Les conditions de scolarisation des jeunes Guyanais ont été évoquées à l’Assemblée nationale, mardi 13 octobre 2026. Interpellée par le député Jean-Victor Castor sur la mobilisation des lycéens et les difficultés rencontrées dans le territoire, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a annoncé la poursuite des discussions sur les besoins des établissements scolaires.
Des difficultés de scolarisation dénoncées à l’Assemblée nationale
Lors des questions au gouvernement, Jean-Victor Castor, député de Guyane du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), a exprimé son soutien aux lycéens mobilisés. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une répression des manifestations, regrettant le peu d’attention accordée, selon lui, à la situation des jeunes ultramarins.
Pour illustrer les difficultés rencontrées en Guyane, le parlementaire a notamment évoqué la longueur des journées de certains élèves : « Je vais vous parler de la Guyane : là-bas, les jeunes se lèvent à quatre heures du matin et rentrent chez eux à vingt heures. »
Il a également attiré l’attention sur les obstacles à l’accès à l’éducation dans certaines communes isolées. Selon ses déclarations, les périodes de sécheresse peuvent empêcher des élèves de rejoindre leur établissement. À Camopi, a-t-il affirmé, certains élèves n’auraient pas pu se rendre en classe pendant plus de deux ans.
Ces situations ont été rapprochées par le député de la pression démographique qui s’exerce sur le territoire. Jean-Victor Castor a ainsi mis en cause le niveau des investissements publics, estimant que les moyens accordés aux collectivités ne répondent pas aux besoins de la population.
Naïma Moutchou assure que les revendications ont été entendues
En réponse, la ministre des Outre-mer a reconnu l’existence de préoccupations exprimées par les jeunes Guyanais et assuré que le gouvernement travaillait sur ces questions avec le ministère de l’Éducation nationale.
« Je veux dire aux jeunes Guyanais que nous avons entendu leurs revendications et que M. le ministre de l’éducation nationale et moi-même sommes au travail », a-t-elle déclaré devant les députés.
Naïma Moutchou a notamment fait état d’une réunion organisée la semaine précédente avec les exécutifs régionaux des territoires ultramarins, dont la Guyane. L’objectif, selon elle, était d’identifier les dossiers susceptibles d’être accélérés ou débloqués.
La ministre a également reconnu la pression démographique particulière que connaissent la Guyane et Mayotte, un facteur à prendre en compte dans l’évaluation des besoins scolaires.
Bâtiments scolaires : des projets à examiner avec les acteurs locaux
Les échanges engagés avec les représentants des territoires ultramarins portent notamment sur la rénovation, la réhabilitation et l’adaptation climatique des bâtiments scolaires.
Le gouvernement entend procéder à un examen des besoins territoire par territoire et projet par projet, afin d’identifier les opérations pour lesquelles des financements pourraient encore être mobilisés.
Pour la Guyane, Naïma Moutchou a indiqué que ce travail se poursuivrait avec le rectorat et la collectivité territoriale, dans l’objectif d’avancer sur les projets concernés au cours des prochains jours.
La ministre n’a toutefois annoncé, lors de cet échange, ni enveloppe financière supplémentaire précisément affectée aux établissements guyanais, ni calendrier détaillé de réalisation. Les projets prioritaires restent donc à identifier ou à préciser dans le cadre des discussions annoncées.
L’interpellation de Jean-Victor Castor portait également sur les crédits consacrés au logement ultramarin. Le député a dénoncé une réduction de la ligne budgétaire unique (LBU), tandis que Naïma Moutchou a assuré que son enveloppe serait maintenue à 234 millions d’euros.
Sur le volet scolaire, les prochaines discussions entre l’État, le rectorat et la collectivité territoriale devront permettre de préciser les opérations pouvant effectivement bénéficier de financements et les échéances de leur mise en œuvre.
À lire également : la réponse de la ministre des Outre-mer
Retrouvez ci-dessous le texte de la réponse de Naïma Moutchou au député guyanais Jean-Victor Castor, lors des questions au gouvernement du 13 octobre 2026 à l’Assemblée nationale.





