En chantier depuis plusieurs mois, l’Apit de Schœlcher doit offrir aux marins-pêcheurs des conditions de travail modernisées et un nouvel élan à une filière en déclin. Entre attentes fortes du terrain et ambition d’autonomie alimentaire, cet équipement stratégique pourrait marquer un tournant pour la pêche martiniquaise.
C’était une nouvelle visite de chantier pour les équipes de la CTM. Cette fois, l’objet de cette visite était l’APIT (Aménagement pour la pêche d’intérêt territorial) de Schœlcher. Cet aménagement permet aux pêcheurs d’exercer leur activité dans de meilleures conditions d’exploitation et de faire de la vente en direct. Douze boxes seront disponibles, de l’électricité, machines à glace et des chambres froides également. Il s’agit pour les instances de donner des moyens supplémentaires à un secteur en souffrance. « Il y avait 1100 pêcheurs il y a 20 ans, aujourd’hui on en compte moins de 500 sur tout le territoire. » Selon le président de la CTM, cette population de marins pêcheurs perdue vient de l’inadéquation des infrastructures, des problèmes de formation et de renouvellement des flottes. « Si cette dynamique continue demain, on pourrait augmenter le nombre de pêcheurs et pas simplement constater impuissant la diminution du nombre de pêcheurs.
Un équipement attendu par les marins-pêcheurs
Comme de nombreux pêcheurs schœlcherois, Arthur Ardin qui fait partie de l’association des marins pêcheurs attend de pied ferme cette nouvelle installation. « L’Apit, c’est incontournable. Cette structure nous permet de développer l’activité pêche. Cela fait des années que nous l’attendons. » Selon le pêcheur expérimenté, l’aménagement confortera la vocation des plus jeunes. « Ces jeunes pour entrer dans la profession sont un peu dans l’expectative mais de voir cet outil, cela leur donne envie d’embrasser la profession. » Malgré cet équipement de confort à venir, Arthur Ardin ne cache pas que le métier reste difficile. « La pêche est une passion. Il faut de la réglementation mais il y a un excès qui est en train d’asphyxier la profession. »

La poursuite de l’aménagement de Fond Lahaye avec l’enrochement notamment entrepris par la commune de Schœlcher est indispensable pour les pêcheurs. « Je suis obligé de prendre une planche à voile pour aller chercher mon bateau pour aller pêcher. » Le marin pêcheur schœlcherois espère profiter de l’Apit pour ses dernières années d’activité. « Je pense que la nouvelle génération va pouvoir entrer tranquillement pour développer l’activité pêche. »
Une livraison prévue pour la fin de l’année
L’Apit de Schœlcher n’est pas le seul à avoir bénéficié de travaux. Diamant, Le Robert, Trinité ou encore Case-Pilote, les 21 autres Apit de la Martinique ont aussi eu droit à un lifting. Si pour certains il s’agissait de travaux d’aménagement en vue de l’amélioration de la structure, pour l’Apit de Schœlcher, il a fallu partir de zéro pour un montant de 2 millions d’euros de travaux. « Un chantier très difficile », de l’aveu de Serge Letchimy. Pour le faire aboutir, il a fallu dénouer les difficultés techniques et conceptuelles. « On mène une bataille pour les ports de pêches et les Apit qui n’est pas visible pour beaucoup de personnes. »
A travers ce chantier, la CTM entend étendre l’autonomie alimentaire. « Si on ne se contente pas de faire de la philosophie et qu’on met en œuvre des objectifs concrets avec l’adhésion de chacun, cela paraît tellement évident. On ne couvre que 20% de notre consommation. » Il poursuit : « Si l’on veut monter à 40%, il ne s’agit pas de prier le Seigneur mais il faut accomplir des actes. La pêche est l’un des éléments de l’autonomie alimentaire. »
L’Apit qui sera sous gouvernance municipale devrait être livré fin 2026.
Laurianne Nomel





