La France est entrée dans une phase de quasi-stagnation.
Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, puis est resté stable au deuxième, l’acquis de croissance pour l’année n’atteignant que +0,3 % – une première estimation le donnait à +0,2 % avant révision.
Surtout, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation recule nettement, de 0,6 % après –0,2 %, et le taux d’épargne se replie fortement, à 17,2 % : les ménages puisent dans leur épargne pour maintenir leur consommation, ce qui n’est pas un signal de confiance. L’inflation, elle, s’établissait à 2,1 % sur un an en juillet.
Un marché du travail qui se retourne
Le chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 7,9 % fin 2025 et 7,1 % au point bas du début 2023. La remontée est continue depuis plus d’un an – l’Insee relevait déjà cinq trimestres consécutifs de hausse au premier trimestre, en soulignant que les bénéficiaires du RSA et les jeunes inscrits à France Travail au titre de la loi pour le plein-emploi contribuent pour près de la moitié de la progression, ce qui invite à distinguer l’effet statistique de la dégradation réelle. La Banque de France, prudente, écarte le risque de récession et anticipe un chômage stabilisé autour de 8,1 %.
La contrainte budgétaire, cœur du problème
C’est là que se joue l’essentiel. La dette publique s’élevait à 117,5 % du PIB, soit 3 536 milliards d’euros, à la fin du premier trimestre 2026, après un déficit de 5,1 % du PIB en 2025.
Fitch a maintenu le 28 août la note souveraine à A+, perspective stable, tout en révisant ses prévisions de déficit à la hausse : 5,2 % du PIB en 2026, 5,5 % en 2027, 5,2 % en 2028, en raison d’une croissance plus faible, d’une charge d’intérêts alourdie et des engagements supplémentaires de défense.
Rappelons que cette note résulte de la dégradation de septembre 2025, et que les taux d’emprunt à dix ans ont dépassé 4 % en août 2026 : l’effet boule de neige – des intérêts qui creusent le déficit qui alimente la dette – redevient une réalité arithmétique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, sans majorité, n’a pas encore fixé d’objectif de déficit pour 2027, à quelques semaines d’un débat budgétaire qui sera le dernier du quinquennat.
Le paradoxe mérite d’être posé : une économie qui reste la septième du monde, dotée d’un secteur bancaire solide et d’une base d’investisseurs diversifiée, mais dont l’instabilité politique interdit depuis 2024 tout ajustement durable.





