« Produire n’est nulle part facile. Consommer l’est tellement plus ! »
En réaction à l’article de GDC consacré aux quatre verrous qui freinent la souveraineté alimentaire de la Martinique, Maurice Laouchez estime que ces obstacles pourraient être levés à condition de disposer d’une véritable volonté politique, traduite dans un plan de développement précis.
Pour Maurice Laouchez, les quatre verrous identifiés par GDC ne constituent pas des obstacles insurmontables. Leur dépassement dépendrait avant tout d’une volonté clairement affirmée et de sa traduction dans un plan organisé, assorti d’objectifs, de moyens et d’un calendrier.
Concernant le foncier agricole, il estime que 2 000 hectares pourraient largement suffire pour engager une politique ambitieuse d’autosuffisance alimentaire. La Martinique disposerait, selon lui, d’environ 15 000 hectares de terres en friche. Il considère donc qu’il devrait être possible d’identifier, parmi ces surfaces, les terres adaptées aux cultures alimentaires et exemptes de contamination à la chlordécone.
Le rapport de force entre les producteurs locaux et la grande distribution ne lui paraît pas davantage figé. Des agriculteurs organisés collectivement, capables de garantir dans la durée des volumes réguliers, une qualité biologique et des prix compétitifs, pourraient selon lui renforcer rapidement leur position face aux produits importés.
Quant aux contraintes climatiques, Maurice Laouchez considère qu’elles peuvent être atténuées par des investissements adaptés, notamment dans l’irrigation et les cultures sous serre. Il cite les exemples de l’Espagne, du Maroc et du Portugal, où des conditions naturelles difficiles n’ont pas empêché le développement d’une agriculture productive.
Pour Maurice Laouchez, le véritable verrou serait donc moins technique que politique et collectif. La souveraineté alimentaire suppose de décider de produire, de structurer les filières et d’organiser durablement la rencontre entre la production locale et la consommation.





