Un mercredi après-midi plein de symboles. Dans la Maison d’Aimé Césaire, route de Redoute, Serge Lecthimy, président du conseil exécutif de la CTM et Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer ont paraphé un accord-cadre visant à formaliser les discussions tendant vers l’évolution institutionnelle de la Martinique.
C’est la Maison d’Aimé Césaire qui a vu la signature de l’accord-cadre entre l’État et la Collectivité territoriale de la Martinique. Naïma Moutchou, ministre de l’Outre-mer et Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM ont apposé très solennellement leur signature à l’accord mercredi après-midi. Un accord qui permet « de formaliser les discussions » pour se diriger vers un pouvoir normatif autonome pour la Martinique. « C’est le début d’un processus qui s’enclenche. C’est un cadre que nous avons mis en place, de clarté, de responsabilité, de transparence vis-à-vis des Martiniquais », explique Naïma Moutchou. Cet accord marque l’entame des discussions liées à l’évolution institutionnelle du territoire. La ministre de l’Outre-mer a tenu à « rassurer les Martiniquais. Ces discussions ne nous empêcheront pas d’agir sur les problématiques du quotidien. » En effet, sargasses, vie chère, montée de la violence, narcotrafic, les dossiers s’empilent. « Ce sont des priorités d’action pour nous, l’État en lien avec les élus et les collectivités locales. » Cet accord qui permet de donner un cadre aux discussions d’évolution institutionnelle répond à des thématiques choisies comme priorités par les élus locaux. « C’est à l’unanimité que les élus martiniquais ont souhaité ces discussions. C’était une manière aussi d’avancer et de fixer les règles du jeu. »
Une signature symbolique dans un cadre symbolique.
À l’approche des élections présidentielles, Naïma Moutchou assure qu’il s’agit d’un accord « plein et entier. Je ne lui retire aucune valeur parce qu’il y aura des échéances dans quelques mois. C’est la parole de l’État. Elle poursuit : « Je crois à la continuité de l’État et j’espère que dans les mois à venir, les discussions continueront avec ceux qui nous succéderont. C’est aussi une question de crédibilité pour les gouvernements qui arriveront. »
Dès septembre, la ministre souhaite engager des discussions par thématique. « Nous avons accompli un travail préalable avec la direction générale des Outre-mer pour, compétence par compétence, commencer à discuter, mettre les choses sur la table et avoir les débats que nous devons avoir. »
Serge Letchimy se félicite que l’Appel de Fort-de-France ait été entendu quatre ans après. « Cet Appel a joué un rôle fondamental. Il a interpellé l’État sur la modernisation de ses relations avec les pays d’Outre-mer en respectant le droit de chaque pays d’évoluer différemment. » Le président du conseil exécutif de la CTM affirme qu’il n’est pas question de sortir de la République ni d’ignorer les Martiniquais. Après ces discussions entre la CTM et l’État, une consultation auprès de la population martiniquaise aura lieu sur l’enjeu de l’évolution institutionnelle du territoire. « Pour ceux qui cultivent la peur : l’égalité des droits, on n’y touche pas. Ce qu’on ajoute, c’est l’existence de nous-mêmes en tant que Martiniquais dans notre singularité, dans notre culture, notre patrimoine. On installe un droit à la différenciation. » Il explique que sans pouvoir normatif, la Martinique n’est qu’un exécutant. Serge Letchimy veut convaincre la population de la nécessité d’une évolution institutionnelle. « C’est une décision fondamentale et essentielle. »
Laurianne Nomel





