Fermer le menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    Eurodom : Benoît Lombrière, défendre la production ultramarine jusqu’au bout

    octobre 14, 2026

    Élevage bovin : André Prosper, « Après une telle sécheresse, ces coupes budgétaires sont inadmissibles »

    octobre 14, 2026

    Élevage : Philippe Degras, « Un éleveur a besoin de signes positifs pour investir »

    octobre 14, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Édito de Henri PIED
      • Ecologie / Environnement
      • Art/Culture
      • Caraïbe
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Patrimoine
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Tribunes
    • Nos dossiers
      • Grandes figures
        • Édouard Glissant
        • Aimé Césaire
        • Frantz Fanon
        • Pierre Aliker
        • Camille Darsières
        • Alfred Marie-Jeanne
        • Patrick Chamoiseau
        • Raphaël Confiant
        • Serge Letchimy
      • Grands enjeux
        • Sargasses
        • Rhum
        • Vie chère
        • La presse en Martinique
      • Portrait ou enquête
    • À propos
      • Qui sommes-nous ?
      • Kit média
    • Contact
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Élevage : Philippe Degras, « Un éleveur a besoin de signes positifs pour investir »
    Actualité

    Élevage : Philippe Degras, « Un éleveur a besoin de signes positifs pour investir »

    octobre 14, 2026Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp
    Philippe Degras, secrétaire général de l’AMIV, lors de la conférence de presse du 9 octobre 2026 à la Chambre d’agriculture de Martinique
    Philippe Degras, secrétaire général de l’AMIV, lors de la conférence de presse du 9 octobre 2026 à la Chambre d’agriculture de Martinique

    Cet article fait suite à notre série consacrée aux filières agricoles martiniquaises face au projet de budget 2027, après la conférence de presse du 9 octobre à la Chambre d’agriculture. Déjà publiés :

    • Budget 2027 : les filières agricoles martiniquaises font bloc face aux coupes annoncées
    • Après l’alerte collective, Antilla donne la parole à chaque filière
    • José Maurice, président de la Chambre d’agriculture
    • Jean-Claude Marraud des Grottes, président de Banamart
    • Justin Céraline, président de la SICA Canne-Union
    • Cyrille Necker, président de l’AMIFEL

    Pour Philippe Degras, secrétaire général de l’Association martiniquaise interprofessionnelle de la viande et du bétail (AMIV), les restrictions budgétaires annoncées pour 2027 interviennent alors que les éleveurs doivent déjà faire face aux conséquences de la sécheresse et à l’augmentation de leurs coûts de production. Au-delà des aides menacées, il dénonce les contradictions d’une politique qui affiche la souveraineté alimentaire comme une priorité, tout en limitant les moyens nécessaires à son développement. Une situation qui pourrait durablement compromettre les investissements et le renouvellement des cheptels.

    Depuis plusieurs mois, les représentants de l’élevage martiniquais travaillent avec les pouvoirs publics à l’élaboration de plans destinés à renforcer la production locale. Les discussions portent sur les moyens d’améliorer les performances des exploitations, d’accompagner leur développement et de permettre aux Martiniquais de consommer davantage de viande produite sur le territoire. Mais pour Philippe Degras, secrétaire général de l’AMIV, les premières réponses budgétaires apportées à ces ambitions sont loin d’être à la hauteur.

    Lors de la conférence de presse du 9 octobre à la Chambre d’agriculture, il a souligné le décalage entre les objectifs de souveraineté alimentaire régulièrement affichés par l’État et les décisions financières actuellement envisagées.

    Philippe Degras, secrétaire général de l’AMIV, lors de la conférence de presse du 9 octobre 2026 à la Chambre d’agriculture de Martinique. Photo Antilla
    Philippe Degras, secrétaire général de l’AMIV, lors de la conférence de presse du 9 octobre 2026 à la Chambre d’agriculture de Martinique. Photo Antilla

    « Nous vivons une période très paradoxale », a-t-il expliqué, rappelant que les organisations professionnelles ont consacré plusieurs mois à discuter, négocier et rédiger des propositions pour développer leurs productions. Or, au moment de traduire ces projets en moyens concrets, elles se retrouvent confrontées à des restrictions.

    « La première réponse qui est arrivée, c’est la réduction des budgets. »

    Pour le secrétaire général de l’AMIV, cette contradiction envoie un signal particulièrement négatif aux professionnels. L’élevage ne peut se développer sans investissements, et les décisions prises aujourd’hui conditionnent directement les capacités de production des prochaines années.

