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Fanm Dijital : la créativité numérique au féminin

Fanm Dijital : la créativité numérique au féminin
novembre 10
09:44 2020
Temps de lecture : 5 minutes

Le concours Fanm Dijital 2020 a récemment vu ses prix être décernés. De quoi s’agit-il ? Initiative de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), ce concours vise à identifier, primer et accompagner les meilleurs projets de création ou développement d’entreprises digitales menés par des femmes.


Une initiative valorisant donc l’entrepreneuriat féminin ainsi que l’émergence d’une économie numérique péyi, et qui est soutenue par un ensemble de partenaires (Préfecture, CCIM via La suite Californie, Crédit Agricole via Le Village by CA, Orange, association Bizness Mam ou encore l’école Infodom). Trois prix étaient ainsi en jeu : le Prix Pépite, pour les projets portés par une ou des étudiantes ; le Prix Coup de Cœur, pour les projets en « phase d’amorçage » ; et le Grand Prix, pour les projets « déjà matures ».

A l’issue de la cérémonie nous avons échangé avec les lauréates du Prix Pépite et du Grand Prix : respectivement Tara Vigilant et Mélody Moutamalle. Deux illustrations de ce que la créativité numérique peut nourrir comme ambitions positives pour autrui et de meilleurs lendemains... .

Tara Vigilant : « CABAS est une solution pour lutter contre le gaspillage alimentaire »

CABAS (l’appli zéro gaspi) a pour noble objectif de lutter contre le gaspillage alimentaire. Son principe ? Après l’avoir téléchargéevous pourrez voir les commerçant.e.s partenaires du dispositif, et surtout les invendus qu’ils et elles proposent. Vous pourrez ainsi réserver les produits qui vous intéressent, et bénéficierez de prix réduits. Tara Vigilant, étudiante en communication âgée de 19 ans – et vivifiante créatrice de CABASnous en dit plus.

Antilla : Objectivement vous vous attendiez à être la lauréate de ce Prix Pépite ?

Tara Vigilant : C’est une surprise, même si j’avais énormément confiance en mon projet. Pour moi il n’y avait pas d’autre solutionque de gagner (sourire) alors je m’en suis donnée les moyens. Donc une surprise oui, mais j’étais convaincue de remporter ce Prix Pépite.

Qu’est-ce qui vous rendait aussi sûre de vous ?

C’est un projet très important pour moi. J’y ai mis tout mon cœur, tout mon amour ; ça fait déjà deux ans que j’y travaille. Pour moi c’était vraiment un tremplin ; il fallait que j’y arrive.

Le mot « tremplin » m’interpelle : quelle est donc la prochaine étape pour vous ?

Evoluer, faire des choses concrètes, il n’y a pas encore l’application, pas encore de partenaires, etc. L’objectif c’est le jour où l’application sera lancée, où les personnes l’utiliseront pour acheter des invendus. Ce jour-là, on pourra parler d’objectif atteint.

D’où vous vient cette volonté de lutter contre le gaspillage alimentaire ?

Ce concept existe déjà en France hexagonale, et je ne comprenais pas pourquoi on ne s’y intéressait pas en Martinique. Quand j’ai commencé à faire mes recherches il n’y avait aucun document sur le gaspillage alimentaire ici. Ce n’est que l’an dernier ou il y a quelques mois qu’il y a eu des statistiques*. Il fallait que quelqu’un le fasse, etje me suis portée volontaire (sourire).

Et les comment sont ces statistiques ? Effrayantes ?

Pas effrayantes mais du gaspillage alimentaire reste du gaspillage. Et comme je le dis dans mon slogan : aucun invendu ne mérite de rester sur sa fin (sourire).

Si vous deviez présenter CABAS en quelques mots, que diriez-vous ?

C’est une solution pour lutter contre le gaspillage, mais c’est aussi une plateforme pour éduquer et sensibiliser à tout l’univers éco-responsable. Cela commence par la nourriture, parce que tout le monde mange et aime manger.

                                                         Propos recueillis par Mike Irasque

*29 kilos de nourriture (par personne et par an) sont gaspillés dans les foyers de Martinique, et il y a 68 kilos de pertes (par entreprise et par an). (source : CTM, 2019)

Mélody Moutamalle : « Limiè Kilti promeut l’Histoire de la Martinique à travers les réseaux sociaux » 

Développer des « concepts culturels » valorisant notre Histoire etpatrimoine : telle est l’une des ambitions de Limiè Kilti, le projet ayant remporté le Grand Prix du concours. Entreprise de médiation culturelle, Limiè Kilti entend également, des mots de sa créatrice et lauréate Mélody Moutamalle, lancer une application regroupant des podcasts* de conteurs et conteuses, « qui raconteront notre Histoire d’une autre manière, avec leur imaginaire. » Une application qui devrait également impulser unecollection de livres audio, à caractère historique, pour enfants. Les projets ne manquent donc pas pour Limiè Kilti. Entretien à chaud.

