Mardi, la Collectivité territoriale de la Martinique a reçu à Cluny, à Fort-de-France une délégation de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs du Parlement européen. L’occasion d’évoquer la vie chère, l’octroi de mer, la transition énergétique ou encore l’intégration de la Martinique dans son espace caribéen.
Il s’agit d’une première. Jamais une délégation européenne d’une telle ampleur ne s’était déplacée en Martinique. C’est une délégation de 24 personnes qui a pris place à l’hôtel de la CTM à Cluny, mardi après-midi. Tous font partie de la commission du Parlement européen du marché intérieur et de la protection des consommateurs. Durant deux heures, la délégation est venue écouter.
Protéger la production locale
Cette oreille tendue de l’Europe a été saisie comme une véritable opportunité par la collectivité qui a développé quatre thématiques dont la nécessité exprimée du maintien de l’octroi de mer. Un levier qui permet selon la CTM de protéger la production locale. Il a longuement été question de transition énergétique, un chemin largement éprouvé par la Martinique qui s’engage dans ce virage vert et de l’intégration économique de la Martinique dans la Caraïbe. Enfin, pour une commission dont l’intitulé comporte « la protection des consommateurs », il a été déroulé un exposé sur la vie chère.

La CTM veut : « Une concurrence effective, des prix justes, la protection des consommateurs et le soutien aux petites entreprises locales. » Le prix de l’alimentaire en moyenne est 40% plus cher que dans l’Hexagone. Face à cela, les revenus dans le territoire sont plus faibles que dans la France hexagonale. De plus, la Martinique importe 87% de ce qu’elle consomme. « Il existe un véritable système d’oligopole : une organisation de quatre grands groupes qui représentent plus de 80% du marché qui sont organisés en myriade de petites entreprises toutes filiales de ces grands groupes. »
« Nous comprenons les difficultés auxquelles la Martinique fait face »
Nikola Minchev, député européen et vice-président de la délégation est venu prendre le pouls du territoire. L’initiative de cette rencontre est d’ailleurs partagée par l’Europe et la Martinique. « Il est important pour nous de comprendre comment le marché unique fonctionne dans les régions ultrapériphériques de l’UE », explique le député européen. Il ajoute : « Nous comprenons les difficultés auxquelles la Martinique fait face à cause de l’éloignement avec le continent européen. L’objectif de notre mission est de savoir comment nous pouvons adapter notre législation ou nos politiques pour que des régions comme la Martinique puissent relever ses défis. » Une visite qui selon Nikola Minchev ne sera pas un coup d’épée dans l’eau. « Quand nous travaillerons sur la loi au Parlement européen, nous prendrons en compte les arguments et les écueils entendus lors de cette réunion. »
Laurianne Nomel





