SUR LA SITUATION POLITIQUE QUE NOUS VIVONS : PRENDRE EN COMPTE LA TOTALITÉ !

SUR LA SITUATION POLITIQUE QUE NOUS VIVONS :  PRENDRE EN COMPTE LA TOTALITÉ !

Groupe Révolution Socialiste.


Lorsqu’une situation est complexe
, la prise en compte de la totalité de ses aspects est la seule façon de voir clair et d’éviter de sombrer dans un opportunisme ou un autre.

Voyons ces éléments sans les hiérarchiser ni oublier leur imbrication

1). Un mouvement martiniquais et mondial de dénonciation du grand mensonge colonial européen (pour l’essentiel), de rétablissement de quelques vérités occultées par les Dominants secoue la planète. Nous disons  Eya ! Woulo ! Bravo ! Nous en sommes partie prenante comme bien d’autres de nos prédécesseurs. Mener ce travail de vérité ne peut aller sans débats et controverses. Refuser ces débats en se prétendant détenteur unique et prétentieux de la vérité, reviendrait à accepter le risque que descontrevérités soient légitimées en lieux et place (et sans une vraie contradiction avec le) du mensongecolonial. Rarement la petite phrase de Lénine a été aussi importante : seule la vérité est révolutionnaire !

2). Ce contexte idéologique enveloppe des sociétés (celles de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane) dans lesquelles le colonialisme est maintenu sous toutes sortes de déguisements avec son cortège de domination sociale, de dépossession politique, de maldéveloppement chronique. Exclusions, inégalités, émigration massive et brouillage de l’horizon (no future !) font injonction de mettre en œuvre des solutions qui passent par le débat et la lutte.

3). Cette situation est surdéterminée par le crime d’État du chlordécone et rendue plus aiguë par les sombres perspectives liées au Covid 19.

4). Les classes sociales niées par beaucoup de discours qui prétendent « rassembler tous les Martiniquais » sont une réalité têtue dont l’ignorance au nom des bons sentiments ne peut conduire qu’à l’impuissance de la majorité. Notre choix politique en faveur du plus grand nombre dont nous faisons partie est indéboulonnable ! C’est une condition de la lucidité sur le passé, sur le présent, sur l’avenir.

5). La prise de conscience de nouvelles fractions de la jeunesse est une chance historique. Comme souvent, des générations militantes nouvelles s’imaginent que tout commence avec elles. Le culte des ancêtres affiché officiellement par elles, ne change rien au fait. Il faut combattre cette idée comme y invitait déjà Frantz Fanon dans une citation régulièrement tronquée et donc falsifiée.

Créer les conditions d’un débat entre les forces combattantes dâges, d’histoires, de traditions idéologiques diverses est une des tâches les plus urgentes de la période. Cela suppose un minimum  de respect entre les personnes.

Soit dit en passant, les jiré manman et les évocations des attributs mâles comme symbole du courage font partie de ce qu’il y a de plus vieux et de plus méprisant voire même de plus esclavagiste de notre histoire.

6). Le mouvement ouvrier syndical et politique n’est pas hors d’atteinte des critiques et des confrontations d’idées pas plus que ne le sont Césaire, Fanon ou les nouveaux « éveilleurs de conscience « . Mais ce mouvement ouvrier doit être considéré comme un atout majeur, voire l’atout principal légué au travers d’immenses sacrifices par les fameux Zanset. C’est de lui que sont venus les historiens qui ont mis notre histoire sur ses pieds, les conquêtes sociales qui nous ont sortis des conséquences les plus lourdes de l’esclavage, les libertés démocratiques constamment menacées et  remises en cause, les premiers balbutiements de la conscience nationale. Chacun doit comprendre que sans ce mouvement ouvrier, sans son amélioration permanente, il n’y aura tout simplement pas d’émancipation. Taire cette vérité pour séduire tel ou telle, ne pas en tirer les conséquences politiques pratiques est irresponsable car cela ne peut conduire qu’à l’échec.

7). Devant les difficultés qui nous font face, la complexité de la situation, l’exigence démocratique et le débat qui va avec, ne sont pas des ornements qui nous viendraient d’un Occident détesté. Là aussi,l’Afrique a été pionnière mais ce n’est pas le propos. La démocratie, c’est le mouvement par lequel les masses populaires qui font l’histoire, arrivent dans la lutte et les débats à forger les instruments, les plate-formes, les projets et les stratégies de leur propre libération.

