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    Home » Moana : «même si c’était dur, c’était la meilleure décision de ma vie»
    Actualité

    Moana : «même si c’était dur, c’était la meilleure décision de ma vie»

    septembre 8, 2020Aucun commentaire
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    Nous publions le dernier portrait d’une étudiante saint-martinoise qui a quitté l’île pour faire ses études.

    • Prénom : Moana

    • Âge : 30 ans

    • Étude : Bachelor en Musique   

    • Lieu de résidence : Los Angeles

    • Ambition professionnelle : Musicienne

     

       Quel est votre parcours ?

    J’ai passé mon bac S en 2007, puis j’ai fini mon bachelor de musique à Berklee College of Music à Boston en 2011. De là, j’ai déménagé à Los Angeles. Depuis, j’enseigne, je suis chanteuse de studio et «songwriter.» Je pars également régulièrement faire des contrats ou des tournées autours du monde.

       Comment avez-vous pris la décision de partir de Saint-Martin pour suivre des études ?

    Berklee est l’école la plus réputée dans le monde pour la musique moderne. De plus, mon prof de piano de Saint-Martin (Paul Emmanuel) a lui-même fait ses études là-bas et m’a beaucoup encouragée. J’ai fait un programme d’été après le bac pour voir comment je m’y sentais. L’école, les profs, le networking, et la ville m’ont convaincue.

       Quand vous avez quitté Saint-Martin, quel a été votre sentiment ?

    C’était dur, honnêtement. Je savais que cette école était pleine des musiciens les plus talentueux au monde et j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Mes parents et mes grands-parents avaient récolté assez d’argent pour payer seulement la première année, donc j’appréhendais aussi les difficultés financières. Au delà de ça, j’étais en couple à ce moment-là et l’idée d’une relation à distance me terrifiait. Et puis, l’obstacle de la langue n’était pas rassurant non plus : mon anglais saint-martinois n’était pas encore à la hauteur pour comprendre les termes techniques, légaux, etc. Je ne savais pas comment fonctionnaient les choses aux USA: entre trouver un appartement, ouvrir un compte bancaire ou une ligne téléphonique… Et n’ayant jamais vu la neige, j’avais vraiment peur de ne pas pouvoir survivre au climat.

       Avez-vous rencontré des difficultés ? Si oui, lesquelles et comment les avez-vous surmontées ?

    Je suis arrivée en janvier, donc en plein hiver. Mon père est venu avec moi pour m’installer. Je me rappelle lui avoir dit que je ne voyais pas comment j’allais un jour m’adapter à la neige et que je ne pourrais pas supporter ce froid. Ensuite, le problème a été de comprendre comment fonctionnaient les choses hors de l’école: j’avais quelques jours pour tout mettre en place et je ne comprenais strictement rien sur le baille de mon appartement, mon contrat de téléphone, mon assurance santé, etc. Une fois que les cours ont commencé, j’avais un complexe d’infériorité alors je passais des nuits blanches à étudier. Et puis, comme ma situation financière était précaire, j’ai pris des jobs sur le campus, puis un stage, en même temps que les cours, donc je n’avais pas beaucoup de temps libre.

       Depuis que vous êtes parti, quel est votre plus beau souvenir ?

    Même si c’était dur, c’était la meilleure décision de ma vie. Les boulots d’étudiant m’ont appris plein de choses que j’ai pu mettre ensuite sur mon CV. Et j’ai trouvé des bourses, donc j’ai pu finir mes sept semestres et obtenir mon diplôme. J’ai rencontré des gens du monde entier, aussi intéressants que doués. Maintenant, je trouve des contrats n’importe où sur la carte du monde, et il y a toujours quelqu’un que je connais là-bas! Mon souvenir préféré est assez général, mais c’est de pouvoir voyager en faisant ce que j’aime.

       Quels conseils donneriez-vous aux bacheliers saint-martinois qui hésitent à partir ?

    Plus vous avez peur de quelque chose, plus vous apprendrez de l’expérience qui en ressortira. Saint-Martin est un tout petit bout du monde et vous l’apprécierez d’autant plus quand vous aurez vu comment les choses fonctionnent ailleurs. Il n’est jamais trop tard pour revenir si ça ne vous plait pas. N’hésitez pas à contacter des gens sur place ou dans l’école qui vous intéresse pour leur parler de leur expérience.

    (soualigapost.com)

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