Assemblée plénière de la CTM 24 septembre 2026 – Les échanges ont fait apparaître un accord de principe sur la nécessité de redresser les finances de la CTM et un désaccord sur le rythme, la répartition et les conséquences des mesures à prendre. L’exécutif présente le plan d’optimisation comme une trajectoire pluriannuelle destinée à rétablir l’autofinancement, maîtriser l’emprunt et préserver la capacité d’action de la collectivité. Les élus demandent que cette trajectoire soit détaillée, transparente et évaluée au regard de ses effets sur les services et la population.
Les objectifs généraux, des chiffres avancés en séance et des principales réserves ont été exprimées, sans d’établir une ventilation annuelle complète. S’agissant de donner acte à l’exécutif de la mise au point d’un plan de redressement dont certains chapitres devront être votés après débat de l’assemblée
Un redressement à poursuivre sur plusieurs exercices
L’exécutif ac rappelé que son premier plan d’optimisation a été engagé avant la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes. Au 30 juin 2026, près de 75 millions d’euros de mesures auraient été recensés, en réunissant économies, recettes supplémentaires, cofinancements et réaménagements de dette. Leur effet structurel sur la capacité d’autofinancement est évalué à 26,4 millions d’euros. Le président du Conseil exécutif évoque par ailleurs un effort global à réaliser de l’ordre de 170 à 200 millions d’euros, dont 80 à 90 millions seraient déjà obtenus ou engagés.
Ces montants correspondent à des périmètres ou à des étapes différentes dans les interventions.. Les élus ont demandé une trajectoire chiffrée, avec des priorités, un calendrier et des indicateurs de résultat.
L’objectif affiché est de reconstituer l’épargne brute et l’autofinancement, de réduire la dépendance à l’emprunt et de raccourcir les délais de paiement. L’exécutif rappelle que l’autorisation prévisionnelle d’emprunt a été abaissée, dans le budget supplémentaire de juillet 2026, de 165 à 109 millions d’euros. La programmation d’investissement a également été ajustée. Il estime que la sélection des opérations doit tenir compte de leur utilité, de leur degré de préparation, des cofinancements disponibles et des dépenses d’entretien qu’elles entraîneront par la suite.
Des recettes contraintes et des efforts de gestion
Les interventions ont souligné que la CTM subit une progression faible de certaines recettes, dans un contexte de baisse démographique et de vieillissement. Les droits de mutation, les recettes liées à la consommation et certaines dotations ou compensations de l’État sont cités comme des ressources en recul ou insuffisantes. Les dépenses sociales, en particulier les aides individuelles de solidarité, progressent alors que leur compensation ne couvrirait pas entièrement les charges supportées par la collectivité.
Plusieurs élus reconnaissent la nécessité de rechercher des recettes, des cofinancements et une meilleure mobilisation des fonds européens. Ils demandent parallèlement à l’État de mieux financer les compétences transférées et d’adapter ses concours aux réalités démographiques et sociales de la Martinique. D’autres insistent sur les leviers relevant directement de la CTM : améliorer le recouvrement et l’exécution des recettes, fiabiliser les comptes, suivre la trésorerie, organiser la chaîne de paiement et réduire les retards envers les entreprises et les bénéficiaires de fonds européens.
La maîtrise des dépenses suscite davantage de préoccupations. L’exécutif prévient que tous les programmes ne pourront être maintenus au même niveau : certaines actions devront être ciblées, réexaminées ou reportées. Il affirme vouloir protéger les missions essentielles et les publics les plus fragiles. Plusieurs élus ont accepté le principe d’arbitrages, mais réclament une évaluation préalable des effets sur le service rendu, puis un suivi permettant de corriger les décisions si leurs conséquences sont trop lourdes.
Le débat a opposé ainsi deux risques : retarder les économies et laisser se réduire encore les marges financières, ou appliquer des restrictions qui fragiliseraient les étudiants, les associations, les entreprises, les transports publics, les établissements scolaires et les investissements utiles. Des élus demandent notamment que les réductions ne pèsent pas d’abord sur les jeunes et les ménages les plus fragiles. La proposition d’un plan de redressement assorti de résultats contrôlables est avancée comme moyen de dépasser les annonces générales.
Une exigence de transparence pour 2027 et 2028
Les élus d’opposition ont critiquét le manque d’information sur les décisions prises au titre des délégations de pouvoir, sur l’exécution des investissements et sur la situation financière en cours d’exercice. Ils demandent en conséquence que l’Assemblée reçoive régulièrement des éléments permettant de suivre les recettes réalisées, les économies effectivement obtenues, les emprunts mobilisés, les retards de paiement et l’avancement des opérations.
L’exécutif s’est solennellement engagé à suivre les quinze recommandations de la Chambre et à présenter, au plus tard le 24 septembre 2027, un rapport sur les actions entreprises. En conclusion, les débats ont validé la nécessité d’un effort pluriannuel mais laissent ouverte sa traduction budgétaire précise pour 2027 et 2028. Pour rendre le plan vérifiable, la CTM devra présenter la ventilation annuelle des mesures, distinguer les recettes nouvelles des économies et des cofinancements, préciser les arbitrages d’investissement et publier régulièrement les résultats obtenus. La réussite du redressement sera jugée à la fois sur l’amélioration de l’autofinancement et sur la capacité à maintenir les services essentiels, payer les fournisseurs et préserver les investissements prioritaires.