26 mars 2020 — La pandémie de COVID-19 est une épreuve pour l’humanité. Mais elle lui donne aussi l’occasion de se montrer solidaire et de transformer cette crise en un élan planétaire pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030.

« Nous devons nous assurer que les leçons sont retenues et que cette crise représente un tournant décisif pour la préparation aux urgences sanitaires et pour l’investissement dans les services publics essentiels du XXIème siècle », a récemment plaidé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre les acquis obtenus par le biais des investissements dans l’action humanitaire et des Objectifs de développement durable », a-t-il insisté mercredi en présentant un plan de réponse humanitaire mondial, destiné à combattre la maladie dans les pays les plus vulnérables. Une façon de rappeler que ces objectifs et la lutte contre le nouveau coronavirus sont intimement liés.

Démonstration par l’exemple :

Objectif 1 : Pas de pauvreté

Une fois cette crise surmontée, « la reprise ne doit pas se faire sur le dos des plus pauvres – et nous ne pouvons pas créer une légion de nouveaux pauvres », a assuré M. Guterres, saluant les mesures de protection sociale, « comme des dons en espèces ou le revenu universel », prises par certains pays pour venir en aide aux populations vulnérables. En savoir plus sur l’objectif 1

Objectif 2 : Faim « zéro »

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est en première ligne pour répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels de 87 millions de personnes pauvres, marginalisées et affamées, privées le plus souvent de protections contre la pandémie. Tout en intensifiant ses programmes d’aide alimentaire, il renforce son appui logistique à l’ensemble de la communauté humanitaire qui lutte contre la propagation du virus. L’agence vient ainsi de livrer des équipements sanitaires et de protection dans 67 pays. Le PAM s’emploie d’autre part à prépositionner des stocks de nourriture pour fournir au moins trois mois d’aide alimentaire aux personnes vulnérables dans différents pays prioritaires. Pour assurer la poursuite de ces opérations vitales, il appelle ses partenaires gouvernementaux à confirmer leurs contributions à hauteur de 1,9 milliard de dollars. En savoir plus sur l’objectif 2

Objectif 3 : Bonne santé et bien-être

La pandémie « s’accélère », a averti mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il a en effet fallu 67 jours, à partir du premier cas signalé, pour atteindre 100 000 cas, 11 jours pour atteindre 200 000 et seulement quatre jours pour atteindre 300 000 cas. Alors que plus d’un milliard de personnes ont été appelées à rester chez elles dans plus de 50 pays et territoires, l’agence onusienne est à la pointe des actions menées pour enrayer et supprimer la pandémie, notamment par le biais de recommandations et d’un soutien aux réponses des gouvernements. Elle vient également de lancer une campagne de sensibilisation mondiale aux gestes qui protègent, en collaboration avec la Fédération internationale de football (FIFA).

Pour vaincre la maladie, a indiqué son Directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, « nous devons attaquer le virus avec des tactiques agressives et ciblées, tester chaque cas suspect, isoler et prendre soin de chaque cas confirmé, rechercher et mettre en quarantaine tous les contacts étroits ».

Tout en travaillant avec ses partenaires sur une vingtaine de vaccins potentiels, l’agence a lancé une vaste étude internationale, l’essai « Solidarity », qui vise à comparer différents traitements pour en déterminer l’efficacité et l’innocuité face à la COVID-19. Les travaux se concentrent notamment sur quatre thérapies utilisées pour d’autres affections mais jugées prometteuses : le remdesivir, le composé ritonavir/lopinavir, le mélange ritonavir/lopinavir avec interféron bêta, et la chloroquine. En savoir plus sur l’objectif 3

Objectif 4 : Education de qualité

Plus de 1,25 milliard d’enfants et de jeunes – soit les trois-quarts de la population mondiale d’âge scolaire – n’avaient plus accès à leurs établissements d’enseignement mercredi, la fermeture des écoles et universités ayant été instaurée au plan national dans 124 pays et localement dans de nombreux autres. Pour faire face à ces fermetures, dont l’ampleur et la rapidité représentent un défi sans précédent pour le secteur de l’éducation, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a créé un groupe de travail COVID-19 chargé de fournir des conseils et une assistance technique aux gouvernements qui s’efforcent de dispenser un enseignement aux élèves temporairement déscolarisés. L’agence lance également une Coalition mondiale COVID-19 pour l’éducation réunissant des partenaires multilatéraux et le secteur privé afin d’aider les pays à déployer des systèmes d’apprentissage à distance. En savoir plus sur l’objectif 4

