Fermer le menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    Transports : reconstruire le réseau Centre avant de choisir son exploitant

    août 15, 2026

    Un équilibre sans coupable, une lecture morale du modèle martiniquais.

    août 15, 2026

    ’hydrologie régénérative

    août 15, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Édito de Henri PIED
      • Ecologie / Environnement
      • Art/Culture
      • Caraïbe
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Patrimoine
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Tribunes
    • Nos dossiers
      • Grandes figures
        • Édouard Glissant
        • Aimé Césaire
        • Frantz Fanon
        • Pierre Aliker
        • Camille Darsières
        • Alfred Marie-Jeanne
        • Patrick Chamoiseau
        • Raphaël Confiant
        • Serge Letchimy
      • Grands enjeux
        • Sargasses
        • Rhum
        • Vie chère
        • La presse en Martinique
      • Portrait ou enquête
    • À propos
      • Qui sommes-nous ?
      • Kit média
    • Contact
    • Changer la langue en English
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Réflexions intempestives sur le cas Henri Grouès
    Actualité

    Réflexions intempestives sur le cas Henri Grouès

    juillet 21, 2024Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp

    Repéré sur le site catholique  Aleteia

     

    Antoine POUPEL/CIRIC

    L’Abbé Pierre à Esteville (76) en 1991.

    Paul Airiau – publié le 19/07/24
    Ancien membre de la Ciase, l’historien Paul Airiau confirme les accusations d’agression sexuelle portées contre l’abbé Pierre, et le silence complice de ceux qui n’ont pas su faire acte d’autorité à son égard. En matière d’abominations humaines, dit-il, tout catholique devrait ne pas être surpris, mais savoir que la justice passe par la vérité.

    Stupeur et tremblement. Enfer et putréfaction. L’abbé Pierre. Eh oui ! l’abbé Pierre. Lui aussi. Un gros cochon. Un beau salaud. Un agresseur. Je ne dirai pas que je suis surpris. Non. Puisque je savais. Je n’ai pas été pour rien membre de l’équipe de recherches socio-historiques de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (2019-2021). J’ai donc appris. J’ai su.

    Un de mes collègues a dépouillé des archives du Centre national des archives de l’Église de France qui concernaient l’abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès, dans les années 1950-début des années 1960. Un certain nombre d’évêques s’inquiétaient fortement de ce qu’on rapportait de l’abbé Pierre, dans son rapport aux femmes. On voulut le contrôler, on le fit soigner en Suisse, on l’expédia au Sahara en désespoir de cause. Sans vrais résultats apparemment.

    Des témoignages cohérents

    De mon côté, j’ai lu. Parmi les quelques 1.200 témoignages écrits reçus par la Ciase, trois mettaient en cause l’abbé Pierre. L’un datait des faits de 1980, l’autre de février 1981, le troisième de 1989-1990. Compulsion sexuelle dans deux cas (un sein saisi brutalement sans signe avant-coureur), emprise sexuelle dans le dernier avec satisfaction par l’abbé de ses pulsions. Trois témoignages cohérents, à vérifier par le biais des archives et informations disponibles. L’un pose un problème de date en attribuant à 1981 ce qui s’est fort vraisemblablement produit en 1984. Cela n’invalide pas irréductiblement le contenu : qui ne commet pas d’erreurs de date sur des événements de sa propre vie, même lorsqu’il s’agit de faits marquants ? Il faut toujours, toujours, toujours se méfier de sa mémoire autobiographique, même lorsqu’on est persuadé qu’elle est bonne.

    Donc, la chose paraît impossible à invalider, un prêtre ayant du mal à contrôler ses pulsions et devenant agresseur sexuel multirécidiviste. Et jusque tard dans sa vie. Faut-il s’en étonner ? Il est des compulsions, des structurations psychiques ou des justifications théologico-spirituelles qui ne se défont jamais et qui se fossilisent avec l’âge. Dans d’autres cas, des imprévus viennent stopper nette une longue carrière agressive. Apparemment, pas chez l’abbé Pierre.

    Dans tous les “camps” et aucune punition

    Fermez le ban, la messe est dite. Henri Grouès ne sera jamais canonisé, on regardera ses biopics d’un autre œil, on ne lira plus ses livres. On s’indignera. On vaticinera, on râlera, on contestera, on protestera, on se lamentera, on hochera la tête d’un air entendu, on pleurera, on s’effondrera. On laissera de côté cette évidence que les choix théologiques, spirituels, ecclésiologiques importent finalement peu : les obsédés, les peloteurs, les tripoteurs, les violeurs se trouvent dans tous les camps et dans toutes les tendances du clergé. À droite, à gauche, au centre, partout — si tant est que ces catégories signifient quelque chose de solide. À l’aune de la déviance sexuelle, il n’y a ni pervers ni indemnes par principe ou a priori. Tous ne meurent pas mais tous peuvent être frappés.

