est un crime contre l’humanité, et doit être condamnée.
La très longue traite des Slaves, le génocide rwandais, la Shoah, la traite et l’esclavage trans-saharien, la vente d’Africains par d’autres Africains, les massacres des Khmers rouges au Cambodge : autant d’exemples, parmi de nombreux autres possibles, qu’il ne saurait y avoir le pardon pour certains et l’éternelle accusation envers d’autres.
D’autre part, croire que les ex-pays colonisateurs vont consentir à des réparations significatives à ce titre est une illusion, illustrée par la volte- face choquante du président François Hollande en 2015 à propos du remboursement par la France de la scandaleuse rançon exigée d’Haiti après son indépendance.
Ce que la motion de l’ONU illustre, en réalité, c’est la délectation obstinée de certains dans la rente victimaire du passé, et leur difficulté à affronter victorieusement les défis d’aujourd’hui.
Quitte à livrer leurs peuples à de nouveaux esclavages, venant tout à la fois d’anciens pays colonisés et d’anciens pays colonisateurs.
MANMAY, AN NOU GADÉ DOUVAN