Objectif 5 : Egalité entre les sexes

La pandémie a des conséquences sociales qui affectent en premier lieu les femmes.  À l’échelle mondiale, celles-ci représentent 70% des travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux et sont donc particulièrement exposées aux risques de contamination.  En outre, « la charge des responsabilités familiales, déjà disproportionnée en temps normal, continue de reposer sur elles », a averti la Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité de sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), Phumzile Mlambo-Ngcuka. De surcroît, « la majorité des femmes travaillent dans l’économie informelle, ce qui signifie que leur revenu est précaire et qu’elles bénéficient d’une assurance maladie généralement inadaptée, voire inexistante ». Dans la situation d’urgence actuelle, ONU-Femmes travaille en étroite collaboration avec l’OMS et d’autres agences et équipes pays de l’Organisation pour renforcer la réponse coordonnée à la COVID-19. L’agence s’appuie aussi sur les réseaux existants d’organisations dirigées par des femmes.  En savoir plus sur l’objectif 5

Objectif 6 : Eau propre et assainissement

Alors que le monde entier est sommé de se laver les mains pour lutter contre la pandémie, l’ONU a   rappelé dimanche qu’environ 2,2 milliards de personnes ne disposent pas d’un accès à l’eau potable et que 4,2 milliards – soit plus de la moitié de la population mondiale – sont privées de systèmes d’assainissement sûrs. Dans son nouveau rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau, publié à l’occasion de la Journée internationale de l’eau, ONU-Eau met en garde contre une détérioration de la situation due aux changements climatiques, lesquels affectent la disponibilité, la qualité et la quantité d’eau nécessaires aux besoins élémentaires. Le rapport prévient qu’un tel recul risque d’entraver l’Objectif 6 du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui vise à garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous d’ici dix ans. Il rappelle aussi que l’eau et le savon sont essentiels pour contenir la propagation du virus, ainsi que d’autres maladies infectieuses.
En savoir plus sur l’objectif 6

 

« Si nous prenons les mesures qu’il faut, la reprise pourrait emprunter une voie plus durable et plus inclusive. Mais si les politiques sont mal coordonnées, les inégalités déjà insoutenables risquent de s’enraciner et de s’aggraver encore ». — António Guterres

 

Objectif 8 : Travail décent et croissance économique

L’Organisation internationale du travail (OIT) estime que la crise économique générée par la pandémie pourrait entraîner une hausse du chômage pouvant aller jusqu’à 25 millions de personnes dans le monde.  Elle anticipe aussi une baisse du revenu des travailleurs susceptible d’atteindre 3 400 milliards de dollars. Des chiffres vertigineux qui risquent pourtant de « sous-estimer la force de l’impact », a averti aujourd’hui Guy Ryder, Directeur général de l’OIT, rappelant que « seule une personne sur cinq » peut aujourd’hui bénéficier d’indemnités de chômage. Selon lui, il existe une chance de sauver des millions d’emplois si les gouvernements agissent pour « assurer la continuité des opérations des entreprises, éviter les licenciements et protéger les travailleurs vulnérables ». Plaidant pour des aides aux revenus, des indemnités temporaires, des crédits d’impôts pour les travailleurs indépendants et un soutien financier aux entreprises, il a appelé à une « action décisive au niveau multilatéral », en soutien des mesures prises sur le plan national. Pour M. Ryder, le sommet virtuel extraordinaire du G20 organisé aujourd’hui « constitue l’occasion d’enclencher cette réponse coordonnée ». En savoir plus sur l’objectif 8

Objectif 10 : Inégalités réduites

« Si nous prenons les mesures qu’il faut, la reprise pourrait emprunter une voie plus durable et plus inclusive. Mais si les politiques sont mal coordonnées, les inégalités déjà insoutenables risquent de s’enraciner et de s’aggraver encore », a mis en garde le Secrétaire général de l’ONU. Pour l’heure, le plan mondial de réponse humanitaire lancé par les Nations Unies vise à venir en aide aux personnes « ultra-vulnérables ». Supervisé par le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), ce plan est soutenu par les agences du système onusien, notamment l’OMS, le PAM, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). A la tête de ce dernier, Filippo Grandi s’est déclaré préoccupé par les conséquences des fermetures de frontières pour les personnes fuyant les conflits. « Ces mesures ne devraient pas avoir pour effet de fermer les voies d’accès aux régimes d’asile, ni de forcer des civils à retourner vers des situations de danger », a-t-il soutenu, ajoutant que des solutions existent, à commencer par les tests et le placement en quarantaine. En savoir plus sur l’objectif 10

Objectif 13 : Lutte contre les changements climatiques

Pour vaincre la pandémie et sortir renforcés de cette crise, « nous avons un cadre d’action – le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur les changements climatiques », a indiqué le Secrétaire général de l’ONU. « Nous devons tenir nos promesses pour les populations et la planète ». En savoir plus sur l’objectif 13