ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

Les « spirituals », les chants d’esclaves à l’origine de la musique gospel

Les « spirituals », les chants d’esclaves à l’origine de la musique gospel
août 03
00:56 2022
par Pierre Ancery – Retronews.fr  

A l’origine chants religieux des esclaves noirs des États-Unis, les spirituals sont popularisés en France, sous leur forme enregistrée, dans l’entre-deux guerres. La presse s’intéresse alors à cette musique venue d’outre-Atlantique.

Également appelé negro spiritual, le spiritual est un genre musical né au XIXe siècle parmi les esclaves afro-américains. Issu du mélange entre des traditions musicales africaines et européennes, il est marqué par la dominante religieuse des paroles. Chants d’espoir, les spirituals sont d’abord un dialogue avec Dieu : ce sont des cantiques, qui font référence dans leur majorité à l’Ancien Testament.

Mais la plupart évoquent aussi, en filigrane, les conditions de vie abominables des esclaves noirs aux États-Unis, pays où l’esclavage demeura en vigueur jusqu’en 1865. Entonnés en chœur ou sur le mode de la « question-réponse », les spirituals sont à l’origine des work songs, chantés pour rythmer le travail dans les champs. Les nombreuses références qui y sont faites à l’oppression du peuple hébreu, tirées de la Bible, font ainsi écho aux souffrances présentes des esclaves.

Les spirituals vont devenir, à la fin du XIXe siècle, la musique emblématique des Noirs américains. Certains de ces chants deviendront célèbres : « Sometimes I Feel Like A Motherless Child », « When The Saints Go Marching In », « Deep River »…

Le premier ensemble choral à populariser les negro spirituals est celui des Fisk Jubilee Singers. Formé en 1871 et dirigé par un chef de chœur blanc, George White, ce groupe de chanteurs et chanteuses a cappella (quatre hommes et cinq femmes afro-américains, anciens esclaves pour la plupart) va produire une version arrangée des chants traditionnels, afin de coller aux goûts du public de l’époque.

L’ensemble se produit d’abord aux États-Unis, notamment le long de la Underground Railroad (route secrète des esclaves en fuite vers le Nord). Puis les Fisk Jubilee Singers voyagent en Europe, où ils rencontrent un vif succès, jouant même devant la reine Victoria en 1873.

Le 11 mai 1878, la presse strasbourgeoise rend ainsi compte de leur concert à l’église Saint-Pierre-le-Vieux :

« Le concert des Jubilee Singers nègres avait attiré mercredi, a l’église Saint-Pierre-le-vieux, un public énorme, et la recette a atteint tout près de 3000 fr. L’auditoire a écouté et sincèrement admiré les chanteurs (sept femmes et quatre hommes), qui ont exécuté des chœurs, des hymnes populaires américains et anglais, et des chants d’esclaves proprement dits.

Les voix sont justes, pures, métalliques et guidées par un sentiment musical d’autant plus profond qu’il est instinctif. La société nègre a obtenu un vif succès, qui infailliblement se renouvellera jusqu’à leur retour de Suisse. »

LA SUITE SUR RETRONEWS EN CLIQUANT ICI


Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /homepages/39/d698375107/htdocs/backup2311/wp-content/themes/legatus-theme/includes/single/post-tags.php on line 5
Partager

Articles semblables

0 Commentaires

Aucun commentaire encore!

Il n'y a aucun commentaire pour le moment, voulez-vous en ajouter un?

Ecrivez un commentaire

Ecrivez un commentaire

Laissez votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Statistique du site sur 1 an

  • 474 473 visites

archives

CONFÉRENCE-DÉBAT

En vente en kiosque ou maintenant en cliquant sur l’image

Antilla de cette semaine à lire de suite en s’abonnant…

POur la réalisation de vos spots pub…et bien plus

NOS DIFFÉRENTES RUBRIQUES

%d blogueurs aiment cette page :
Antilla1

GRATUIT
VOIR