Député de la première circonscription de Martinique, Jiovanny William est de ceux qui parlent sans filtre. Prix des billets d’avion, leasing social boycotté par les concessionnaires, gestion des sargasses, crise de la CTM, montée du Rassemblement national : dans un grand entretien accordé à Antilla, l’élu de 41 ans dresse un état des lieux sans concession de la Martinique et annonce qu’il sera sur la liste pour les élections territoriales de 2028. L’interview complète est à lire dans le prochain numéro d’Antilla.
Sur la vie chère
Jiovanny William ne ménage pas le monde économique. Sur le leasing social, dispositif national permettant aux ménages modestes d’acquérir un véhicule hybride ou électrique à tarif réduit, il est ferme : « Il n’y a qu’un seul concessionnaire en Martinique qui joue le jeu. Les autres ne répondent même pas. C’est scandaleux, c’est même injurieux pour la population. » Sur les prix des produits alimentaires, il pointe le problème des tarifs export pratiqués par les géants comme Nestlé ou Danone : « La grande distribution d’ici n’a pas les reins pour négocier avec ces multinationales. Seul l’État peut le faire. Il faut qu’il mette les mains dans le cambouis. »
Sur les sargasses
Le député est sans ambiguïté : « Non, l’État n’a pas pris la mesure de l’impact des sargasses. » Il réclame la fin de la présidence tournante du GIP Sargasses « c’est à l’État d’être aux manettes, arrêtons l’hypocrisie », et appelle à la création d’un copil sargasses sur le modèle du copil chlordécone, réunissant collectivités, monde économique, collectifs citoyens et services de l’État. « Il y a des financements partout, fonds européens, État, collectivités mais il n’y a pas de lien entre eux. C’est ça le vrai problème. »
Sur la CTM
À deux ans des élections territoriales de 2028, le député ne cache pas son regard critique sur la collectivité : « Il y a un échec sur le transport, un échec sur le développement économique. Les entreprises ne sont pas payées dans les temps, les associations n’ont plus de subventions. » Sa priorité pour la prochaine CTM ? « Apurer les dettes. Payer les gens. Il faut le dire à la population. » Et il sera dans la bataille : « Je m’impliquerai activement dans cette campagne. Notre génération doit prendre ses responsabilités. On ne peut plus laisser les autres faire. »
Sur la présidentielle
Le mot Rassemblement national le préoccupe profondément. « Ce serait une plaie pour nous. Ils ont toujours voté des choses qui vont à l’encontre de notre émancipation. » Il promet de « démystifier » le parti, non pas sur le terrain idéologique, mais sur celui du programme : « Leur programme n’est pas faisable. Et dans les faits, ils ont toujours voté contre nos intérêts. »
L’interview complète de Jiovanny William, billets d’avion, pouvoir normatif, vision économique pour la Martinique, est à lire dans le prochain numéro d’Antilla.
Laurianne Nomel