Ne pas accepter l’humilité que cela commande, c’est prendre le risque de lendemains qui déchantent, c’est s’apprêter à mettre des statues que lon devra déboulonner ou démolir après. Le projet de société démocratique que nous portons ne verra pas le jour si ici et maintenant nous n’adoptons les méthodes susceptibles d’y conduire.

8). Toutes les failles qui apparaîtront dans l’unité d’action des forces progressistes risquent d’être exploitées sans vergogne par le camp d’en face. Ainsi le préfet ne s’est pas gêné pour réaliser une double opération de manipulation de l’opinion . Dimanche 26 juillet, il se paye le luxe de laisser agir en  toute liberté les militant.e.s briseurs de statues avec l’espoir de faciliter la division. Dimanche 2 août, il reprend la main en interdisant des manifestations déjà décommandées par les organisateurs euxmêmes créant un lamentable précédent d’interdiction de rien du tout. (il se trompe bien sûr, s’il croit par ces manœuvres faire oublier les faits d’armes criminels de ses pandores.)

9). Parmi les sujets dont nous devons débattre ensemble, il y a la coincidence de l’urgence martiniquaise et de l’urgence mondiale. Oui la planète brûle ! Oui l’humanité entière est en péril ! Oui le « salut commun » dont Fanon parlait, n’est pas martiniquais, n’est pas africain ! Il est mondial !

Pour l’honneur de notre peuple autant que pour la solution durable de nos propres problèmes, osons nous situer à la hauteur de ces enjeux.

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Blocage d’hyper-marchés, procès de militants, forums, bris de statues, démarches parlementaires :

ENCORE, TOUJOURS ET À NOUVEAU SUR LE COMBAT CONTRE CHLORDÉCONE ET AUTRES PESTICIDES.


Si on écoute le discours public, majoritaire comme minoritaire, tout le monde se bat sur cette tragédie et personne à part soi ne fait rien. Nous aurions pu faire semblant de ne pas entendre la dernière partie de la phrase (personne.. , etc.) et nous contenter du début (tout le monde.. etc). Le problème c’est que les fanfaronades que l’on entend ici et là sont indignes du défi que cette abomination constitue non pas pour tel ou telle mais pour les peuples de Martinique et Guadeloupe toutes générations confondues. Il est bien vrai qu’un chemin a été parcouru depuis les débuts du forum social et des manifestations de popularisation du Lyannaj pou dépolyé Matinik. Sur tous les bords de routes nous n’entendions qu’une seule rengaine : fini épi sa !, I ja tro ta !, pa fatigé nou épi sa !... Aujourd’hui, si on manifeste devant les grandes surfaces, c’est au nom du chlordécone. Si on fait des réunions avec des élus que l’on vilipendait « toutes tendances confondues »-sic !-, c’est au nom du chlordécone. Si on exhibe des missions parlementaires, c’est au nom du chlordécone. Par gentillesse nous nous arrêterons là. Loin de nous, l’idée de dénier la légitimité d’aucun combat contre cette catastrophe. Toutes et tous ont raison de protester, de s’indigner, d’ester en justice, de réclamer. Mais il y a des évidences que nul ne peut nier de bonne foi. Croire qu’un État qui rechigne à traiter comme il convient, un système de santé dont il vient de faire applaudir les acteurs et actrices, va suite à de simples admonestations verbales ou des bris de statues, se  résoudre à mettre sur la table les dizaines de millions nécessaires à la solution de ce problème sans une véritable mobilisation déterminée et prolongée de milliers voire de dizaines de milliers d’entre nous, c’est faire preuve d’une naïveté assez colossale. Pour être à la hauteur du défi c’est d’un nouveau 2009 coordonné entre les deux pays autour d’une plate-forme de revendications étudiées et partagées dont nous avons besoin. Cela suppose autre chose que des guéguerres intestines, des compétitions ridicules, des doublons insensés et des concours de rodomontades. Il y a eu de multiples actions sous des formes diverses et sur différents aspects. Lyannaj pou dépolyé Matinik, regroupement de forces très diverses dont nous faisons partie n’a jamais prétendu être « les seuls qui », les « seules que » et patati, ne s’est jamais décrit comme l’outil parfait disposant de la formule magique, a toujours proclamé sa volonté d’accueillir toutes les forces ou de travailler ensemble avec tous, atoujours cherché et parfois  réussi à mettre ensemble mouvement social et élu e s.

Il est plus que temps de passer de la protestation à l’action concrète pour arracher des points concrets d’une plate-forme concrète. Il est bien difficile de penser quun autre choix existe.


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