Antilla : Objectivement vous vous attendiez à remporter le Grand Prix de ce concours ?

Mélody Moutamalle : Pas du tout. Et c’était le premier concours auquel je participais. La culture, l’Histoire et son apprentissage me passionnent totalement, sont primordiales pour moi ; c’est pourquoi j’ai proposé ce projet Limiè Kilti, qui est une entreprise de médiationculturelle, de rédaction et recherche historique. Et qui promeut l’Histoire de Martinique à travers les réseaux sociaux.

Uniquement via ces canaux-là ?

Oui car il s’agit de digitaliser l’Histoire. J’accorde beaucoup d’importance à partager des moments historiques, des anecdotes de ma grand-mère, ma grande tante, de personnes qui sont autour de moi pour faire les autres profiter de cette richesse, qui est très dense et importante dans ma vie (sourire). Donc on peut me retrouver sur Twitter, Instagram, Facebook et Linkedin, avec des anecdotes mais aussi des faits historiques. Et bientôt sur un blog qui s’appelle Pitak, comme le tak-pitak-tak’ qui a bercé mon enfance (sourire).

Pourquoi avoir spécifiquement choisi les réseaux sociaux ? Pour apporter une plus-value informative sur des thématiques historiques où on lit parfois tout et n’importe quoi sur ces réseaux ?

Oui mais en deuxième zone. Vraiment la première mission est de partager l’Histoire, parce que je me suis rendue compte qu’il y a des personnes qui n’ont pas nécessairement le recul car notre Histoire est vraiment douloureuse, et c’est parfois assez difficile de la cerner. Et vu que je fais des études en Histoire antillaiseplus précisément sur les thématiques muséales, mémorielles et patrimonialesmartiniquaises – j’ai voulu apporter cette plus-value sur les réseaux sociaux, qui me passionnent. Et une fois de plus, partager ces faits de notre Histoire martiniquaise avec le plus grand nombre.

Mais qu’est-ce qui vous passionne à ce point dans les réseaux sociaux ?

(sourire) La création. Le fait de pouvoir créer des contenus qui me ressemblent, qui plaisent et sont interactifs. Cela me passionne de voir les partages, les débats que je peux susciter, par exemple sur le mot ‘créole’. J’aime beaucoup cette instantanéité des réseaux sociaux. Alors c’est vrai que c’est à double tranchant : on peut faire le buzzmais aussi le bad buzz (ce type de « célébrité » dont on se passevolontiers, ndr) mais il faut savoir rebondir. Et quand on connait les réseaux sociaux, on peut arriver à faire de très belles choses.

Quelle est la prochaine étape pour Limiè Kilti ? Celle que vous aimeriez voir se concrétiser le plus vite possible ?

Mettre Pitak en ligne. Avec la personne qui s’occupe de mon blognous sommes en train de mettre en ligne des articles à caractère scientifique mais à la portée de tous, pour que Pitak puisse voir le jour.

Comme vous le dites avec humour vous êtes « presque historienne » : sans trop en dévoiler, pouvez-vous nous en dire davantage sur vos sujets d’études ?

Je travaille sur la fondation des musées martiniquais, du premier jusqu’au dernier, et sur cet outil muséal de diffusion culturelle : comment les politiques l’utilisent. J’ai donc travaillé sur la politique muséale des Conseils général et régional – et là j’observe pour la CTM – mais également au niveau des privés : qu’est-ce qu’un musée pour eux ? Quelles sont les missions de leurs musées ? Quelle est l’utilité de muséifier un pan de l’Histoire ? Ce sont donc toutes ces questions que je me pose. Et c’est à la fois historique et sociologique.

                                                           Propos recueillis par Mike Irasque

*La lauréate du Prix Pépite devrait recevoir 1500 euros, un mentorat par Bizness Mam, un « pack photos professionnelles » assuré par la CTM et un accompagnement par le cabinet conseil d’expertise-comptable KPMG. La lauréate du Grand Prix devrait elle recevoir 2500 euros, un accompagnement d’un an au Village by CA, ce « pack photos professionnelles » et cet accompagnement par le cabinet KPMG.

*Un podcast est un contenu audio et/ou vidéo que l’on peut télécharger.


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