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Transport public : « Il n’y a aucun dialogue social dans ces entreprises… »

Transport public : « Il n’y a aucun dialogue social dans ces entreprises… »
mai 19
20:00 2020
Temps de lecture : 4 minutes

Au moment de la rédaction de ces lignes, le transport en commun terrestre a repris sur le territoire martiniquais, notamment dans le Centre. Une semaine plus tôt, la Centrale Syndicale des Travailleurs Martiniquais (CSTM) tenait une conférence de presse dont l’ordre du jour portait notamment sur les conditions de cette reprise du transport public : terrestre et maritime. Une adresse médiatique qui dressa notamment un bien triste « constat » quant au ‘’dialogue social’’ dans certaines entreprises du secteur de la sous-traitance…  

Distanciation sociale respectée (MI)

Dans sa communication aux médias présents, le secrétaire général de la CSTM, Bertrand Cambusy, indiqua notamment qu’en septembre dernier des élections avaient eu  lieu dans quatre entreprises membres du GTAC (Groupement des Transporteurs Associés du Centre), des entreprises par conséquent dotées, poursuivit le syndicaliste, d’instances représentatives du personnel. Mais Bertrand Cambusy de vite ajouter qu’en novembre dernier, la CSTM s’était vue dans la nécessité d’adresser un « courrier par lettre recommandée avec avis de réception, à chacune de ces entreprises », s’étonnant ainsi d’une absence de réactivité des responsables de ces structures, suite à ces séquences électorales. « Il y a eu des élections, vous devez mettre en place la première réunion, dite d’installation », tonna le syndicaliste, « yo pa janmen réponn nou… Yo pa jan fè réinion. Et huit mois après les élections, il n’y a jamais eu de réunion(s) dans aucune de ces entreprises… . » Et le secrétaire général de la CSTM d’en venir à un autre « gros morceau » de sa communication médiatique. Bertrand Cambusy d’indiquer en effet que Martinique Transport, autorité délégante du transport sous nos cieux, avait « payé l’intégralité du montant de sa prestation habituelle » pour le mois de mars dernier, à des entreprises de transport, et que ces entreprises avaient de surcroît, poursuivit le syndicaliste, « touché les pourcentages des salaires des employés, qui avaient été mis en activité partielle. » Bertrand Cambusy d’afficher son indignation. « C’est de l’escroquerie en bande organisée ! », lança-t-il en effet, « puisque ces entreprises ont perçu l’argent de l’Etat, plus l’argent versé par Martinique Transport. » A suivre ?

 Il ne suffit pas de donner des gants, des visières et des masques…  

« Nous ne voulons pas que les bus et les bateaux se transforment en ‘’cellules’’ de contamination par le Covid-19 », ajouta le syndicaliste plus avant dans son propos, exprimant ainsi son scepticisme quant à une pratique et un respect par tous les usagers des transports en commun des ‘gestes barrières’, distanciation sociale minimale et autre port du masque. « Il faut mettre en place les procédures, et notamment les protocoles sanitaires, avec les travailleurs », renchérit Bertrand Cambusy, « et dans cette réflexion-là il faut aussi associer celles et ceux qui voyagent, à savoir les usagers. » Et le secrétaire général de la CSTM de  partager cette autre interrogation : « Il ne suffit pas de donner des gants, des visières et des masques. Aujourd’hui qui va réguler le nombre de passagers acceptés dans un bus à cause de cette crise sanitaire ? Qui va faire respecter la distanciation dans les bus ? ».

Les patrons ne savent même pas si on existe ; nou pa ka èkzisté ba yo…

Gilbert Nuberon (MI)

Une profonde amertume. C’est notamment ce sentiment qui dénotait de la communication (aux accents de quasi témoignage) portée par Gilbert Nuberon le secrétaire général de l’UTT (Union des Travailleurs du Transport), affilié à la CSTM. « Depuis le 17 mars, on n’a plus de contact avec nos patrons », débuta le syndicaliste. Le ton était donné. « On entend tout par la presse », poursuivit-il, « aucun patron n’a pris contact avec nous, pour nous dire qu’il faudra reprendre le travail, etc. Rien du tout. Ils auraient pu au moins contacter les délégués pour dire ‘bon messieurs, on va mettre en place une réunion, pour voir les véhicules, le contrôle sanitaire etc.’ Les patrons ne savent même pas si on existe ; nou pa ka èkzisté ba yo. » Manman… Et Gilbert Nuberon de dresser un constat encore plus désabusé. « Il n’y a aucun dialogue social dans ces entreprises », assura-t-il ainsi, « et c’est ce qui fait qu’il y aura toujours des problèmes. On n’est pas obligés d’être d’accord, mais au moins on a discuté ; on n’a pas trouvé de solution(s), mais on a fait quelque chose. Les gars ne discutent pas avec nous. Vous vouliez des délégués ? Hé ben on a fait des élections. Et puis ils ont fini avec nous… . » Et Gilbert Nuberon de faire, lui-aussi, dans le registre de l’interrogation partagée : « Mais comment tu fais pour dire aux salariés que tu vas faire une reprise (du travail) alors que tu n’as même pas contacté les délégués ? Je ne comprends pas… J’ai l’impression qu’on ne vit pas dans le même monde que ces gens-là… On va où là ? ». La question semble en effet pertinente. Et d’actualité… .

                                                                                                                   Mike Irasque

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