    Des demandes déjà revues à la baisse

    Philippe Degras rappelle que les difficultés budgétaires ont commencé avant même la présentation du projet de loi de finances pour 2027. Dans le cadre des discussions sur l’évolution des aides à la structuration, l’AMIV avait présenté plusieurs demandes destinées à soutenir les différentes productions animales.

    Selon lui, une seule des trois principales demandes formulées par la profession a été retenue, au bénéfice de la filière porcine. Les propositions concernant les bovins, ainsi que celles relatives à la prise en charge des surcoûts du transport réfrigéré, n’ont pas obtenu de réponse favorable.

    Les besoins exprimés par l’élevage martiniquais représentaient environ un million d’euros, mais les mesures finalement retenues correspondent à moins de 500 000 euros pour 2027. À l’échelle de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de La Réunion, les demandes acceptées pour l’évolution des aides animales et végétales représenteraient, selon ses indications, un peu moins de deux millions d’euros.

    Philippe Degras souligne également que l’État envisagerait de financer ces nouvelles mesures en sollicitant un transfert de crédits depuis l’enveloppe consacrée à la banane, sous réserve des procédures européennes nécessaires. Une solution qui témoigne, selon lui, des tensions croissantes sur les financements agricoles.

    Cette situation inquiète d’autant plus les professionnels qu’ils ne disposent pas encore d’une visibilité suffisante sur les moyens qui accompagneront la prochaine programmation du POSEI, prévue pour la période 2028-2034.

    Pour Philippe Degras, l’enjeu dépasse donc le montant des aides accordées pour une année. Les éleveurs doivent pouvoir compter sur des dispositifs suffisamment stables pour engager leurs projets et se développer dans la durée.

    La sécheresse fragilise durablement les élevages

    Ces incertitudes interviennent après une année particulièrement difficile pour les exploitations martiniquaises. La sécheresse prolongée et les températures élevées ont affecté les différentes productions animales, avec des conséquences qui varient selon les modes d’élevage.

    Pour les ruminants, la raréfaction des pâturages et les difficultés d’approvisionnement en eau ont directement pesé sur l’alimentation et la reproduction des animaux. Philippe Degras rappelle qu’un bovin insuffisamment nourri ou abreuvé ne peut pas maintenir des performances normales. La reproduction se dégrade, la production diminue et les pertes peuvent affecter durablement le fonctionnement de l’exploitation.

    Les élevages hors sol, notamment de volailles et de porcs, rencontrent d’autres difficultés. Même lorsque les animaux sont protégés dans des bâtiments, les fortes chaleurs entraînent une dégradation des performances et obligent les exploitants à engager des dépenses supplémentaires pour améliorer la ventilation.

    Philippe Degras évoque ainsi une diminution de 29 % des performances d’élevage dans la volaille durant la période de juillet à septembre. Une baisse qui se traduit directement par une réduction des revenus, alors que les dépenses nécessaires au fonctionnement des exploitations continuent de progresser.

    La situation des bovins est particulièrement préoccupante en raison de la durée des cycles de reproduction. Lorsqu’un éleveur perd des animaux ou renonce à renouveler son troupeau, plusieurs années peuvent être nécessaires pour retrouver le niveau de production antérieur.

    « L’agriculture, ce n’est pas une activité à court terme. »

    Cette réalité impose, selon Philippe Degras, de raisonner les politiques publiques sur plusieurs années. Un exploitant qui envisage d’acheter cinq ou dix vaches pour reconstituer son cheptel doit avoir suffisamment confiance dans les dispositifs d’accompagnement pour prendre une telle décision. Si les aides deviennent incertaines, il risque tout simplement de renoncer à investir.

    Repenser les moyens de produire localement

    Au-delà des conséquences immédiates de la sécheresse, le secrétaire général de l’AMIV considère que les évolutions climatiques obligent à repenser les pratiques d’élevage en Martinique.

    Les températures augmentent, les périodes sèches s’allongent et les conditions de production ne sont plus celles d’il y a vingt ans. Les exploitants doivent donc pouvoir disposer de techniques adaptées, d’un accompagnement professionnel renforcé et de moyens suffisants pour moderniser leurs installations.

