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Fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 : l’UE parle de « sabotage »

Fuites sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 : l’UE parle de « sabotage »
septembre 28
14:43 2022

Plusieurs explosions ont touché les pipelines de la mer Baltique lundi 26 septembre, provoquant d’importantes fuites de gaz détectées par les autorités danoises et suédoises. L’Union européenne a promis la « réponse la plus ferme possible » à ce « sabotage« , tandis que Moscou rejette toute responsabilité.

« Sabotage ? Attentat ? Coup monté du Kremlin ?« , s’interroge Libération. « Les spéculations vont bon train après la découverte de trois fuites au large de l’île danoise de Bornholm sur les gazoducs russes actuellement en stand-by au fond de la mer Baltique, Nord Stream 1 et 2« , poursuit le quotidien français.

« Les gazoducs Nord Stream ont peut-être été endommagés par des attentats ciblés et ont donc fui« , remarque le quotidien allemand Der Tagesspiegel. D’autant que plusieurs pics sismiques ont été signalés lundi 26 septembre autour des gazoducs Nord Stream, entraînant « des chutes de pression spectaculaires » [The Guardian]. Des fuites de gaz qui devraient durer « au moins une semaine » ont estimé les autorités danoises, jusqu’à ce que tout le gaz soit sorti des deux ouvrages [20 Minutes].

La mise en service du gazoduc Nord Stream 2 avait « été suspendue en représailles à l’invasion de l’Ukraine » fin février, explique La Tribune. Quant à Nord Stream 1, le quotidien indique que le géant des hydrocarbures russe Gazprom avait « progressivement réduit les volumes de gaz livrés jusqu’à la fermeture complète du gazoduc fin août« . Pour autant, « tous les deux sont encore remplis de gaz« , précise France info.

Responsabilité russe ?

La rupture « d’un gazoduc, dont les parois sont constituées de 12 centimètres de béton et d’acier, semble peu plausible, a fortiori si l’incident a lieu à différents endroits le même jour« , considère Le Monde. Selon le journal du soir, « l’importance des explosions – l’une d’elles était d’une puissance équivalente à 100 tonnes de TNT, selon les relevés effectués par les sismologues – laisse également peu de doute sur le caractère volontaire des détonations« .

« La Russie, vers laquelle se tournent tous les regards, a démenti être à l’origine du sabotage. Mais elle est la seule à être en capacité et avec une bonne raison de le faire : accentuer la panique sur le marché de l’énergie européen à l’approche de l’hiver« , estime Pierre Haski pour France inter. Celui-ci note par ailleurs qu’au « moment où Nord Stream était endommagé, la Pologne célébrait l’ouverture d’un gazoduc en provenance cette fois de la Norvège, pays membre de l’Otan et producteur de gaz offshore« .

L’incident a en effet conduit à une nouvelle hausse des prix de l’énergie en Europe. « Les marchés ont réagi avec nervosité face à ces mystérieux accidents. Le contrat gazier européen pour le mois prochain a bondi de 22 % aux Pays-Bas en séance mardi, à plus de 210 euros le mégawattheure » [Les Echos].

L’UE accuse, la Russie nie

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen évoque un « sabotage » [France info]. Elle a exigé mardi soir que toute la lumière soit faite sur ces évènements, ajoutant que « toute perturbation délibérée de l’infrastructure énergétique européenne active est inacceptable et entraînera la réponse la plus ferme possible« , rapporte 20 Minutes. La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait affirmé plus tôt dans la soirée : « ce sont des actions délibérées, ce n’est pas un accident » [Le Monde]. De son côté, la Russie rejette toute responsabilité. Le Kremlin s’est dit au contraire « extrêmement préoccupé » par l’accident, ajoutant qu’il ne fallait exclure « aucune » explication, y compris l’hypothèse d’un sabotage [Les Echos].

Mais en raison du contexte géopolitique, Moscou est le principal suspect, accusé d’augmenter ainsi la pression sur les Européens. Dès lors, « plus personne n’exclut que la Russie s’en prenne aux infrastructures des pays de l’Otan qu’elle considère comme son véritable ennemi en Ukraine« , d’après Pierre Haski [France inter]. Une perspective qui serait une « escalade considérable« , mais « conforme à la fuite en avant » dont témoignent la mobilisation partielle et les référendums d’annexion dans les zones occupées du Donbass, où le oui l’a emporté « sans surprise » mardi 27 septembre.


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