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LA VÉRITÉ CACHÉE SUR L’ESCLAVAGE : L’HISTOIRE GÊNANTE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE ET DE L’ESCLAVAGE DANS LE MONDE :

LA VÉRITÉ CACHÉE SUR L’ESCLAVAGE :  L’HISTOIRE GÊNANTE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE ET DE L’ESCLAVAGE DANS LE MONDE :
mai 24
04:14 2021
Temps de lecture : 11 minutes

Le mot esclave vient du mot Esclavon ou Slave parce qu’au début du Moyen-Âge, les Vénitiens vendaient en grand nombre des païens de Slavonie ou d’Europe orientale aux arabes, lesquels faisaient une grande consommation d’esclaves blancs tout autant que de noirs.

L’esclavage est une pratique observée depuis les civilisations antiques.

Celles de Mésopotamie, d’Inde et de Chine employaient des esclaves soit à des tâches domestiques, soit à de grands travaux de construction ou d’agriculture.

Les Égyptiens utilisaient des foules d’esclaves pour construire leurs palais et monuments royaux.

Dans la Grèce antique, les esclaves, nombreux, varient au rythme des guerres et des besoins en main d’œuvre.

L’historien Raymond Descat affirme qu’au IVème siècle avant notre ère, Athènes comptait près de 250 000 esclaves, soit un habitant sur deux.

Au XVIème siècle, la colonisation du Nouveau Monde a suscité de nouveaux besoins de main-d’oeuvre.

Ne trouvant plus assez de ressources chez les amérindiens et du vieux continent, les Européens ont fait venir des esclaves d’Afrique, où ils n’avaient guère de peine à trouver des vendeurs (marchands arabes ou roitelets noirs).

Aux Temps modernes (XVII et XVIIIème siècles), le développement de la traite atlantique a conduit à assimiler les esclaves aux noirs d’Afrique et suscité en Occident le développement du racisme et du mythe de la supériorité de la race blanche.

Les gouvernements ont choisi d’encadrer l’esclavage pour en limiter les abus, faute de pouvoir l’interdire.

C’est ainsi que le fils du grand Colbert, ministre de Louis XIV, édicta en mars 1685 un texte réglementaire plus tard appelé ‘Code Noir‘.

Chacun devait laisser partir libres son esclave et sa servante hébreux
et ne plus contraindre à l’esclavage un Juif, un de ses frères.
Tous les chefs et tout le peuple qui avaient accepté l’alliance furent attentifs
à LAISSER PARTIR LIBRES chacun son esclave et sa servante et à ne plus les contraindre à l’esclavage.
Ils tinrent parole et les renvoyèrent, mais ensuite ils changèrent d’avis :
ils reprirent les esclaves et les servantes qu’ils avaient affranchis et les forcèrent à redevenir esclaves et servantes.
Bible Jérémie 34 verset 9 à 11

Après la seconde Guerre mondiale, l’influence des idées démocratiques a conduit à son abolition dans l’ensemble des États.

Les derniers pays à l’abolir officiellement ont été deux pays arabo-musulmans : l’Arabie Saoudite en 1962 et la Mauritanie en… 1980.

Il n’empêche que l’on assiste en ce début du XXIème siècle à un retour de l’esclavage dans de vastes parties du monde, en particulier en Afrique noire depuis la vague de décolonisation des années 1960, mais aussi dans certains pays arabo-musulmans comme en Libye, dans le sous-continent indien, le Moyen-Orient, dans certaines régions chinoises et même en Europe.

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Le Coran, entérine l’existence de l’esclavage tout comme d’ailleurs les textes bibliques.

Notons que le premier muezzin (chargé de lancer l’appel à la prière) désigné pour l’appel à la prière est un esclave noir du nom de Bilal, originaire d’Éthiopie.

Très tôt, du fait de la rapidité même de leurs conquêtes, les arabes vont se heurter à une pénurie d’esclaves.

Comme ils ne peuvent asservir les populations des pays soumis à leur loi, ils se voient dans l’obligation d’importer en nombre croissant des esclaves des pays tiers.

L’esclavage devient rapidement l’un des piliers de l’économie de l’empire Abasside de Bagdad du fait de très nombreuses prises de guerre et de l’avènement d’une très riche bourgeoisie urbaine.

Les harems du calife et des notables de Bagdad se remplissent de Circassiennes.

Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXème siècle d’alimenter les harems orientaux en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie.

  • La traite orientale, à destination du monde arabo-musulman : 17 millions de personnes
  • La traite intra-africaine : 14 millions de personnes, dont une partie revendue à des européens ou des arabes
  • La traite occidentale (ou atlantique) : 11 millions de personnes, dont l’essentiel à partir de la fin du XVIIème siècle
  • Traite atlantique : 11,7 millions
  • Traite transsaharienne : 7,4 millions
  • Traite orientale : 4,28 millions

Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife recourent à d’innombrables esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves sont en général castrés et maltraités.

La traite arabe a commencé en 652, soit 20 ans après la mort de Mohamed, lorsque le général arabe Abdallah Ben Saïd a imposé aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an.

La convention, très formelle, s’est traduite par un traité entre l’émir et le roi de Nubie Khalidurat.

Ce trafic n’a cessé dès lors de s’amplifier – Les musulmans à peau claire de la frange sahélienne (Fellata, Touaregs, Toubous…) ont multiplié les attaques contre les villages des Bantous de la forêt et enlevé les meilleurs éléments pour les vendre aux habitants de l’empire Ottoman ou du Maroc.

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En Afrique, dans toute la frange sahélienne au sud du Sahara (Mauritanie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan), de sanglantes tensions perdurent entre les descendants d’esclaves et leurs anciens propriétaires, généralement des nomades musulmans à peau claire.

Dans les années 1990, les commerçants mauritaniens du Sénégal ont été ainsi victimes de violences meurtrières de la part d’émeutiers noirs qui les ressentaient comme liés aux anciens trafiquants d’esclaves…

Les Français s’installent au XVIIIème siècle, dans l’ancienne colonie hollandaise de Maurice et baptisent Ile de France cette escale qui facilite et protège la route de leurs bateaux vers l’Inde.

L’adaptation du Code Noir à l’usage des Mascareignes, en 1723, favorise l’arrivée de milliers d’esclaves provenant en majorité de l’île de Madagascar et de l’Afrique orientale.

L’île cultive le café et les plantes à épices, exploite le bois puis se lance, dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, dans la culture lucrative de la canne à sucre, grande consommatrice de main d’œuvre. La population de l’île passe d’un millier d’habitants en 1735, à 20 000, en 1767, dont 15 000 esclaves.

En 1796, lorsqu’arrive l’expédition du gouvernement français porteuse du décret d’abolition de l’esclavage de 1794, les commissaires du gouvernement sont contraints de rembarquer et le système esclavagiste est maintenu.

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