    Philippe Degras insiste notamment sur l’importance de l’innovation, de la génétique animale et de l’amélioration des performances techniques. Les réponses aux difficultés actuelles ne peuvent pas se limiter à compenser ponctuellement les pertes. Il faut également permettre aux éleveurs de mieux résister aux prochaines crises climatiques.

    Cette ambition concerne l’ensemble de l’agriculture nourricière. Pour lui, développer la souveraineté alimentaire suppose de renforcer simultanément les productions animales et végétales, tout en tenant compte des contraintes économiques auxquelles les exploitants sont confrontés.

    Il rappelle également qu’une agriculture locale plus productive doit pouvoir compter sur des débouchés suffisants et assurer aux professionnels des revenus leur permettant de poursuivre leur activité. Sans perspectives économiques, les investissements nécessaires à la modernisation des exploitations restent difficiles à engager.

    Faire de la souveraineté alimentaire une priorité réelle

    À travers son intervention, Philippe Degras pose finalement la question de la place accordée à l’agriculture dans les priorités du territoire. Il estime que son rôle économique et social n’est pas encore suffisamment reconnu, alors qu’elle contribue directement à nourrir les familles, à maintenir des emplois et à développer l’activité locale.

    Le secrétaire général de l’AMIV reconnaît que les organisations professionnelles doivent également mieux faire entendre leurs besoins. Mais il attend surtout des pouvoirs publics qu’ils traduisent leurs ambitions en décisions concrètes, avec des moyens adaptés aux difficultés rencontrées sur le terrain.

    « Il faut repositionner la diversification agricole dans cet enjeu de souveraineté et que cela devienne une priorité. »

    Pour lui, il ne suffit pas d’ajuster les enveloppes existantes ou de déplacer les financements d’une filière vers une autre. L’enjeu est de donner aux productions locales les capacités de se maintenir, de s’adapter et de se développer.

    Après une année marquée par des difficultés climatiques exceptionnelles, les éleveurs martiniquais ont besoin de retrouver des perspectives. Les arbitrages budgétaires de 2027 constitueront donc un signal important quant à la volonté de l’État d’accompagner réellement le développement de l’élevage.

    Le message de Philippe Degras est celui d’un professionnel qui demande avant tout de la cohérence et de la visibilité. Car si la Martinique souhaite produire davantage de viande et réduire sa dépendance alimentaire, elle doit d’abord permettre à ses éleveurs de préparer leur avenir dans des conditions économiques suffisamment sûres pour investir.

    Philippe Pied

    ARTICLES SEMBLABLES

    Eurodom : Benoît Lombrière, défendre la production ultramarine jusqu’au bout

    octobre 14, 2026

    Élevage bovin : André Prosper, « Après une telle sécheresse, ces coupes budgétaires sont inadmissibles »

    octobre 14, 2026

    BMW et MINI en Martinique : une relance qui passe par l’après-vente

    octobre 14, 2026
    Ajouter un commentaire

    Les commentaires sont désactivés.

    La Veille des Marchés
    mardi 13
    octobre
    111,4 M€
    exercice 2025
    Les trente-quatre communes de Martinique ont investi 111,4 millions d’euros en équipements en 2025.
    305 € par habitant
    395,2 M€ frais de personnel
    L’investissement communal reste au même niveau qu’en 2023.
    Sources officiellesvérifiées
    Voir l'observatoire
    Étude offerte cette semaine
    Ce que la Martinique achète au dehors, et à qui, en 2025
    Recevoir l'étude gratuitement
    VOTRE MAGAZINE DU MOIS
    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Une région, un même appel : les dirigeants caribéens réclament équité et action à l’ONU

    ONU Description de la photographie : le Premier ministre de Sainte-Lucie, Philip J. Pierre, s’adresse à l’Assemblée générale des Nations unies. Vêtu d’un costume sombre,…

    GRENADE -LE JOUR DES ÉLECTIONS EST LE 5 NOVEMBRE !!!

    octobre 7, 2026

    Un fort phénomène El Niño pourrait apporter sécheresse et chaleur humide dans les Caraïbes au cours des trois prochains mois

    octobre 7, 2026

    Le FMI et Haïti concluent une mission virtuelle sur la quatrième revue du programme suivi par les services du FMI

    octobre 7, 2026

    Perspectives économiques Amérique latine et Caraïbes – octobre 2026

    octobre 7, 2026
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE !
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACT
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • ANNONCES LÉGALES
    • À PROPOS D’ANTILLA

    Saisissez votre recherche ci-dessus, puis appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Esc pour annuler.