Matinik, 8 Septanm 2026
Face à la situation particulièrement préoccupante de la filière de traitement des déchets en Martinique, le Président du Conseil exécutif de Martinique a réuni ce jour les principaux acteurs concernés : le Préfet, le Président de la CACEM, le Vice-président de l’Espace Sud en charge des déchets, CAP Nord représentée par son administration, ainsi que le président du SMTVD.
Cette rencontre avait pour objectif de partager un diagnostic précis de la crise et surtout d’identifier les solutions permettant de sécuriser rapidement et durablement les capacités de traitement de la Martinique.
La situation actuelle résulte de plusieurs difficultés qui se cumulent : la présence de plus de 100 000 m³ d’eaux et de lixiviats sur le site de Petit Galion, qui empêche notamment la mise en service de l’alvéole 4 alors que les capacités actuelles de stockage sont sous forte tension ; la nécessaire sécurisation et modernisation des principaux équipements de traitement ; mais également la nécessité d’améliorer le tri, la valorisation et les filières permettant de détourner davantage de déchets de l’enfouissement.
À cela s’ajoutent les importantes opérations de maintenance prévues sur l’Unité de valorisation énergétique en 2027, susceptibles d’accroître encore la pression sur les autres installations de traitement.
L’enjeu est aujourd’hui vital : éviter que la Martinique ne soit contrainte de recourir à l’exportation de ses déchets vers la Guadeloupe pour leur traitement, avec les coûts financiers, environnementaux et logistiques que cela entraînerait.
Près de 49 millions d’euros de demandes pour 24,6 millions de FEDER disponibles
Au-delà de l’urgence technique, la réunion a permis de mettre en évidence une difficulté financière majeure. Sur la programmation FEDER 2021-2027 consacrée à l’économie circulaire, l’enveloppe disponible représente 24,6 millions d’euros. Or, les projets aujourd’hui programmés, en cours d’instruction ou annoncés représentent un besoin de financement européen de 48,7 millions d’euros, soit près du double de l’enveloppe disponible.
Dans ces conditions, il est indispensable de bâtir un montage financier réaliste, partagé et proportionné, permettant de soutenir les projets les plus urgents tout en préservant les capacités de financement nécessaires aux autres investissements.
La compétence en matière de déchets relève des EPCI. La CTM réaffirme cependant sa volonté de les accompagner face à la gravité de la situation et de mobiliser, dans le cadre de ses compétences, les leviers dont elle dispose.
La CTM a demandé au SMTVD, en concertation avec les EPCI, de redéfinir leur montage financier relatif à l’usine d’incinération et au site du Petit Galion afin d’identifier les modalités permettant une implication optimale du secteur privé et un meilleur partage de l’effort financier entre les différents acteurs.
Cette mobilisation devra également garantir que les financements publics soutiennent les investissements nécessaires au service public sans venir se substituer aux responsabilités et obligations relevant de l’exploitation privée.
« La compétence déchets appartient aux EPCI, mais la gravité de la situation exige aujourd’hui une mobilisation collective » indique Serge LETCHIMY, Président du Conseil exécutif de Martinique.