    Personne n’eut le courage de dire publiquement que le roi était nu. Que le roi mobilisait les foules, et bien, pour une noble cause, et que c’était nécessaire, mais qu’il avait un gros problème.

    On ignorera que nul ne fut jamais capable de contrôler l’abbé Pierre à partir du début des années 1950, que personne n’essaya vraiment de se donner les moyens de le faire, que ses supérieurs n’usèrent jamais de la punition canonique, que les responsables d’Emmaüs ne se résolurent jamais à tenter de le neutraliser, que personne n’eut le courage de dire publiquement que le roi était nu. Que le roi mobilisait les foules, et bien, pour une noble cause, et que c’était nécessaire, mais qu’il avait un gros problème.

    Trop d’intérêts en jeu : comment souiller l’icône contemporaine de la charité catholique dans un monde sécularisé, comment saper un tel relais d’influence, comment se résoudre à détruire ce qu’il avait contribué à construire ? Comment toucher à la personnalité préférée des Français, celle qui les faisait se sentir meilleurs, celle qui laissait penser que charité, fraternité et solidarité n’étaient pas de vains mots, puisque l’État ne faisait pas vraiment ce qu’on aurait voulu qu’il fît ? On dédaignera que du point de vue de l’analyse historique, nihil nove sub sole. Bref, on sera humains.

    Là où le péché a abondé

    Heureusement, il y aura l’actualité politique et les faits divers pour distraire quelque peu et fort vite l’attention. Les voies de Dieu sont impénétrables… Mais chez les catholiques, on parlera de « choc ». Non seulement : « encore », mais aussi : « même lui ». Eh oui ! même lui. Ni plus, ni moins que les autres.

    Il paraît, dans le catholicisme, qu’il n’est qu’un seul Saint, qu’on ne fait pas le bien qu’on voudrait et qu’on fait le mal qu’on ne voudrait pas, que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse, que là où le péché a abondé la grâce a surabondé, que Dieu est vainqueur du mal. Il paraît, dans le catholicisme, que l’on sait que l’homme n’est pas transparent à lui-même, qu’il est sauvé mais pécheur et que cela prend du temps que d’accorder sa vie à sa foi. Il paraît, dans le catholicisme et, grâce à Freud, qu’on sait que ça parle en nous jusqu’à submerger le moi et le surmoi. Il paraît. Rien de tout ce qui est révélé en matière d’agression sexuelle ne devrait donc vraiment surprendre un catholique.

    La sagesse de l’historien

    À moins qu’on ait oublié ce que le catholicisme croit. À moins qu’on n’y croie plus. À moins qu’on n’y croie pas. Il n’y aurait ainsi nulle consolation possible. Si tant est qu’il faille être consolé. Il suffit alors de faire de l’histoire. Car, en matière d’abominations humaines, ce qui a existé, c’est cela qui existera et ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera. Nihil nove sub sole. C’était dans l’Ecclesiaste (1, 9). Cela y est encore. C’est de la sagesse ancienne. C’est de la sagesse d’historien. Et je ne dis pas que c’est pas injuste. Je dis que ça soulage — un peu. Cela relativise. Cela dépassionne. C’est déjà ça.

    Et c’est nécessaire, si l’on espère un jour la justice.

    ARTICLES SEMBLABLES

    Transition automobile : pourquoi la réponse hexagonale ne peut être transposée à la Martinique

    août 15, 2026

    BBS (LA MAUNY/TROIS-RIVIÈRES) : derrière la reprise par Les Bienheureux, un lourd défi industriel et financier

    août 14, 2026

    Sécheresse : quand les filières agricoles se serrent les coudes face à l’urgence

    août 13, 2026
    Ajouter un commentaire

    Les commentaires sont désactivés.

    DISPONIBLE EN KIOSQUE
    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Sainte-Lucie- Face à la chaleur et à d’autres pressions qui mettent l’agriculture à rude épreuve, les agriculteurs explorent de nouvelles approches.

    St Lucia Times ParKeryn Nelson À l’issue de deux symposiums agricoles organisés à Dennery et Union, près de Castries, les agriculteurs et autres acteurs du…

    « Que représente la CARICOM pour la jeunesse ? » : La jeunesse caribéenne répond

    août 14, 2026

    Les centres de formation technique et professionnelle de Sainte-Lucie se font l’écho de l’appel régional aux compétences

    août 14, 2026

    Sainte-Lucie lance officiellement une allocation de 1 000 EC$ pour les nouveau-nés

    août 4, 2026

    Les délégués de l’OECO font le point sur les stratégies de gestion des sargasses suite à leur mission dans les territoires français

    août 2, 2026
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE !
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACT
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • ANNONCES LÉGALES
    • À PROPOS D’ANTILLA

    Saisissez votre recherche ci-dessus, puis appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Esc pour annuler.